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Quand une vidéo d'élèves français contre le harcèlement fait le tour du monde

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Photo du tournage de la vidéo "Non au harcèlement", avec le réalisateur Victor Vanin et les acteurs principaux Maël Marcelin, Evan Canalini, Pauline Bayle
Photo du tournage de la vidéo "Non au harcèlement", avec le réalisateur Victor Vanin et les acteurs principaux Maël Marcelin, Evan Canalini, Pauline Bayle
- Jean-Roch Raverat

Chaque année, à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement, un concours est organisé par le ministère de l'Éducation nationale et un prix remis à des élèves qui présentent une affiche ou une vidéo. Celle primée l'an dernier rencontre un succès inédit.

Jeudi, c'est la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement. À cette occasion, chaque année, un concours est organisé par le ministère de l'Éducation nationale et un prix "Non au harcèlement" est remis à des élèves qui présentent une affiche ou une vidéo. Depuis un an, la dernière vidéo lauréate a un succès inédit sur les réseaux sociaux et est utilisée dans les classes, en France et même à l'étranger. Elle avait reçu le Prix national lycéen et le prix coup de cœur du jury du concours "Non au harcèlement" en 2020. Des élèves ont assuré la réalisation de A à Z.

Les images parlent d'elles-mêmes et le message est très efficace. Ce ne sont pas des professionnels qui ont créé cette vidéo contre le harcèlement, mais des élèves du lycée Dominique Villars, de Gap, dans les Hautes-Alpes. Ils ont joué les scènes dans la cour de leur lycéen en janvier 2020 :

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"Très visuel donc universel"

Première scène : un lycéen se fait arracher son sac et ses affaires de classe tombent par terre. Victor Vanin était en terminale quand il a imaginé le scénario. Il a choisi les acteurs et les figurants parmi ses camarades. Un de ses amis a conçu la musique. "Je pense qu'au total, on devait être environ 70 personnes", explique Victor Vanin, "dont un petit groupe un peu plus restreint de personnes qui avaient finalement le rôle de cadres durant le tournage. Donc ils veillaient sur le bon déroulement des choses et m'ont assisté à la réalisation."

En deux minutes, la vidéo décrit le harcèlement et donne des solutions, comme le précise son jeune réalisateur : "On a cherché à montrer à l'écran les détails du harcèlement, donc ça peut être les regards, ça peut être le cyberharcèlement, qu'on a essayé de montrer le plus concrètement possible. Je pense que c'est très important car ça permet à chacun de se faire une idée des formes que peut prendre le harcèlement et de pouvoir les identifier. Bien sûr, il y a une voix off, il y a des sous-titres en français, mais ce n'est pas nécessaire pour comprendre cette vidéo, pour comprendre le fond et même pour comprendre la forme, pour ressentir les émotions. Si on coupe le son de la vidéo, on peut quand même se permettre une analyse et une réflexion autour de ce phénomène. C'est très visuel donc tout à fait universel."

38 millions de vues sur Facebook

Un message compréhensible par tous, qui explique son succès sur les réseaux sociaux en France mais aussi à l'étranger. 38 millions de vues sur Facebook, "avec un grand nombre de commentaires, en français d'abord, et très vite en anglais, en chinois, en langue arabe, ajoute Victor Vanin. On s'est rapidement rendu compte que la contribution qu'on a essayé d'apporter à travers cette vidéo était devenue plus importante qu'on aurait pu l'imaginer donc on est assez fier parce qu'on a conscience de l'influence positive que ça peut avoir dans la vie de certains."

Victor Vanin, lors d'une intervention pédagogique et préventive de lutte contre le harcèlement scolaire, dans un lycée
Victor Vanin, lors d'une intervention pédagogique et préventive de lutte contre le harcèlement scolaire, dans un lycée
- Paloma Rousset de Piña

La vidéo rappelle l'importance d'en parler à un adulte, qui peut être un professeur, un personnel de l'établissement scolaire, un parent, un ami ou encore en appelant un numéro vert. En France, c'est le 30 20. La vidéo évoque aussi le rôle essentiel des témoins qui peuvent et doivent intervenir.

Aujourd'hui, la vidéo est utilisée dans les classes en France et à l'étranger comme support pédagogique et figure même dans un manuel scolaire d'apprentissage du français pour des élèves étrangers. "On n'avait pas imaginé que cette vidéo qu'on a créée entre jeunes, dans la cour de notre lycée, pouvait avoir une telle portée", conclut le jeune homme de 20 ans, qui s'est lancé dans l'audiovisuel après son bac. "On en est très heureux."