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"Questions brûlantes", de Margaret Atwood : qu'en ont pensé les critiques du Masque et la plume ?

Par
Margaret Atwood, 8 novembre 2022, Toronto.
Margaret Atwood, 8 novembre 2022, Toronto.
© Getty - Jeremychanphotography

Margaret Atwood avait acquis son statut d'autrice de génie, avec "La Servante écarlate" (adapté en série). Elle avait déçu nombre de ses fans avec la suite, "Les Testaments". Parvient-elle à convaincre avec ce nouveau livre, qui rassemblent ses prises de parole sur des thèmes engagés ?

La présentation de Jérôme Garcin

"Questions brûlantes" au pluriel est un volume de textes et d'interventions de Margaret Atwood, 82 ans, à qui on doit, faut-il le rappeler, le cultissime "La Servante écarlate". Questions brûlantes, réponses brûlantes. Il est question d'écologie, de la protection de l'environnement, de l'évolution du féminisme, de la place de l'écrivain dans la société. Elle explique aussi comment et pourquoi elle a écrit "La Servante écarlate".

Faut-il lire ce gros recueil de textes de Margaret Atwood ? Réponses des critiques.

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Pour Arnaud Vivian, un texte drôle et cultivé

Le critique n'est au départ pas un grand lecteur de Margaret Atwood. Comme beaucoup, il avait été déçu par la suite de "La Servante écarlate", qu'il qualifie de "très mauvaise et atroce".

Ses attentes n'étaient donc pas très grandes mais il a été agréablement surpris, en découvrant une femme qu'il trouve très drôle, comme il l'explique : "J'ai particulièrement apprécié son sens de l'humour dans ces essais, principalement des conférences. Il y a quand même une espèce d'oralité dans beaucoup de ses textes, qui sont très drôles et très cultivés."

Il y a à picorer, selon Jean-Claude Raspiengeas

Le critique n'a quant à lui pas été convaincu, et il a même eu un peu de mal à lire ce gros livre : "J'ai été un peu partagé, je me suis un peu ennuyé, j'ai picoré à plusieurs moments. J'ai un peu plongé du nez, il a fallu que je revienne. Je n'avançais pas d'une traite. Je ne sais pas pourquoi. Alors, "Questions brûlantes". Le titre est juste. Parce qu'en fait, il y a une série de questions. Il n'y a pas réellement de réponses."

Pour lui, ce texte n'est ni intéressant, ni drôle : "À un moment, je me suis dit que ça ressemblait un peu à des lieux communs. Quant au côté drolatique, non, c'était plutôt un pensum de mon point de vue, mais ce n'est pas inintéressant. Elle fait une belle évocation de Gabrielle Roy, de Marie-Claire Blais, et d'Alice Munro. Il y a à picorer."

Elisabeth Philippe trouve que "ça ne vole pas très haut"

Elisabeth Philippe n'a vraiment pas été convaincue par ce texte. Pour elle, cela tient peut-être à la forme, comme elle l'explique : "Les conférences, ce n'est pas le genre le plus passionnant qui soit. Et même qlorsqu'elle parle de littérature, d'Alice Munro, (Prix Nobel de littérature), qu'elle a très bien connue, ou de Kafka, je ne trouve pas que ça vole très très haut, donc j'étais un peu sur ma faim."

Elle trouve qu'elle défend mieux ses idées et ses engagements dans ses romans – pas dans Les Testaments mais dans La Servante écarlate – que dans ses textes politiques.

Ce livre tient du café du commerce, pour Nelly Kaprièlian

Nelly Kaprièlian s'exprime sans ambages : "Son humour m'a un peu consternée. Elle essaie tellement d'être drôle, d'être sympathique... Il faut savoir que dans les pays anglo-saxons, elle est considérée comme une très grande dame. Oui, elle est une icône." Pour la critique, les tentatives de l'autrice sont vaines.

Elle partage aussi l'avis de Jean-Claude Raspiengeas sur la faiblesse du fond : "Ce sont des propos de café du commerce. Ça ne va jamais très loin. C'est à la limite un peu enfantin, dans les tournures de phrases. Alors parfois c'est pas mal, c'est vrai, mais enfin quand même, j'ai été déçue."

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