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Ratés, lourdeurs administratives : ce que révèle le rapport d'inspection sur le féminicide de Mérignac

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Des fleurs déposées à Mérignac en hommage à Chahinez, victime de son ex-mari
Des fleurs déposées à Mérignac en hommage à Chahinez, victime de son ex-mari
© AFP - Stéphane DUPRAT / Hans Lucas

Le 4 mai, une jeune femme de 31 ans, Chahinez, était assassinée près de Bordeaux par son ex-mari, récidiviste, activement recherché et visé par une plainte pour agression. La mission d’inspection commandée par plusieurs membres du gouvernement fait notamment le constat d'une coordination désastreuse entre services.

C'est un rapport qui fait froid dans le dos : il y apparait clairement que Mounir, l'ex-mari de la victime, aurait pu être interpellé facilement entre les mois de mars et de mai. Autrement dit, entre la plainte de Chahinez parce que son mari l'avait de nouveau frappée, et le jour où il l'a tuée, d'un coup de fusil avant de la brûler vive.

Selon le texte, il y a eu dans ces deux mois des ratés de la police, mais surtout des lourdeurs administratives et une communication dégradée entre la police, l'autorité judiciaire et le suivi pénitentiaire.

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Une victime perdue dans un océan de fichiers et formulaires

Le constat est clair : une multitude de fichiers, de formulaires à remplir (pas forcément compatibles entre eux) ou encore de COPIL (les comités de pilotages, où ceux qui y siègent n'ont pas toujours les bonnes informations des services qu'ils représentent). C'est ainsi que Mounir, dont on connaissait l'adresse, le lieu de travail et même l'immatriculation de son véhicule, n'a pas été interpellé pendant ces deux mois où il était pourtant "activement recherché".

Ajoutons à cela une coordination tout aussi hasardeuse dans les dispositifs de protection de la victime qui, par exemple, n'a même pas été informée de la libération de son conjoint violent. Chahinez n'a pas bénéficié non plus de la moindre mesure concrète pour l'isoler de son futur meurtrier.

À la fin de la lecture de ce rapport, il apparaît qu'il faut certainement imaginer de nouvelles mesures, mais peut-être avant tout améliorer les dispositifs existants, et renforcer les effectifs dans la police, la justice et les services d'insertion et de probation.