Publicité

Pronote, ÉcoleDirecte, Éduc'horus : les logiciels omniprésents dans la vie des élèves et des parents

Par
Pronote permet d'accéder aux devoirs, aux notes, à l'agenda ou encore aux absences en se connectant sur Internet.
Pronote permet d'accéder aux devoirs, aux notes, à l'agenda ou encore aux absences en se connectant sur Internet.
© Maxppp - PHOTOPQR/L'INDEPENDANT

Les logiciels de gestion de classe sont devenus des outils indispensables dans la vie des élèves et des parents. Ils donnent accès à l'emploi du temps, aux absences de professeurs, aux devoirs et remplacent les traditionnels carnets de correspondance et agendas. Surtout depuis la crise sanitaire.

Qu'ils s'appellent Pronote, ÉcoleDirecte ou Éduc'horus, les logiciels de gestion de classe permettant de se connecter pour avoir accès (notamment) à l'emploi du temps, aux absences de professeurs, aux devoirs, aux notes, à la messagerie interne sont omniprésents. Les traditionnels carnets de correspondance et agendas perdent de leur importance au profit d'une utilisation accrue du numérique. Comment Pronote et autres logiciels envahissent-ils notre quotidien ? Ce sont les collégiens qui en parlent le mieux.

À la sortie du collège André-Citroën à Paris par exemple, les élèves ont leur carnet de correspondance à la main mais c'est désormais sur Pronote que tout se passe. Toutes les informations sont contenues sur cette plateforme numérique. Les collégiens reconnaissent qu'ils sont devenus accros à ces outils. "Je regarde beaucoup Pronote, deux fois par jour minimum", confie Lina. Les parents aussi en font parfois un usage compulsif. "Ma mère regarde tous les jours. Souvent, elle me rappelle ce que je dois faire, mes devoirs, mes cours...", raconte Soumaya. La collégienne fait la moue et rajoute : "Bon, parfois, c'est un peu dérangeant quand j'ai des mauvaises notes parce que ma mère après elle m'engueule ! J'aimerais que Pronote ne montre pas toujours tout !" Isaac juge, lui aussi, que ses parents se connectent "beaucoup trop" pour voir ses résultats scolaires.

Publicité

Très inégal selon les parents

Certains petits malins ont la solution. Assinat, par exemple, explique que ses parents "s'en fichent de Pronote". "Ils ne m'ont pas demandé les codes de connexion alors je ne leur ai pas donnés. Du coup, comme ils n'ont pas les codes, ils ne se connectent pas et ils ne savent pas si j'ai du retard ou pas !"

Beaucoup de parents, en effet, ne se connectent pas. "C'est très inégal", déplore Clara, professeure de français au collège. "Il y a des parents qui suivent tous les jours les devoirs de leurs enfants, les notes, qui sont obsédés et inversement des parents qui ne se connectent jamais. On le sait car on peut voir qui se connecte." Les professeurs s'efforcent de redonner les codes aux parents qui ne se connectent jamais, pour les inciter à le faire, "parce que cela nous est indispensable", indique Clara. "On a besoin que les parents se connectent. Beaucoup d'informations sont communiquées via les classes numériques", explique-t-elle.

Des formations indispensables

Les fédérations de parents d'élèves souhaiteraient des formations au sein des établissements scolaires pour aider les familles à mieux utiliser ces logiciels, devenus absolument incontournables.

"Beaucoup de parents aujourd’hui, quelle que soit la catégorie sociale, ont des difficultés avec le numérique", analyse Laurent Zameczkowski, vice-président de la fédération de parents d'élèves PEEP. "C'est vrai qu'on a l'impression qu'aujourd'hui le numérique est vraiment partout mais il y a encore beaucoup de gens en difficulté. Même certaines personnes qui ont le dernier smartphone à la mode ont souvent un usage assez limité, donc il y a effectivement encore beaucoup de difficultés."

La PEEP appelle donc à mettre en place au sein des établissements scolaires et des écoles "un point de rencontre pour les parents où ils pourraient être aidés, où on pourrait leur montrer comment fonctionne l'Environnement numérique de Travail (ENT), où on pourrait les accompagner dans un certain nombre de démarches", indique Laurent Zameczkowski. "Cela permettrait justement à ces parents d'être moins éloignés de l'école. Bien évidemment, cela nécessite que ceux-ci fassent quand même un minimum de démarches vers l'école mais en tout cas, il faut que ceux qui font la démarche puissent être accueillis, cela nous semble fondamental."