Propos sur les mineurs isolés : Éric Zemmour condamné à 10.000 euros d'amende

Publicité

Propos sur les mineurs isolés : Éric Zemmour condamné à 10.000 euros d'amende

Par
Eric Zemmour, lors d'une visite de campagne dans le village d'Honnecourt-sur-Escaut, dans le nord de la France, le 14 janvier 2022.
Eric Zemmour, lors d'une visite de campagne dans le village d'Honnecourt-sur-Escaut, dans le nord de la France, le 14 janvier 2022.
© AFP - Jaak Moineau

"Ils n'ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs" avait déclaré Éric Zemmour sur CNews à propos des mineurs isolés. Le candidat à l'élection présidentielle est condamné pour complicité d'injure raciale et de provocation à la haine, son avocat a annoncé qu'il faisait appel.

À trois mois de l’élection présidentielle, cette condamnation pourrait faire tâche dans la campagne d’Éric Zemmour. Lundi 17 janvier, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclaré coupable de complicité de provocation à la haine et d'injure raciale visant les immigrés "en raison de leur non appartenance à la nation française". Le candidat d’extrême droite est condamné à 10.000 euros d'amende. Il n'était pas présent pour assister au jugement mais son avocat annonce qu'il va faire appel de la décision. 

Les limites de la liberté d’expression "franchies"

En septembre 2020, le polémiste avait déclaré sur CNEWS, au sujet des migrants mineurs isolés : "Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont,  il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu'ils viennent". En le condamnant, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui avait demandé une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10.000 euros d'amende avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement. "Les limites de la liberté d'expression ont été franchies", avait déclaré la procureure de la République Manon Adam, lors de l'audience le 17 novembre dernier. 

Publicité

"Nous étions poursuivis sur les migrants isolés et voilà que nous sommes condamnés sur les immigrés", a fustigé l'avocat d'Eric Zemmour. "Un jugement vient d'être rendu mais la justice n'est pas encore passée", conclut Me Olivier Pardo. Le polémiste a réagi un peu plus tard sur les réseaux sociaux, dénonçant une condamnation "idéologique et stupide", un "garrot sur la liberté d'expression".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Le directeur de publication de CNEWS, Jean-Christophe Thierry, était lui aussi poursuivi, comme il est de coutume en droit de la presse. Il est condamné à 3000 euros d'amende pour injure raciale et provocation à la haine. Une peine moins sévère que celle demandée par le parquet : l'accusation avait requis 5000 euros d'amende. 

La condamnation d'Éric Zemmour et du directeur de publication de CNEWS est saluée par les associations . "Cette décision est importante car derrière ce projet médiatique, il y a un projet politique de haine, qui tend à stigmatiser les personnes en raison de leur origine, de leur confession, de leur race. Il faut qu'ils comprennent qu'on ne laissera pas passer", a déclaré Arié Alimi, avocat de la Ligue des droits de l'Homme.

Troisième condamnation d'Eric Zemmour pour provocation à la haine

Dans cette affaire, la justice a rejeté la demande d'une vingtaine de conseils départementaux qui souhaitaient se constituer parties civiles - les mineurs non accompagnés étant pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, gérée par les départements. Seuls les associations ont eu le droit d'être considérées comme des victimes par le tribunal, notamment SOS Racisme, La Ligue des droits de l'Homme (LDH), la Licra et la Maison des potes. Éric Zemmour est condamné à leur verser des dommages et intérêts. 

Le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle avait déjà été condamné à deux reprises pour provocation à la haine. Vendredi dernier, la justice a fixé un nouveau rendez-vous judiciaire pour Éric Zemmour. Il sera jugé en mai 2023 pour diffamation aggravée, pour des propos tenus en 2019 sur le "mouvement féministe" et le "mouvement LGBT".