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Primaire socialiste, Barcelone, législatives : la descente aux enfers politique de Manuel Valls depuis 2017

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Manuel Valls était candidat dans la 5e circonscription des Français de l'étranger
Manuel Valls était candidat dans la 5e circonscription des Français de l'étranger
© AFP - OSCAR DEL POZO

Manuel Valls a perdu dès le premier tour des législatives, arrivé troisième dans la cinquième circonscription des Français de l'étranger, où il était investi par la majorité. Depuis 2017 et son départ de Matignon, sous François Hollande, l'ex-Premier ministre a enchaîné les déconvenues électorales.

"Adieu Twitter"… et peut-être adieu la politique ? Dimanche soir, Manuel Valls, candidat investi par "Ensemble" (La République en Marche) dans la cinquième circonscription des Français de l'étranger, a été éliminé dès le premier tour des élections législatives. "Si la dissidence et la division ont semé la confusion, je ne peux pas ignorer mon score et le fait que ma candidature n’a pas convaincu (…) Il m'appartient lucidement d'en tirer les conséquences", a-t-il par ailleurs déclaré – laissant planer un doute sur la poursuite ou non de sa carrière politique.

Un échec qui n'est pas le premier ces dernières années : depuis qu'il a quitté le poste de Premier ministre, l'ancien maire d'Evry (Essonne) et ex-député de l'Essonne a enchaîné les situations compliquées, les ralliements et les déroutes électorales.

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La primaire socialiste et le ralliement à Emmanuel Macron

Manuel Valls a quitté Matignon avant la fin du mandat de François Hollande : alors que le Président sortant renonce à se représenter, le Premier ministre, initialement opposé au principe d'une primaire à gauche, finit par se ranger derrière cette idée, et annonce sa candidature dès le 5 décembre, soit cinq jours à peine après le renoncement de François Hollande. Bernard Cazeneuve le remplace à Matignon.

Parti en tête des intentions de vote, il se voit concurrencé notamment par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui s’avèrent plus populaires chez les sympathisants (à qui la primaire, ouverte, était accessible). Ainsi, il arrive deuxième derrière Benoît Hamon au premier tour, et refuse de s’engager à le soutenir en cas de défaite. Résultat : après son échec au second tour, il refuse d’apporter son parrainage à son concurrent, et préfère soutenir Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle.

Une législative 2017, sans l'investiture LREM

Après la victoire d’Emmanuel Macron, le député de l'Essonne, qui avait laissé en 2012 son siège à son suppléant Carlos Da Silva, entend récupérer sa place. Mais il souhaite le faire avec l’investiture de la République En Marche - sans avoir respecté la procédure d’investiture mise en place par le mouvement. Finalement, le parti du nouveau président lui refuse l’investiture, mais fait le choix de ne pas mettre de candidat en face de lui. De son côté, le Parti socialiste lance une procédure d’exclusion, après son refus de soutenir Benoît Hamon.

Manuel Valls l'emporte, mais au terme d'une longue procédure : le soir du second tour, il est déclaré vainqueur avec 50,3% des suffrages exprimés. Sa concurrente, la LFI Farida Amrani, demande un recomptage des voix – mais celui-ci n'est pas possible, tous les bulletins n'ayant pas été conservés. Elle engage donc un recours pour faire invalider le vote, recours qui est finalement invalidé par le Conseil constitutionnel. Manuel Valls quitte le PS et rejoint le groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Aventures espagnoles

Le 25 septembre 2018, après un peu plus d'un an de mandat, Manuel Valls annonce qu'il va quitter tous ses mandats en France, pour… être candidat aux élections municipales à Barcelone, sa ville de naissance. Critiqué notamment par le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont, qui affirme qu'il ne connait pas bien Barcelone, Manuel Valls - qui s'est associé au parti espagnol anti-indépendantiste Ciudadanos - arrive en quatrième position du scrutin, avec 13,2% des voix.

Il reste toutefois à Barcelone, dont la maire sortante Ada Colau est reconduite (notamment grâce à son soutien). Mais il ne va pas au bout de son mandat : le 31 août 2021, il annonce qu'il démissionne de son mandat de conseiller municipal.

Pour la droite aux régionales de 2021

Dès avant sa démission barcelonaise, Manuel Valls avait continué à intervenir régulièrement dans les médias pour évoquer la politique française. Ainsi, au premier tour des élections régionales de 2021, auxquelles il ne prenait pas part, il appelle à voter pour... Valérie Pécresse, la candidate LR, contre la liste de gauche menée par l'écologiste Julien Bayou.

À nouveau soutien de Macron en 2022

Après sa démission, il devient éditorialiste et chroniqueur pour la radio RMC et la chaîne BFMTV. Il soutient à nouveau Emmanuel Macron jusqu'à la présidentielle, et réussit cette fois à obtenir une investiture LREM sur la cinquième circonscription des Français de l'étranger… au dépens du député sortant Stéphane Vojetta, qui maintient sa candidature - et est donc arrivé premier au premier tour du scrutin.