Radars, surprime, zones maritimes : ce qu’il faut retenir du comité de suivi sur les Zones à faibles émissions

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Radars, surprime, zones maritimes : ce qu’il faut retenir du comité de suivi sur les Zones à faibles émissions

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ZFE panneaux zone faible émissions pollution Toulouse
ZFE panneaux zone faible émissions pollution Toulouse
© Radio France - Bénédicte Dupont

Le premier comité de suivi depuis l'instauration des Zones à faibles émissions s'est réuni ce mardi. Avec plusieurs annonces pour les automobilistes qui roulent dans ces zones, notamment la mise en place de radars pour faire respecter la zone mais aussi l'augmentation des aides à la conversion.

Le ministère de la Transition écologique a tenu son premier comité de suivi des  Zones à faibles émissions ce mardi, avec les ministres des Transports et de la Transition énergétiques ainsi que les élus locaux concernés. Ces ZFE, déjà en place dans 11 zones urbaines en 2022, vont concerner une quarantaine d'agglomérations en 2025. A terme, pourront y circuler seulement les véhicules les plus propres, reconnaissables à leur vignette Crit’Air apposée au parebrise. Le ministre de la Transition énergétique a fait un certain nombre d'annonces.

Un radar qui détecte les véhicules polluants

A Paris et dans la petite couronne les Crit'Air 4 et 5 n'ont théoriquement plus le droit de rouler, mais jusqu'à présent, aucune sanction n'a été prise. Dans d'autres villes, notamment Toulouse, Lyon et Montpellier, les interdictions entreront en vigueur 2023. Pour sanctionner ces véhicules, le ministre Christophe Béchu annonce un "contrôle sanction automatisé sous forme de radar", mais seulement à partir du deuxième semestre 2024. Selon lui, ce système par lecture des plaques d'immatriculation permettra "d'y intégrer des dérogations, puisqu'on aura la liste de ceux qui sont concernés, ça peut valoir pour des véhicules d'urgence, ça peut valoir pour des personnes en situation de handicap". Les contrevenants s'exposeront à une amende "théoriquement de classe 4", soit 90 euros, a-t-il précisé.

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La surprime à la conversion étendue à toutes les ZFE

Jusqu'à présent, une surprime à la conversion de maximum 1000 euros était réservée aux habitants des collectivités qui offraient déjà une prime locale. "Nous supprimons la condition de réciprocité, et la surprime ZFE sera possible dans tous les territoires ZFE, pour tous les habitants de ces ZFE mais également pour les gens qui y travaillent, qui bénéficieront de cette surprime", a expliqué le ministre. Le ministre des Transports, Clément Beaune, a aussi annoncé un prêt à taux zéro garanti par l'État pour ceux qui achètent une nouvelle voiture moins polluante ou pour transformer sont véhicule thermique en électrique.

Les mobilités
4 min

Lors du Mondial de l'Auto, Emmanuel Macron avait déjà annoncé que le bonus écologique pour l'achat d'un véhicule électrique va être porté de 6.000 à 7.000 euros pour la moitié des Français les plus modestes. "Nous avons une surreprésentation de ménages modestes parmi ceux qui possèdent les véhicules les plus polluants", a souligné le ministre des Transports. En effet, 38% des ménages les plus précaires ont une voiture Crit'air 4 ou 5, selon l'Insee.

ZFE maritimes à l'étude

Le comité de suivi des ZFE a également annoncé le lancement d'un "groupe de travail sur les ZFE maritimes" pour prendre en compte la pollution produite par l'activité maritime dans des villes comme Marseille ou La Rochelle.

Qu'en pense l'opposition ?

"Ces réponses vont dans le bon sens", salue ce mardi sur franceinfo David Belliard, adjoint EELV à la mairie de Paris chargé des mobilités. L'écologiste salue les différentes primes à la conversion, mais estime qu'"au regard du prix de certaines automobiles électriques, on est encore loin du compte". David Belliard dit observer "une proportion importante des véhicules Crit'Air 3 en Seine-Saint-Denis [qui seront interdits en 2025 dans les ZFE, ndlr], et notamment dans les zones les plus modestes". L'adjoint à la mairie de Paris ne veut pas que ce dispositif "se transforme en bombe sociale".

Eric Piolle, le maire EELV de Grenoble, retient aussi sur France Inter "la volonté d'avancer". Il est venu avec plusieurs demandes : "des aides plus importantes pour changer le véhicule et le moteur", "des RER métropolitains", des "voies pour le covoiturage", "des infrastructure pour le vélo" et "du contrôle". Il reproche sur ce point que le contrôle des véhicules ne commence qu'en 2024. Interrogé par France Inter, Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), salue tout de même ces contrôles automatisés qui vont remplacer les contrôles aléatoires "qui ne sont pas satisfaisants" actuellement.