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Procès du 13-Novembre : qui est Jean-Louis Périès, le président de la cour d'assises spéciale ?

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Jean-Louis Périès présidera le procès du 13-Novembre qui débutera le 8 septembre à Paris
Jean-Louis Périès présidera le procès du 13-Novembre qui débutera le 8 septembre à Paris
© Radio France - Matthieu Boucheron

À compter du 8 septembre, 20 personnes seront jugées pour les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Jean-Louis Périès a été choisi pour présider ce procès hors norme et travaille depuis plus d'un an à sa préparation. Magistrat depuis quarante ans, il a reçu l’amour de la justice en héritage. Portrait.

Il faut visualiser un instant cette immense salle, construite expressément au sein du Palais de justice de Paris pour abriter un procès hors norme. Une salle toute en longueur, un air de cathédrale laïque. Et là, à l'une des extrémités, au centre de l’estrade : un homme. Le président, celui sur qui toute la mécanique repose. Pour les neuf mois que doit durer le procès des attentats du 13 novembre 2015, cet homme sera Jean-Louis Périès, 65 ans, 40 ans de magistrature tout juste. 

Une affaire de famille 

C’est en 1981 que, jeune magistrat, Jean-Louis Périès débute. Nous sommes à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, non loin de Marseille où il a grandi. Jean-Louis Périès fait ses premiers pas comme juge d’instance . Chez les Périès, la justice est un héritage familial : son père, Roger Périès a été longtemps juge d’instruction - l’affaire Dominici par exemple - son grand-père, Louis Périès, était greffier au tribunal de Foix. 

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Après Aubagne, Jean-Louis Périès devient juge d’instruction à Marseille, puis opte pour le parquet à Versailles. L’expérience dure jusqu’en 1995, date à laquelle il retrouve le siège et un fauteuil de juge d’instruction à Évry, puis Paris en 2001. En 2004, le juge d’instruction participe à la création des juridictions inter-régionales spécialisées (JIRS). Ces regroupements de magistrats ont depuis vocation à traiter les affaires complexes de délinquance et de criminalité organisée. Il rejoint Créteil comme vice-président en 2011 et revient enfin à Paris comme président de chambre à la cour d’appel depuis 2014. Certaines affaires le marquent plus que d’autres : l’instruction du meurtre, probablement crapuleux, de Gilles Andruet, champion d’échecs et fils du pilote de rallye automobile Jean-Claude Andruet ; le procès aux assises du meurtre de Sofia, 17 ans, brûlée vive, les poignets liés dans le dos, dans un pavillon de Seine-Saint-Denis. 

Jean-Louis Périès a eu de précédentes expériences de président de cour d’assises spécialement composées, c’est-à-dire uniquement constituées de magistrats professionnels, comme c’est toujours le cas dans les dossiers terroristes, avec le procès de trois jeunes djihadistes pour leur projet d’attentat contre le site militaire du cap Béar, dans les Pyrénées-Orientales en juillet 2015 ou celui en appel d’Abdelhakim Dekhar, l’homme qui a ouvert le feu dans les locaux de BFM et de Libération en novembre 2013. 

Entièrement dédié au procès du 13 novembre 2015

Depuis le printemps 2020 et le premier confinement, le magistrat se consacre entièrement au procès des attentats du 13 novembre 2015. Avec une exception toutefois, pour se détacher un peu de ce dossier tentaculaire. En novembre 2020, il préside le procès en appel de Charles Sievers, ce jeune avocat condamné pour le meurtre de l’amant de sa compagne. Mais à ceci près, ce sont les attentats du Stade de France, des terrasses parisiennes et du Bataclan qui occupent tout son temps, les parcours des 20 accusés dans lesquels il est plongé depuis un an et demi. 

Car c’est à lui qu’incombe la gestion des questions pratiques : élaborer le planning de l’audience, veiller au respect des intérêts de chacune des parties, intégrer les problématiques liées à la diffusion de l’audience via une webradio pour les parties civiles etc. Et puis, bien sûr, il y a le fond du dossier lui-même, ses 500 tomes et dizaines de milliers de documents. Ce dossier qu’il lui faut maîtriser de bout en bout puisque c’est à lui de mener les interrogatoires des accusés comme des témoins. Étant donnée cependant l’ampleur de la tâche, il sera secondé par la première assesseure, en l’occurrence Frédérique Aline que l’on a vue récemment présider les procès du maire de Draveil, George Tron ou de Ian Bailey, condamné pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier. 

Tous nos articles sur le procès des attentats du 13 novembre 2015 sont à retrouver ici.