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Présidentielle : Éric Woerth annonce soutenir Emmanuel Macron et "se met en congé" des Républicains

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Éric Woerth soutiendra Emmanuel Macron pour la présidentielle 2022 [photo d'illustration].
Éric Woerth soutiendra Emmanuel Macron pour la présidentielle 2022 [photo d'illustration].
© AFP - Anne-Christine POUJOULAT

L'ancien ministre sarkozyste Éric Woerth a annoncé mercredi qu'il soutiendrait Emmanuel Macron plutôt que Valérie Pécresse pour la présidentielle. Le président des Républicains Christian Jacob lui a aussitôt demandé de quitter le parti.

Le député Les Républicains Éric Woerth, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, annonce ce mercredi apporter son soutien à Emmanuel Macron plutôt qu'à la candidate LR Valérie Pécresse pour la présidentielle. Une annonce qui a suscité la colère du président des Républicains Christian Jacob, qui lui a aussitôt demandé de quitter le parti. Dans un communiqué, Éric Woerth a dit se mettre "en congé" de LR.

Dans un entretien au journal Le Parisien, Éric Woerth "pense profondément qu’un second mandat d’Emmanuel Macron serait une chance pour la France" et estime que l'actuel président, qui n'a pas encore déclaré sa candidature, est "le mieux à même de défendre l'intérêt de la France et des Français". "J'ai du respect et de l'amitié pour Valérie Pécresse" et "ce n'est pas une question personnelle" mais "je n'adhère pas au discours de LR", qui décrit une France "nostalgique, recroquevillée sur elle-même", a ajouté l'ex-ministre. "On ne peut pas, par ailleurs, n’être obnubilé que par l’islamisme radical, même si c’est fondamental."

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"Colère" et "déception" chez les Républicains

La réaction des Républicains ne s'est pas fait attendre. Éric Woerth ne peut "en aucun cas" rester chez LR, a affirmé à l'AFP Christian Jacob, en disant sa "déception" et ses "regrets". "Il y a un minimum de dignité à avoir envers ceux qui ont toujours été à ses côtés", a-t-il affirmé, en lançant au passage une pique au principal intéressé : "Éric Woerth est un parlementaire en fin de carrière". "Ses affaires judiciaires ont sans doute pesé" dans sa décision, a-t-il ajouté. 

"Le départ d’Éric Woerth, même si je ne partage pas toutes ses options économiques néo-libérales et orthodoxes, est une perte car il est expérimenté. Après, je ne sais pas comment on peut critiquer cinq ans un bilan puis le défendre, ce sera son défi pour conserver sa crédibilité !", a aussi réagi Julien Aubert, député LR du Vaucluse.

Les LR ont par ailleurs aussitôt riposté sur Twitter, en partageant d'anciens tweets et d'anciennes interview dans lesquels Éric Woerth critique Emmanuel Macron.

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Une "tactique politicienne"

Les LR ne se disent pas surpris par l'annonce d'Éric Woerth car il ne participait pas du tout à la campagne de Valérie Pécresse mais le timing est fortement critiqué. Éric Woerth a prévenu Christian Jacob 15 minutes avant de faire son annonce, dit-on au parti. Surtout, cette défection intervient à trois jours du grand meeting du Zénith de Paris, qui se voulait un tournant dans la campagne. "Trois jours avant notre gros meeting, c'est surprenant, inélégant", a confié à France Inter un porte-parole. "On n'est pas naïfs sur le timing, c'est de la tactique politicienne", a assuré un autre porte-parole.

Après un début de campagne dynamique à la suite de sa victoire au Congrès des Républicains, Valérie Pécresse stagne. Dans les sondages, elle est donnée au coude à coude avec Marine Le Pen, derrière Emmanuel Macron.

Une nouvelle salve de départs à destination d'Emmanuel Macron

Éric Woerth n'est d'ailleurs pas le seul poids lourd de la droite à s'éloigner des LR. Le maire de Nice Christian Estrosi les a quittés en mai dernier pour rejoindre le parti de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, Horizons. Il a lui aussi annoncé soutenir Emmanuel Macron pour la présidentielle. La tendance est la même du côté de Renaud Muselier. Le président LR de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a claqué la porte du parti en novembre et dans une interview au Parisien, refuse de dire pour le moment qui il soutiendra en avril prochain. Quid aussi de Nicolas Sarkozy ? "Je note qu'il n'a pas encore pris position", s'amuse son ancien ministre du budget.

Déjà en 2017, Emmanuel Macron avait aspiré une première salve de pointures LR dans son camp : Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu, Thierry Solère... Des proches du président qui saluent aujourd'hui la décision d'Éric Woerth. "Je suis heureux pour la France de la décision d’Éric Woerth de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron. C’est un choix de sincérité, à la hauteur des enjeux économiques et financiers actuels. Oui, notre pays a besoin d’expérience, de constance et de stabilité", écrit Bruno Le Maire sur Twitter.

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"Bienvenue à Éric Woerth, grande voix de la droite gaulliste et libérale, dans le rassemblement qui soutiendra Emmanuel Macron. Un homme sincère et qui regarde objectivement l’intérêt de la France au-delà des petits calculs partisans. C’est une grande chance de l’avoir parmi nous", abonde Gérald Darmanin.