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Quiz, Zemmour et "proposition choc" : ce qu'il faut retenir du dernier débat LR

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Une femme, quatre hommes: c'était le quatrième et dernier débat des LR avant le premier tour du congrès
Une femme, quatre hommes: c'était le quatrième et dernier débat des LR avant le premier tour du congrès
© AFP - JULIEN DE ROSA

La dernière étape d'une course ultra-serrée. Des mots doux pour Joséphine Baker, des mots durs pour Éric Zemmour et Emmanuel Macron, pilonné pendant deux heures. Voici un résumé rapide du dernier débat avant de passer au vote.

Des hommes en cravates et costumes sombres, une candidate en veste rouge et des pupitres translucides : voilà pour la photo. Des candidats matamore à mort, qui bombent le torse, précis sur leurs programmes, ciblant Emmanuel Macron à chaque minute, prenant soin de ne pas ferrailler entre eux : voilà pour l'ambiance d'un débat forcément "décisif" puisqu'il est le dernier et que le premier tour commence ce mercredi à 08h (les résultats du premier tour seront connus jeudi, le deuxième tour commence vendredi, les résultats finaux donnés samedi). Alors, qui s'est mis dans de bonnes dispositions avant ce rush électoral ? On vous résume tout.

Valérie Pécresse en Jeanne d'Arc

Pour dérider les candidats, les animateurs Léa Salamé et Laurent Guimier leur ont demandé de choisir une photo pour que chacun décrive son "idée de la France". 

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Valérie Pécresse a choisi une photo de Jeanne d'Arc: "Je saurai être une cheffe de guerre si la France est menacée", a-t-elle tonné. Xavier Bertrand a choisi Colombey-les-Deux-Églises, le fief du général de Gaulle, précisant qu'il s'apprêtait à "rassembler" les candidats LR comme de Gaulle a rassemblé la France. Philippe Juvin a choisi une photo de ses deux grands-pères qui sont la preuve qu'en France "l'ascenseur social" est possible. Et Michel Barnier a choisi "le plus beau site du monde, "le mont Saint Michel", alliance, selon lui, de la spiritualité et de la nature. Eric Ciotti qui a l'"amour de la France des villages et des clochers" a choisi une photo de village, St Martin Vesubie, qui a abrité des centaines de familles juives pendant la guerre. 

Point "woke" sur Joséphine Baker

Il n'aura fallu attendre qu'une dizaine de minutes pour que le mot soit prononcé. A 21h00 pile : "Joséphine Baker n'était pas une wokiste", a jugé Valérie Pécresse. "C'est l'anti-woke", a même renchéri Philippe Juvin. Les candidats étaient invités à réagir aux deux actualités du jour et l'autre portait forcément sur l'entrée officielle en campagne d'Éric Zemmour. 

Il y a "une certaine fébrilité à se déclarer ce soir, car la droite est de retour", a assuré Valérie Pécresse, qui s'est présentée en "femme de solutions" face à un "homme de provocations". "Il faut du sérieux, de la dignité, du respect", a estimé Michel Barnier pour qui "les images des derniers jours parlent d'elles-mêmes". "Eric Zemmour, c'est vraiment pas ma droite", a abondé Xavier Bertrand pour qui le candidat d'extrême droite "n'a pas la stature pour rassembler les Français". "Je ne laisserai personne être jugé sur sa couleur de peau, sa religion ou son prénom", a-t-il ajouté, louant par contraste la France "de générosité, qui ne renonce pas" symbolisée par Joséphine Baker.

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Sur le Covid : 3e dose, 3e dose, 3e dose...

Le premier grand chapitre de cet ultime débat était consacré à un invité de dernière minute : le Covid. Pour faire face au variant Omicron, Philippe Juvin veut "accélérer à toute vitesse sur la troisième dose" jugeant qu'avec Emmanuel Macron, on avait toujours un combat "de retard" sur l'épidémie. Il a aussi regretté que la France séquence si peu le Covid et manque ainsi d'informations sur les variants présents sur le territoire. 

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"Il faut accélérer la réouverture des centres" de vaccination et renforcer "les gestes barrières", était d'accord Xavier Bertrand. Emmanuel Macron a géré cette crise "de façon verticale et solitaire", a jugé Michel Barnier, estimant qu'il fallait s'appuyer sur les scientifiques, les maires, les pharmaciens... et revenir à la gratuité des tests. "La solution c'est la troisième dose" et "l'aller-vers" les publics les plus fragiles, a ajouté Valérie Pécresse qui veut "moins de bureaucratie" à l'hôpital. Eric Ciotti a quant à lui pointé "le manque d'anticipation" de l'exécutif. 

Quiz !

Petite innovation de ce débat: des quiz ont été proposés aux candidats. Il s'agissait alors de répondre "oui" ou "non" à une question avant de s'expliquer. Le premier quiz portait sur les institutions.

