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Présidentielle : ce que Facebook, Whatsapp, Google mettent en place pour éviter les attaques et les fake news

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Facebook (Meta) et Google dévoilent leur stratégie avant la présidentielle
Facebook (Meta) et Google dévoilent leur stratégie avant la présidentielle
© AFP - HALIL SAGIRKAYA / ANADOLU AGENCY

Les grandes entreprises américaines du numérique ont fait le point, cette semaine, sur les grands dispositifs mis en place pour assurer la sécurité en ligne de l'élection présidentielle. Au programme, lutte contre les fausses informations, protection contre les attaques et information sur les modalités du vote.

Désormais, les campagnes présidentielles sont scrutées non seulement sur le terrain, mais aussi - et surtout - en ligne. Après des élections américaines de 2020 extrêmement tendues sur ce plan, et cinq ans après un scrutin qui s'était en partie joué sur les réseaux sociaux, les grandes entreprises du numérique déploient leur plan de sécurité et d'information  autour de la présidentielle. Cette semaine, Google comme Meta (la maison-mère de Facebook, qui détient aussi WhatsApp et Instagram) ont détaillé leurs stratégies à cinquante jours du premier tour.

Dans un cas comme dans l'autre, les objectifs sont les mêmes : d'une part, assurer la protection de l'élection, lutter contre les attaques notamment venues de l'étranger (les "opérations d'influence"), et d'autre part, favoriser la participation et sensibiliser les électeurs et les électrices au vote. Le tout dans un échange constant avec les équipes de campagne. Un principe global décliné en une batterie de mesures annoncées ou rappelées par l'une ou l'autre des entreprises. 

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Meta met en place un whatsapp pour vérifier les infos

En première ligne dans cette mobilisation numérique, on trouve l'Agence France Presse (AFP). L'agence de presse a conclu des partenariats à la fois avec Meta et avec Google pour aider à la lutte contre les informations. Du côté du groupe Meta, elle propose notamment un numéro accessible sur WhatsApp pour vérifier des informations. En envoyant un message WhatsApp au 06 47 08 70 46, les utilisateurs peuvent vérifier une information (ou une image, un lien, etc.) qui leur semble douteuse.

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C'est aussi l'AFP qui assure la curation des articles sélectionnés dans le service "Facebook News". Et sur ses propres réseaux sociaux, Meta lance une campagne d'information incitant les internautes à vérifier les infos qu'ils voient passer, notamment les articles les plus sensationnalistes. 

"Objectif désinfox" chez Google

Du côté de Google, l'AFP a pris la tête d'un groupement de médias nommé "Objectif désinfox" : pour l'heure, 21 médias prennent part à ce collectif qui vise à rendre plus visibles les articles de vérification de faits, et qui met aussi à disposition un formulaire pour permettre aux lecteurs et lectrices de soumettre à la vérification des informations vues sur Internet. 

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Meta et Google travaillent main dans la main avec Viginum

D'un côté comme de l'autre aussi, on évoque un travail conjoint avec Viginum, la nouvelle agence du gouvernement, chargée de la vigilance contre les ingérences numériques. Google répertorie les principales tentatives d'attaques dans un rapport trimestriel publié sur son site – et publie aussi un rapport de transparence sur les demandes de retraits de contenus émanant des pouvoirs publics. 

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Meta, qui affirme aussi travailler de pair avec Viginum et avec l'Arcom (l'autorité de régulation des communications, successeuse du CSA), explique ne pas encore avoir "détecté à ce jour de signes d'éventuelles opérations de ce type ciblant les élections à venir". Ces opérations sont essentiellement des tentatives d'influencer l'opinion en postant massivement des contenus fallacieux. "Nous avons amélioré nos outils d'intelligence artificielle qui nous permettent de détecter et de bloquer encore plus efficacement les faux comptes, souvent impliqués dans ces activités", détaille Meta. 

Même objectif chez Google, qui met en avant la stratégie des "4R" déjà en vigueur sur YouTube : retirer les vidéos qui contreviennent à la loi ou aux conditions d'utilisation, réduire la visibilité des contenus qui sont à la limite de l'illégalité, relayer les contenus provenant de sources vérifiées, et récompenser (en les rémunérant) les créateurs de vidéos de qualité. Pour faire ce travail, l'une et l'autre des entreprises emploie des équipes de modérateurs - mais ni l'une ni l'autre ne précise combien elle en emploie sur le sol français. 

Tous ces éléments sont des stratégies déjà existantes, ou appliquées lors de précédentes élections ailleurs dans le monde. "A chaque élection, on apprend des précédentes, et on ajoute une brique", explique-t-on chez Google. Avec une dose de personnalisation : le portail Google Trends, par exemple, est agrémenté d'une section spécifiquement dédiée aux élections françaises ; et du côté de Meta, un "centre opérationnel virtuel" va ouvrir ses portes, réunissant non seulement des équipes de Facebook, WhatsApp et Instagram, mais aussi des experts extérieurs (juristes, experts des données, etc;). 

Instagram s'allie avec Loopsider et konbini

Outre ces mesures, les géants du numérique déploient un arsenal de très nombreux dispositifs destinés à inciter les internautes, et surtout les jeunes, à voter : sur Instagram, Meta lance avec le média Loopsider un compte nommé "Fake ou quoi" et une série de vidéos conçues avec Konbini nommées "Ca vote". Sur les stories Instagram, ou dans les fils d'actualité Facebook, les appels à s'inscrire sur les listes électorales tant que cela est possible, ou à aller voter le temps voulu. 

Même chose chez Google et sa filiale YouTube : des encarts appelant à se renseigner sur les conditions d'inscription et du vote, puis des appels à voter, et enfin des encarts incluant les résultats des deux tours (puis des deux tours des législatives) dans les résultats de recherche.