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Record de contaminations, variant "double mutant" : l'Inde subit un retour brutal de la Covid-19

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À New Delhi, le nombre de cas positifs dépasse les 25 000 en 24 heures.
À New Delhi, le nombre de cas positifs dépasse les 25 000 en 24 heures.
© AFP - MAYANK MAKHIJA / NURPHOTO

L'Inde fait face à une violente deuxième vague de l'épidémie de Covid-19. Pour desserrer la pression sur les hôpitaux, les autorités indiennes imposent un confinement dans la capitale New Delhi à partir de lundi, pour une semaine. Retour en 5 chiffres sur la situation sanitaire dans ce pays de 1,3 milliard d'habitants.

Les autorités de New Delhi imposent un confinement d'une semaine à partir de lundi soir aux habitants de la capitale indienne, pour tenter de contenir la flambée de cas de Covid-19 et de faire retomber la pression sur les hôpitaux. "Si nous n'imposons pas maintenant un confinement, nous allons au devant d'une catastrophe encore plus grande", a annoncé le chef du gouvernement local Arvind Kejriwal.

Plus de 25 000 cas en 24 heures à New Dehli

C'est la ville la plus touchée dans le pays, avec 21 millions d'habitants et plus de 25 000 cas recensés en 24 heures. Près du tiers des personnes testées sont positives, la capitale détient ainsi le plus fort taux de contamination dans le pays. Pour Arvind Kejriwal, chef du gouvernement local, a situation est "terrible et inquiétante"

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273 810 cas en 24 heures

Depuis mars, l'Inde est confrontée à une deuxième vague de l'épidémie, qui ne cesse de progresser. Lundi, le pays recense un record de nouvelles contaminations : 273 810 cas en 24 heures. C'est le cinquième jour d'affilée que le pays franchit la barre des 200 000 nouveaux cas en une journée. À titre de comparaison, au pic de la première vague au début de l'année 2020, le pays comptait un peu moins de 100 000 nouveaux cas par jour. Le doublement du nombre de cas augmente la pression sur les hôpitaux, qui manquent de lits et de matériel pour soigner les patients atteints de la Covid.

Le nouveau variant B.1.617

Les autorités expliquent la montée des cas de contamination par l'émergence d'un nouveau variant, détecté en décembre 2020. De son nom scientifique B.1.617, le nouveau variant indien présente une double mutation, qui fait craindre une plus grande résistance aux vaccins et une plus grande capacité de transmission, notamment chez les jeunes et les enfants. "L'année dernière il n'y avait pratiquement pas d'enfants hospitalisés", s'inquiète Khusrav Bakan consultant à l'hôpital P. D. Hinduja National de Bombay.

Selon le chef du gouvernement local de New Delhi, 65  % des nouveaux patients ont moins de 45 ans. Sur tout le territoire, le variant est présent dans 24 % des échantillons entre février et mars. Surnommé le "double mutant", B.1.617 a déjà dépassé les frontières de l'Inde. Des cas ont été repérés au Royaume-Uni, à Singapour, en Australie et aux États-Unis. Pour l'instant, il n'existe pas de preuve qu'il soit présent en France.

4ème pays le plus endeuillé au monde

L'Inde est le 4ème pays en termes de nombre de morts de la Covid-19 : 178 769 décès depuis le depuis de la pandémie, derrière les États-Unis (567 217 décès), le Brésil (373 335 décès) et le Mexique (212 339 décès). Samedi 17 avril, l'Inde a dépassé le Brésil en battant le triste record de pays le plus endeuillé du monde en une journée avec 1 341 morts. Depuis le début de la pandémie, le pays compte 14 788 190 cas.

Seuls 8 % de la population sont vaccinés

En Inde, 107 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin. Le chiffre semble impressionnant, mais rapporté à la population totale, il ne représente que 8 % des Indiens. Deux vaccins sont autorisés dans le pays, le Covishield, une version de la formule AstraZenaca produite sur place et le Covaxin, un vaccin indien développé par la société Bharat Biotech et le Conseil indien de la recherche médicale.

Pour atteindre l'objectif fixé par le gouvernement de 300 millions de personnes vaccinées d'ici juillet 2021 (soit environ un quart de la population), le contrôleur général des médicaments de l'Inde a donné son feu vert au vaccin russe Spoutnik V pour une distribution dès le mois de mai. Les vaccins Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson devraient également être prochainement autorisés.