Quand Téhéran s'invite dans la présidence irakienne

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Quand Téhéran s'invite dans la présidence irakienne

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Le parlement irakien se réunit à Bagdad pour élire le président et former le gouvernement.
Le parlement irakien se réunit à Bagdad pour élire le président et former le gouvernement.
© AFP - SABAH ARAR

Le parlement irakien se réunit ce dimanche à Bagdad pour élire son président, préalable à la formation du prochain gouvernement. Un combat politique sur lequel plane l'influence iranienne, alors que Téhéran est dans le collimateur de Donald Trump.

Sur les bords du Tigre, ce sont deux blocs qui s'affrontent pour le pouvoir. Pro-iraniens et nationalistes se disputent la présidence du parlement et la nomination du Premier ministre.

Dans ce bras fer, "les clivages communautaires sont chamboulés", analyse Houcham Daoud, chercheur au CNRS :

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"Tout le camp irakien se trouve divisé. Une partie fait allégeance à l'Iran et contre toute attente, non seulement des Chiites, mais il y a aussi des Sunites pro-iraniens, des Krudes pro-iraniens, il y a ceux et celles qui, jusqu'à hier, étaient pro-américains, et qui deviennent pro-iraniens... De l'autre côté, on voit de plus en plus de gens qui disent qu'à travers l'alliance de l'Irak avec les États-Unis, on peut affirmer davantage la souveraineté identitaire irakienne."

Le nationalisme irakien reste vivace

L'Iran dispose de nombreux relais d'influence chez son voisin, comme la milice de la Mobilisation populaire, Hashd Al-Chaabi, un "allié de poids pour Téhéran dans l'appareil d'État irakien", poursuit Housham Daoud.

"Hashd Al-Chaabi a été officialisé, on le considère comme une force légale. Seulement, sur le terrain, le commandement est très fidèle à la ligne de milices chiites qui sont pro-iraniens."

Mais l'influence de Téhéran a aussi ses limites : l'incendie du consulat iranien de Bassora par des manifestants, il y a quelques jours, prouve que le nationalisme irakien reste toujours vivace, même en plein cœur du pays chiite.