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Quatre questions sur le manque de carburant qui touche certaines stations françaises

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Une station-service sans carburant le 4 octobre 2022 à Herblay (Val d'Oise)
Une station-service sans carburant le 4 octobre 2022 à Herblay (Val d'Oise)
© Maxppp - Bruno Levesque / IP3

Plus d'une station-service sur dix est actuellement privée d'une partie, voire de tous les types de carburants habituellement proposés, en particulier les stations TotalEnergies. En cause, un mouvement de grève mais aussi une ruée des consommateurs sur du carburant un peu moins cher.

Combien de stations sont concernées ?

Selon le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, il n'y a "pas de pénurie" mais des "tensions" dans l'approvisionnement en carburant de certaines stations. C'est le cas dans 12 % des stations-service en France, qui connaissent "des difficultés sur au moins un type de carburant" à la pompe. Certaines régions sont particulièrement touchées, notamment les Bouches-du-Rhône, ou les Hauts-de-France (où 30 % des stations sont concernées). Dans et autour de Paris, près de la moitié des stations TotalEnergies avaient dû fermer boutique ce mardi, faute de carburant.

TotalEnergies ne confirme pas le nombre de stations concernées, mais de nombreuses stations du Nord sont actuellement fermées faute de carburant ou prises d'assaut par les automobilistes. Dans le centre de Lille par exemple, d'après l'AFP, il faut parfois une heure d'attente pour arriver à la pompe.

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Comment savoir quelles stations sont concernées ?

Ces problèmes d'approvisionnement touchent particulièrement les stations du groupe TotalEnergies, qui a mis en place une carte interactive permettant de voir quels types de carburants sont disponibles ou non selon les stations. Des stations du groupe Esso-ExxonMobil (Esso, Shell et Avia) sont également touchées.

Une carte interactive globale de toutes les stations-service en France, avec les prix et les éventuelles ruptures de stock, est aussi disponible sur le site prix-carburants.gouv.fr.

D'où vient le problème ?

Deux facteurs entrent en jeu simultanément : d'abord, pour les stations TotalEnergies, une ristourne de 20 centimes à la pompe (en plus de celle du gouvernement) qui a permis au pétrolier de siphonner les clients alentours avec des prix plus bas, mais aussi de vider plus vite ses réserves à cause d'une "affluence importante", selon le groupe lui-même. Logique, après plusieurs mois de carburant cher.

Ensuite, un mouvement de mobilisation de salariés de TotalEnergies : mouvement lancé le 27 septembre dernier (pour réclamer une hausse des salaires compensant l'inflation) et reconduit ce mercredi sur la raffinerie de Normandie, près du Havre (la plus importante de France puisqu'elle représente 22 % du raffinage dans le pays). Mouvement reconduit également à la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), à la raffinerie de Feyzin (Rhône) et au dépôt de carburant de Flandres (département du Nord).

De son côté, le groupe Esso-ExxonMobil fait aussi face à un mouvement de grève dans ses deux raffineries en Seine-Maritime et dans les Bouches-du-Rhône. Les deux sites sont "à l'arrêt total" selon le coordinateur CGT du groupe.

Faut-il aller faire le plein "au cas où" ?

C'est un cercle vicieux lorsque le carburant vient à manquer par endroits : la tentation est forte d'aller rapidement faire le plein soi-même pour éviter de mauvaises surprises, ce qui vide encore plus vite les stocks éventuels. "Je vous assure que ce n'est pas nécessaire", a lancé Olivier Véran à l'issue du conseil des ministres. Il souhaite éviter "l'effet de panique" sur le sujet et rappelle que l'État pourra encore "lorsque c'était nécessaire, avoir recours à puiser dans les stocks stratégiques pour permettre d'alimenter des stations", après l'avoir déjà fait "ça et là".

De son côté, le groupe TotalEnergies assure qu'il n'y a pas "de manque de carburants car TotalEnergies a constitué des stocks et procède actuellement à des imports réguliers". Il faut simplement leur laisser le temps d'arriver à bon port, et le géant de l'énergie promet "de se mobiliser pour réapprovisionner le réseau grâce à des moyens logistiques supplémentaires".

Notez aussi que le préfet du Pas-de-Calais a appelé les conducteurs à "faire preuve de civisme et de solidarité", et a décidé l'interdiction de la vente et de l'achat de carburant "dans des récipients transportables manuellement" : pas question donc, dans ce département, de venir remplir des jerrycans de réserve.