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Primaire proposée par Anne Hidalgo : des Verts au PCF, le reste de la gauche refuse et critique l'initiative

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La candidate PS Anne Hidalgo appelle à une primaire de la gauche et au rassemblement
La candidate PS Anne Hidalgo appelle à une primaire de la gauche et au rassemblement
© Maxppp - Alexis Sciard

Les réactions s'enchaînent à gauche après la proposition d'Anne Hidalgo. La candidate socialiste à la présidentielle appelle à l'organisation d'une primaire afin de dégager un candidat. Les réponses des écologistes, insoumis et communistes sont très claires : c'est non.

La campagne à l'élection présidentielle s'anime à gauche. Mercredi soir, la candidate socialiste Anne Hidalgo a fait une déclaration surprise dans le journal de TF1 et proposé l'organisation d'une primaire à gauche. La maire de Paris fait le constat "d'une gauche fracturée qui désespère" et qui "doit se rassembler pour gouverner". Dans sa démarche, elle est soutenue par l'ancien ministre Arnaud Montebourg, lui aussi candidat. Et "ce n'est pas un SOS, c'est simplement une prise de conscience collective nécessaire", a assuré Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, invité de France Inter jeudi matin

Selon un sondage publié cette semaine, par IPSOS Sopra-Steria, Anne Hidalgo est actuellement créditée de 5% des voix, Arnaud Montebourg de 2,5%. Excepté le communiste Fabien Roussel, qui est à 2%, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot s'en sortent un peu mieux avec 8 et 7% des intentions de votes. Depuis cette sortie médiatique inattendue, les réactions s'enchaînent au sein de la gauche. Surtout, les critiques fusent. Voici le résumé des différentes déclarations. 

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Yannick Jadot : "Non, je ne participerai pas à une primaire de la gauche"

La réponse a le mérite d'être clair de la part de Yannick Jadot, vainqueur de la primaire écologiste au mois de septembre. Invité d'Europe 1 jeudi matin, il a sèchement répondu à la candidate socialiste. "Non, je ne participerai pas à une primaire de la gauche", qu'il décrit comme un "tour de passe-passe". "L'élection est dans quatre mois et demi, il faut être un peu sérieux".

Le député européen estime qu'Anne Hidalgo a pris conscience que "sa candidature ne portait pas l'espoir", et selon lui,  derrière cette proposition, "il y a la volonté de sortir de l'impasse par une idée surprise (...) à un moment donné vous ne pouvez pas prétendre vouloir rassembler et être le plus petit dénominateur commun". Cette primaire, "ce n'est pas le choix des écologistes, qui est de rassembler très largement autour d'idées fortes" résumées dans "l'écologie". Yannick Jadot ajoute que les socialistes ne doivent pas avoir "une candidature quoi qu'il en coûte" .

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Pour autant, le candidat assure ne pas renoncer à l'idée d'un rassemblement de la gauche et appelle à le rejoindre. "Je m'adresse aux électeurs socialistes, aux progressistes et aux humanistes : la dynamique qui peut gagner cette élection présidentielle, qui reprend les idées progressistes en ajoutant les enjeux essentiels de l'écologie, c'est le programme que nous portons." 

Sur Twitter, le secrétaire national d'Europe-Écologie les Verts, Julien Bayou a lui estimé qu'avec cette idée de primaire, "l_a candidate socialiste reconnaît l'incapacité du PS à être force motrice. Dont acte_."

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Eric Coquerel : la primaire, "la méthode qui a perdu en  2017"

Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas encore exprimé sur cette proposition mais ses proches ont eux réagi. Le député Eric Coquerel, considère notamment qu'Anne Hidalgo propose "l_a méthode qui a perdu en 2017_", lorsque Benoît Hamon avait remporté la primaire PS pour échouer à 6% des voix au premier tour de la présidentielle. 

"Elle est dans une situation qui l'oblige à éviter ce que lui promettent les sondages" estime l'élu, jugeant que si "il y a une exigence d'une union la plus large possible, elle ne peut pas être artificielle, comme si on avait simplement affaire à plusieurs têtes de gondoles qui proposeraient le même contenu". Selon lui, une solution "construire l'union derrière un programme avec Jean-Luc Mélenchon et l'Union Populaire".

