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Quelques gestes de premiers secours à connaître

Quelques gestes de premiers secours à connaître
Quelques gestes de premiers secours à connaître
© Getty - Yevgen Romanenko

Gérald Kierzek (médecin urgentiste), Toubib (pédiatre urgentiste) et Pauline Ricard (formatrice à la Fédération nationale de la Protection Civile) ont expliqué dans "Grand bien vous fasse" quelques gestes de premiers secours à connaître, pour les enfants comme les adultes. Retrouvez leurs conseils réunis ici.

Pauline Ricard : "La première chose à savoir, c'est la sécurité : se mettre en sécurité soi-même et mettre en sécurité la personne qui vient d'avoir l'accident. C'est à dire que si vous avez toujours le feu allumé à côté, il va falloir l'éteindre et éloigner la personne de la source de la brûlure, par exemple. 

Ensuite, il va falloir passer l'alerte donc appeler les pompiers (faites le 18) ou le SAMU (le 15)".

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Quelques gestes de premier secours à connaître

Gérald Kierzek : "La brûlure : on passe sous l'eau 10 minutes à 10 degrés (donc froide) à 10 cm. Si c'est une petite brûlure qui est inférieure à la paume de la main de la victime, on va pouvoir le traiter à la maison. C'est une brûlure du premier ou du deuxième degré. On ne met pas de beurre de pomme de terre ou tout ce qu'on entend, en revanche on va demander conseil à la pharmacie. Si c'est supérieur à la paume de la main., on ne met rien, on appelle le 15 ou on va voir son médecin.

L'arrêt d'une hémorragie : quand ça saigne, on appuie dessus.

Le massage cardiaque : quelqu'un qui est en arrêt cardiaque, qui perd connaissance, il ne vous répond pas, il ne respire pas. Le premier geste, c'est d'alerter (donc appeler le 15 ou les pompiers). Ensuite vous appuyez sur la poitrine pour faire  un massage cardiaque externe, au rythme de 100 fois par minute. C'est sur le rythme de "Staying Alive". Et n'ayez pas peur de "mal faire" : de toute façon, s'il y a arrêt cardiaque, le cœur est arrêté donc il vaut mieux faire quelque chose, plutôt que ne rien faire. 

Si quelqu'un s'étouffe : faire cinq grandes claques dans le dos pour pouvoir essayer de débloquer. Mais quand je dis que la personne s'étouffe, c'est qu'elle s'étouffe : elle n'est pas là en train de dire 'J'ai avalé de travers' parce que si je peux parler, c'est qu'il n'y a pas de détresse - en tout cas, pas de détresse à la seconde près. En revanche, si la personne n'a plus de son, plus d'image, elle vous montre simplement qu'il y a quelque chose qui est coincé : là, on donne cinq grandes claques dans le dos. 

Puis, on fait la méthode d'Heimlich  : après les cinq grandes claques entre les omoplates pour essayer de débloquer les voies aériennes, on se met derrière la personne, on passe ses bras autour d'elle, on place son poing dans le creux de l'estomac et on tire vers soi et vers le haut. On fait une espèce de mouvement comme une virgule qui reviendrait vers vous. Vous êtes derrière la personne, et vous allez mettre votre poing dans le creux de l'estomac et faire piston pour essayer de chasser l'air des poumons et de faire sortir le corps étranger. Mais tout ça, ça s'apprend effectivement en quelques heures en cours de secourisme"

Particularités si c'est un enfant qui s'étouffe

Toubib est pédiatre urgentiste, il précise : "Si c'est un enfant, c'est un peu les mêmes méthodes que pour les adultes (selon l'âge)". 

Nuances importantes : "les claques dans le dos, c'est la première chose à faire. Attention : quand un enfant est en train de s'étouffer, qu'il est cyanosé (tout bleu), qu'on voit qu'il n'arrive pas à tousser, qu'il est vraiment bloqué et en train de s'asphyxier, il faut faire des mouvements pour débloquer l'enfant avec les tapes dans le dos ou, quand ils sont plus grands, avec la méthode d'Heimlich si les claques dans le dos ont échoué. 

Par contre, si l'enfant tousse et qu'il a avalé quelque chose de travers, on ne fait rien et on appelle le 15 parce qu'on peut risquer, par malheur, de faire tomber le corps étranger coincé quelque part sur une des bronches souches ou, plus fort encore, sur le carrefour des bronches souches, et, du coup, provoquer une asphyxie". 

Il faut apprendre des choses simples, que ce soit sur les brûlures, sur le massage cardiaque. Ce ne sont pas des choses que, malheureusement, on peut expliquer aux gens à l'oral. Il faut des formations, il faut le montrer au moins une fois". 

Les Français sont-ils suffisamment formés au secourisme ? 

Pauline Ricard : "La formation est primordiale dans la prévention, dans les bons réflexes. 

Il y des formations très courtes qui durent deux heures : vous apprenez à gérer les urgences vitales (une hémorragie, un arrêt cardiaque, une perte de connaissance). Ensuite, vous avez des formations plus complètes sur la journée entière (7h) où vous abordez un peu plus en détail les plaies, les brûlures, le malaise, quand est-ce qu'on doit appeler les secours, qui on doit appeler… "

Aller plus loin

Comment savoir si une fièvre, un malaise, une douleur inhabituelle doit nous pousser à appeler le Samu ou les pompiers ? Il est difficile d’évaluer le danger, et quand il s’agit des enfants, on a toujours peur de mal faire. Comment ne pas surcharger les services d’urgences, surtout en ces temps de crise sanitaire ? Ecoutez les conseils de médecins donnés dans "Grand bien vous fasse"