Un seul mandat de président ? C'est "Oui" pour Xavier Bertrand, car sinon "on cherche à plaire à tout le monde". Un mandat pour Barnier aussi. Eric Ciotti est pour le septennat et ensuite c'est aux électeurs de décider. Non pour Valérie Pécresse: "S'il n'y a qu'un seul mandat, le président est affaibli dès le lendemain de son élection". "C'est aux électeurs de décider", confirme Philippe Juvin.  

Réduire le nombre de parlementaires et des ministres ? "Non" et "Non" dit Pécresse qui trouve cette question démagogique. Barnier aura un gouvernement "plus resserré" et ne diminuera pas le nombre de parlementaires. "Oui" aux deux questions pour Ciotti. Pareil pour Xavier Bertrand qui veut remettre ne place le cumul des mandats (sans cumul des indemnités). Juvin supprime le Conseil économique et social, trouve qu'il y a trop de ministres. 

Quinquennat ou septennat ? Michel Barnier maintient le quinquennat pour ne pas se disperser. Pécresse ne veut pas de cohabitation donc garde le quinquennat. Xavier Bertrand veut six ans. Juvin veut éviter une conjonction entre présidentielle et légslatives. Ciotti est pour le septennat, il l'a déjà dit (vous suivez ?).

"Comité de la hache" et impôts à 15% pour tous

Le chapitre économique s'ouvre avec une proposition choc. Eric Ciotti propose un taux d’imposition sur le revenu unique (sauf pour les plus précaires) à 15% à partir de 200.000 euros de revenus: “Personne ne verra d’augmentations d’impôts, en revanche les classes moyennes qui travaillent très dur verront une baisse massive de l’impôt sur le revenu”, a promis l'élu du sud.

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De son coté, Valérie Pécresse veut libéraliser le temps de travail en entreprise et en finir avec les 35 heures. Elle propose aussi qu'un départ sur trois de fonctionnaires ne soit pas remplacé, pour supprimer 200.000 postes de fonctionnaires. Et elle évoque un "comité de la hache pour simplifier les normes". Ce qui nous a amené à une rare prise de becs entre les candidats, Michel Barnier regrettant l'emploi de cette expression : "On ne peut pas faire la réforme de l'Etat contre les fonctionnaires".

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De son coté Xavier Bertrand souhaite mettre en place une diminution des allocations chômage si on refuse des emplois. Tandis que Philippe Juvin sera le candidat des services publics: "J'assume de ne pas baisser le nombre de fonctionnaires".

Les échanges ont été très cordiaux entre les candidats
Les échanges ont été très cordiaux entre les candidats
© AFP - JULIEN DE ROSA

Quiz ! 

La deuxième session de quiz porte sur l'environnement, un thème quasiment absent des débats précédents. 

Sur les éoliennes... "Stop !", "Stop !" a dit Xavier Bertrand sans même attendre la question (c'était effectivement la question). S'il est élu, il mettra immédiatement en suspens les programmes de construction des éoliennes. Michel Barnier, pareil. Philippe Juvin est pour les éoliennes marines et fera un moratoire sur les éoliennes terrestres. "Stop aux éoliennes sauf s'il y a un consentement local", dit Eric Ciotti plus consensuel. Valérie Pécresse fera du nucléaire "ET du renouvelable" et donc des éoliennes "si ça fonctionne". 

Interdire la chasse le week-end ? Là c'est simple: tout le monde est contre, d'ailleurs la chasse est une conquête qu'on doit à la révolution, rappellent les candidats LR. Fin du deuxième quiz.

Sécurité, immigration et "Michel Houellbecq"

La sécurité est leur thème de campagne préféré, un thème qu'ils ont eu l'occasion de défricher longuement lors des précédents débats. Michel Barnier veut un "électro-choc" et "l'impunité zéro". "Il faut taper dans le tas" des banlieues, dit Ciotti. Philippe Juvin, lui, veut fournir des "costumes orange" aux prisonniers qui feront des travaux d'intérêt général dans la rue en France. 

Au sujet de l'immigration, Eric Ciotti veut abolir le droit du sol. Le parlementaire est aussi pour que les "usagers" des services publics ne puissent pas porter le voile, une "prison pour les femmes". Il a dit : "Il faut arrêter avec les petits accommodements qui deviennent des grandes lâchetés qui forment une forme de soumission telle que l’a décrite Michel Houellebecq".

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Et justement, alors que les journalistes annonçaient le "dernier sujet", Valérie Pécresse les a coupé: "On ne parle pas d'islamisme ?". Elle a notamment estimé qu'on n'était pas assez armé pour lutter contre l'Islamisme en France. Les candidats ont ensuite parlé de défense européenne et d'international avant de conclure leur propos.

Et la suite ?

Début des opérations de vote mercredi matin. Résultat du premier tour jeudi. Deuxième tour vendredi et samedi. Résultat final samedi.