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Sur Twitter, les députées LFI Danièle Obono et Mathilde Panot ont, elles, envoyé des piques à Anne Hidalgo et dénoncé un changement de discours. "La situation est bien trop grave et l'élection présidentielle de 2022 est bien trop importante pour souffrir de ce genre de manœuvres politiciennes qui ne font qu'alimenter le dégoût des citoyen·nes", a par exemple estimé Danièle Obono.

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Fabien Roussel : "Si vous doutez de votre candidature, venez nous rejoindre"

Sur  franceinfo jeudi matin, le candidat communiste a lui aussi répondu à la maire de Paris pour lui exprimer son refus et ne laisser planer aucun doute. "Si vous doutez de votre candidature, venez nous rejoindre" et il appelle ainsi Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg à venir à ses côtés pour son "pacte des jours heureux qui s’engage à rompre le modèle économique". Il est hors de question de se retirer, "je souhaite être le candidat à l'élection présidentielle qui  rassemble. Je veux tout faire pour gagner".

Selon Fabien Roussel, "la  primaire, c'est fait pour trancher sur telle ou telle personne. Est-ce qu'on va retrouver l'espoir à gauche en réglant un problème de personne, de nom ? Je ne pense pas." Le député nordiste dit ne pas croire que la gauche soit "irréconciliable" mais "il y a aussi des différences de fond".

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Fabien Roussel considère donc que plutôt que de désigner un candidat à "plouf plouf ", il faut "conquérir de nouveaux électeurs" car "il y a toujours aujourd'hui 40% de nos concitoyens qui ne savent pas pour qui voter".

François Hollande : "Une candidature d'union n'a de sens que s'il y a un programme commun"

Outre les différents candidats de gauche, l'ancien président socialiste François Hollande a évidemment lui aussi été interrogé, notamment sur franceinfo et BFM TV. Cette primaire est, selon lui, impossible à organiser. "Une candidature d'union n'a de sens que s'il y a un programme commun. Si tous les candidats qui se désistent pour la personnalité qui pourrait les réunir, partagent les mêmes  propositions, les mêmes conceptions." Or, d'après l'ex-chef de l'Etat, "on sait que ce n'est pas le cas. Si cela devait être le cas, cela aurait dû être préparé depuis très longtemps, cela ne s'improvise pas". 

François Hollande ne croit donc pas "qu'il sera possible d'avoir une candidature unique de toute la gauche". Pour l'ancien président socialiste, "c'est aux électeurs et aux électrices de faire l'union. C'est eux qui vont réaliser, par leur vote, le rassemblement autour d'une candidature qui  pourra, elle, avoir la force d'être au second tour et de gagner l'élection présidentielle".

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La Primaire populaire salue "les prises de position décisives" d'Hidalgo et Montebourg

Seule la Primaire populaire, mouvement citoyen qui plaide pour une candidature commune à gauche pour la présidentielle, a salué "les prises de position décisives d'Anne Hidalgo et d'Arnaud Montebourg", qui "ont entendu la volonté de 70% de l'électorat des gauches et de l'écologie, qui attendent le rassemblement pour que l'écologie et la justice sociale gagnent en 2022". 

Sur France Inter jeudi, sa porte-parole Mathilde Imer a ainsi fait un appel du pied aux autres candidats et prévenu "on ne fera pas une primaire avec uniquement le PS, Anne Hidalgo et même Arnaud Montebourg." Au sujet des sondages, les candidats parlent selon elle "de faux-plat, moi j'appelle ça un vrai plat. Un vrai creux voire même une descente."

"On pense que Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon sont des gens responsables qui vont voir les sondages, qui vont voir la pression populaire et on appelle un grand nombre de gens à montrer leur détermination en venant sur le site de la primaire populaire."

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La Primaire populaire a mis en place un "socle commun, co-construit avec 13 partis politiques des gauches et de l'écologie, dont le PS, LFI et EELV, ainsi qu'avec les écuries de plusieurs candidats, dont Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon", rappelle le mouvement citoyen, qui pense qu'il "peut devenir un véritable projet partagé". 

Un autre porte-parole, Samuel Grzybowski, déclarait lui hier soir attendre "maintenant que Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon entendent le sens de l'histoire". L'attente sera donc longue puisqu'ils ont refusé.