Onde de choc dans la classe politique après l’agression du maire d’une ville d’Isère
Par La rédaction numérique de France Inter, AFPLes réactions de la classe politique, nombreuses, témoignent du soutien apporté au maire du Péage-de-Roussillon. L'élu a déposé plainte samedi après avoir été agressé la veille, avec sa famille, dans un restaurant d’Avignon.
Des personnalités politiques de différents horizons ont été nombreuses à réagir après l'agression du maire du Péage-de-Roussillon, André Mondange. L'élu divers gauche a été physiquement agressé à Avignon (Vaucluse), dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu'il se trouvait dans un bar avec ses proches. "On a été agressés par des jeunes qui se sont identifiés comme des nationalistes", a déclaré l'édile, encore marqué au visage par les coups reçus.
Au niveau du gouvernement, les cabinets de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, et de Dominique Faure, la ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales, ont pris contact avec le maire isérois pour lui témoigner le "soutien" du gouvernement, indique franceinfo.
De nombreux autres élus de tous bords se sont également prononcés. Le maire de Cannes, David Lisnard (LR), par ailleurs également président de l'Association des maires de France (AMF) a demandé "Vite, un sursaut régalien et civique !" : "Une fois encore, un maire fait face à un déchaînement de violence, y compris contre ses proches". "L'abjection des propos et la lâcheté des individus doit nous rappeler que les extrêmes demeurent une menace à laquelle la justice doit répondre sans faillir", a également déclaré Laurent Wauquiez, le président LR du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, dans un communiqué.
"Les loups sont lâchés"
Mais de nombreux responsables politiques de gauche n'hésitent pas à faire le lien entre cette agression et les débats politiques de ces derniers mois, notamment l'adoption du projet de loi immigration. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, le motif est clair : "Le maire de Péage-de-Roussillon, agressé par des individus se revendiquant de l’extrême droite. Le motif ? Être de gauche et avoir une fille métisse". Selon lui, "les loups sont lâchés et se croient désormais légitimés par la force du RN et l’abdication du pouvoir".
Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a également dit sur X son "total soutien à, maire de Péage en Roussillon, lâchement agressé avec sa famille, par des militants d'extrême droite" : "Les élus sont en première ligne face à cette insoutenable violence ! La condamnation doit être à la hauteur !"
Pour Thomas Porte, député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis, "L’extrême-droite est un danger. Soutien au maire de Le Péage-de-Roussillon André Mondange agressé par des militants d’extrême-droite".
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a écrit, elle : "Total soutien à André Mondange. La multiplication d’agression racistes et d’attaques des symboles républicains montre le vrai visage de l’extrême droite qui menace notre démocratie. Plutôt que de reprendre ses idées il y a urgence à la combattre !". Quant à Eric Piolle, maire de Grenoble, il a assuré le maire André Mondange de son plein soutien et écrit : "Voilà la réalité de l'extrême droite !"
"Le maire est très affecté par le caractère raciste de l’agression ciblant initialement ses proches", raconte sur Facebook le député LR d'Isère, Yannick Neuder, qui a "pris contact avec lui". Joint par France Inter, le parlementaire explique qu'André Mondange "a des douleurs un peu partout" et rappelle qu'il a "le visage bien tuméfié". Sur le plan psychologique, "c'est vrai qu'il est atteint". "Qu'il soit maire ou pas, peu importe, ces agressions gratuites sont ignobles, il n'y a pas d'autre mot pour les qualifier(...) Ce contexte toujours plus inquiétant d’atteintes verbales et physiques ciblées sur nos élus, notamment maires doit nous alerter", souligne-t-il.
"Battus par les mots, ils sont passés à la violence"
André Mondange a expliqué que les faits s'étaient déroulés après une soirée dans un pub d'Avignon où il se trouvait avec sa famille "à l'occasion du dépôt de la thèse d'histoire de (s)on neveu" à l'université de la ville.
L'édile dit avoir été approché par un groupe de jeunes,venus d'abord lui parler "comme des gens normaux" avant de lui poser des questions sur sa cocarde d'élu "bleu blanc rouge": "Je leur ai dit que j'étais maire, d'une ville de 7000 habitants entre Valence et Lyon". Puis les choses ont dérapé "20 minutes après, au moment de la fermeture du pub sur la terrasse" quand ces mêmes jeunes lui ont demandé son "appartenance politique".
Refusant de le faire, en soulignant que "c'était privé", le maire dit avoir été pris à partie avec sa famille. "Ils se sont adressés à ma fille qui est métisse et là, ils ont tenu très clairement des propos racistes, sans ambiguïté", a souligné André Mondange. Sa famille a réagi en disant qu'elle ne "pouvait pas entendre de paroles aussi indignes".
"Ces gens-là, quand ils se sont trouvés battus par les mots, sont passés à la violence", a-t-il ajouté. Un des jeunes aurait alors tenté de "porter un coup avec une bouteille de bière à la main", qui a touché une de ses nièces.
"À ce moment-là, très clairement, on était en danger", il a fallu "intervenir pour protéger le groupe familial" et "il en a résulté une bagarre", a-t-il ajouté, interrogé par BFMTV.
Des agressions contre les élus en hausse de 15% en 2023
André Mondange et sa famille ont ensuite "trouvé refuge à l'intérieur du bar", a précisé dans un communiqué la préfecture du Vaucluse, ajoutant que le maire avait déposé plainte "pour violence volontaire aggravée par sa qualité d'élu, violence volontaire avec arme par destination et injures et propos à caractère raciste". Une enquête judiciaire a été ouverte, selon la même source.
De son côté, le président de l’Association des maires ruraux de France, Michel Fournier, attend lui des "réponses claires" après cette agression : "Il faut aussi que la justice sanctionne d'une façon forte, vraiment très forte (...) parce qu'il faut que ça marque les esprits". Selon le ministère de l'Intérieur, les agressions envers les élus devraient augmenter de 15% en 2023, après une hausse de 32% l'an dernier.