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Qualité de l'air : l'Île-de-France a mieux respiré l'an dernier mais ce n'est pas encore assez

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En matière de qualité de l'air, Paris et la région Île-de-France l'Île-de-France sont toujours au-dessus des seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé.
En matière de qualité de l'air, Paris et la région Île-de-France l'Île-de-France sont toujours au-dessus des seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé.
© AFP - Joël Saguet

Grâce aux différents confinements, la qualité de l'air s'est améliorée dans région francilienne en 2020 avec des concentrations moins importantes de certains polluants. Néanmoins, l'Île-de-France est toujours au-dessus des seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé.

De l'air plus respirable, des oiseaux qui chantaient. En Île-de-France, le confinement de mars 2020, interrompant quasiment tout le trafic routier, autoroutier, aérien, avait donné le sentiment d'un grand bol d'air pur et frais dans la région. Le bilan annuel d'Airparif (observatoire indépendant de la qualité de l’air en Île-de-France) met effectivement en avant une baisse de la présence de certains polluants (dioxyde d'azote NO2, particules PM10 et PM2,5 dans une moindre mesure). Mais les concentrations d'ozone (O3) ont continué à augmenté. 

Au final, deux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé en matière de qualité de l'air ne sont toujours pas respectées : ainsi, des dizaines de milliers de franciliens sont exposés à un dépassement des valeurs limites réglementaires européennes et françaises, note l'observatoire. 

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Les restrictions dues à la crise sanitaires ont eu un impact... 

Les mesures de restrictions liées à la pandémie de coronavirus ont donc bien permis de faire baisser la concentration en dioxyde d'azote (NO2), polluant principalement rejeté par le trafic routier. D'après Airparif, les concentrations ont baissé de 30% à l'échelle de Paris et de 20% pour la petite couronne. À Paris deux tiers de cette baisse s’expliquent par les restrictions, la moitié pour la petite couronne, dit l'observatoire.

L’impact des réductions d’activités est le plus visible dans Paris, où la densité d’urbanisation, l’intensité du trafic routier et la forte activité économique engendrent une densité d’émissions de polluants habituellement plus importante.

Selon Airparif, cette baisse des concentrations en NO2 a entraîné une forte diminution du nombre de personnes potentiellement exposées au dépassement de la valeur limite réglementaire pour ce polluant. On est passé de près de 500 000 habitants en 2019 contre plusieurs dizaines de milliers en 2020. "Cette valeur limite réglementaire pour le NO2 est en revanche toujours largement dépassée à proximité du trafic routier, en particulier dans le cœur dense de l’agglomération parisienne", précise toutefois l'observatoire. 

... mais très faible sur les particules réglementées

Les restrictions dues au Covid-19 ont en revanche eu un très faible impact sur les particules réglementées (PM10 et PM2.5). Cela s'explique par les conditions météo mais aussi parce que les sources productrices de ces particules (chauffage, agriculture) n’ont pas ou peu été limitées, y compris pendant les confinements stricts. Les concentration de PM10 et PM2.5 sont en très légère baisse pour 2020, mais bien loin de la chute observée pour le NO2. De fait, les particules sont émises de façon bien plus diverse, par exemple par le chauffage, notamment au bois, et dont l'utilisation a été accentuée par les confinements et le télétravail.  

D'ailleurs, la recommandation de l’OMS sur les PM2,5 au niveau journalier est toujours dépassée sur la quasi-totalité de la région Île-de-France en 2020, celle pour les PM10 étant dépassée pour un Francilien sur deux. "Selon l'évaluation menée par l'organisme, la proportion de la population exposée à un dépassement de la recommandation annuelle de l’OMS en PM10 passe de 30% en 2019 à 10% en 2020", détaille Airparif_. _

Et sur cette baisse de 20%, 15% sont liés à l’évolution tendancielle et 5% sont en lien avec les mesures de restrictions dues à la situation sanitaire (soit un bénéfice supplémentaire pour près de 500 000 personnes)

Enfin, les concentrations d’ozone (O3), "polluant secondaire" généré par d'autres polluants et par beau temps ont augmenté en 2020. Un phénomène constaté ces dernières années dans la région francilienne mais aussi, plus globalement, à l'échelle de l'hémisphère Nord. Sur ce point, et pour toute l'Île-de-France, le seuil de l'OMS est toujours largement dépassé et, là dessus, les confinements n'ont probablement pas eu d'impact, les pics d'O3 étant souvent constatés entre juin et août. 

Moins d'épisodes de pollution en 2020 qu'en 2019

Au total, l'année 2020 a connu une légère baisse du nombre d’épisodes de pollution par rapport à 2019. Cinq jours de dépassement du seuil d’information et de recommandation pour les particules (PM10) enregistrés en période hivernale, auxquels s’ajoutent neuf journées de dépassement dues à l’ozone (O3) lors de la période estivale.

"L’épisode de pollution dû aux particules, survenu le 28 mars 2020 malgré le fort ralentissement de nombreux secteurs d’activités, s’explique par des émissions de particules provenant de secteurs non concernés par le confinement : notamment le chauffage au bois et le secteur agricole, avec des épandages d’engrais azotés caractéristiques du début du printemps. Cet épisode aurait néanmoins été plus conséquent avec un trafic normal", note Airparif.