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Procès à Nîmes de l'assassinat d'une auto-stoppeuse : "Je voulais savoir ce que cela faisait de tuer"

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Mathieu Danel est jugé devant les assises du Gard, à Nîmes
Mathieu Danel est jugé devant les assises du Gard, à Nîmes
© AFP - MOIRENC Camille / hemis.fr

Un accusé hors du commun comparaît cette semaine devant les assises du Gard. Mathieu Danel est poursuivi pour l'assassinat d'une auto-stoppeuse en juin 2018 à Sommières. Un meurtre gratuit qu'il a lui-même avoué "sans le moindre remord". La personnalité de cet homme sera bien évidemment au centre des débats.

Les policiers de Montélimar se souviendront certainement longtemps du jour où ce jeune homme de 22 ans a poussé la porte de leur commissariat pour avouer son crime. Il leur raconte "calmement", "froidement", "sans remord", "sans peine" comment il a tué à coups de couteau une auto-stoppeuse de 39 ans avec qui il avait passé la journée et la soirée, au terme d'une balade dans la campagne aux alentours de Sommières, dans le Gard. 

Vers minuit, Mathieu Danel lui propose de passer la nuit avec lui, mais elle refuse. C'est ainsi qu'il décide de "passer à l'acte". Quand sa victime effrayée lui dit qu'elle de ne veut pas mourir, il lui répond que ça n'a rien de personnel, qu'elle ou une autre, pour lui, c'est pareil. Il la poignarde à 17 reprises, puis rentre chez lui se coucher et passe une "journée tranquille" le lendemain. C'est le jour suivant qu'il se rend au commissariat, persuadé qu'il serait de toute façon bientôt interpellé.   

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Il n'a ressenti aucun plaisir

Dans ses aveux spontanés, Mathieu Danel explique aussi qu'il avait des envies de meurtre depuis plusieurs années déjà, que c'est pour cela qu'il avait une dague dans sa voiture au cas où l'occasion se présentait, qu'il voulait connaître les sensations que procure un tel crime. "On ne peut pas savoir si on aime un plat avant d'y avoir goûté" précisera-t-il à la juge d'instruction. 

Finalement, Mathieu Danel expliquera qu'il n'a ressenti aucun plaisir, que cela n'a pas du tout été à la hauteur de ses attentes. S'il avait eu la montée d'adrénaline attendue, il aurait continué et ne se serait pas rendu. Pendant la totalité de sa garde à vue, Danel "est resté d'un calme linéaire" commente un enquêteur, "stoïque", sans "aucune émotion ou expression sur le visage".   

Fasciné par le crime

Trois experts psychiatres se sont penchés sur le cas "Mathieu Danel" et ont rendu des conclusions en de nombreux points similaires, décrivant un être dénué de toute pathologie, dénué aussi de toute manifestation émotionnelle, sans remords, sans prise de conscience, juste fasciné par le crime. "Avoir osé cet acte est plus important que le destin qu'il a infligé à la victime et sa famille", décrit l'un d'entre eux, évoquant une dynamique de tueur en série. Mathieu Danel est "inscrit dans le système motivationnel mégalomaniaque des serial killers". "Il a opéré un choix libre auquel ne le portait aucune pulsion", diagnostique un autre psychiatre. Tous concluent au risque de récidive et à la nécessité d'une prise en charge psychiatrique au long cours.   

Mathieu Danel encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès durera trois jours devant les assises du Gard.