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Présidentielle : Macron pas encore déclaré, mais le gouvernement prépare déjà la riposte aux autres candidats

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Le gouvernement se prépare à la bataille [photo d'illustration].
Le gouvernement se prépare à la bataille [photo d'illustration].
© Maxppp - Thomas Padilla

INFO FRANCE INTER – Avant même qu’Emmanuel Macron n’entre en campagne, le gouvernement s’implique dans la riposte. Plusieurs ministères épluchent les propositions des candidats à la présidentielle pour mieux s’y attaquer, a appris France Inter. Et le tout se fait avec l’aval de l’Élysée.

À cinq mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron n'a pas officialisé sa candidature, mais dans les ministères, on est déjà au travail. À chaque proposition choc d'un candidat à la présidentielle, des fonctionnaires sortent leur calculette. 

Anne Hidalgo veut doubler le salaire de tous ceux qui sont "en contact avec les élèves" ? "Cela coûterait 45 à 49 milliards d’euros par année pleine, si on exclut le personnel technique, la direction, les assistants des écoles maternelles (ATSEM) et l'enseignement agricole, et ça représenterait 15 milliards de plus en terme de pension de retraite", énumère un pilier d'un ministère, interrogé par France Inter. 

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"Mélenchon avait visé assez juste", relève un ministre. "Cela fait plus de 60 milliards par an", avait en effet répliqué dans un tweet le leader des Insoumis.

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Calculer, noter, consigner et... être vus le moment venu

Les équipes d’Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, évaluent, en ce moment "tout ce que la droite veut dépenser en plus à travers ses amendements au budget" discuté en ce moment à l'Assemblée. "On va montrer toutes les incohérences de ceux qui nous accusent de 'cramer la caisse'", se réjouit un proche du ministre. "Et encore, on sera gentil, on ne va se baser que sur les amendements LR défendus dans l'hémicycle." 

"On est attentif à ce que les candidats disent", confirme un conseiller de Matignon, "mais le problème, c’est qu’il nous faut toujours un peu de temps pour tout évaluer précisément, alors qu’on aimerait riposter le jour J". Les équipes de Jean Castex avaient notamment envie de réagir dès le lendemain à la proposition de Xavier Bertrand d'une prime d'activité qui garantirait à tous les salariés au moins 1500€ par mois. "Cela doit coûter une fortune, mais on ne peut pas sortir un chiffre à la va-vite", indique ce même conseiller.

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Zemmour en ligne de mire

La course à la riposte se tient, aussi, au porte-parolat du gouvernement : "Quand Zemmour sera candidat, on sera prêt", glisse un proche de Gabriel Attal. Ses équipes sont en train de consigner toutes ses déclarations. "On reprend mot à mot chaque discours, chaque interview pour aller, le moment venu, le chercher sur le fond, et non sur la morale", ajoute un communicant. 

"En septembre, on a hésité à riposter, on ne savait pas si le truc médiatique allait retomber", reconnaît un fidèle de Jean Castex. "Aujourd'hui, on se doit de déconstruire tout ce qu'il avance", confirme un ministre, "notamment, proposer d'autres références historiques, montrer qu'on s'appuie sur des sources fiables, solides". Sur les plateaux, le polémiste ne cesse de citer ses historiens favoris, dont Jacques Bainville. 

Une "cellule riposte"

"Pour l'heure, notre riposte manque de cohérence", admet un pilier du groupe En Marche ! à l'Assemblée. "Quand Zemmour compare Jean-Michel Blanquer au docteur nazi Mengele, on hésite, on ne sait pas quoi faire, quoi dire." C'est pourquoi, la semaine dernière, l'Élysée a donné son feu vert à la mise en place d'une "cellule riposte". Celle-ci sera notamment pilotée par le député Sacha Houlié. Avec huit salariés du parti présidentiel, ils vont "jeter le filet, de Mélenchon à Le Pen"

"On va montrer que le repli de Le Pen ou Zemmour, ça finirait avec des militaires aux stations-services comme aujourd'hui au Royaume-Uni", avance un membre de l'équipe. "La fin de l'élevage intensif que prône Jadot, c'est la viande qui devient un produit de luxe et des milliers de personnes sur le carreau", poursuit-il. Cette campagne sera surtout numérique avec des vidéos chocs, des montages rapides, pour illustrer par des images dramatiques les projets des adversaires d'Emmanuel Macron.

Si la macronie se mobilise ainsi, c'est aussi pour réveiller une partie des troupes qui, bercées par les bons sondages, a tendance à négliger la bataille politique, et pour armer des ministres et des députés qui manquent, parfois, cruellement d'arguments.