Publicité

Réforme de l'assurance-chômage : "On n'arrêtera pas, on ne lâchera rien"

Par
Le monde du spectacle, de l'événementiel ou du tourisme s'est donné rendez-vous à Paris contre la réforme de l'assurance-chômage.
Le monde du spectacle, de l'événementiel ou du tourisme s'est donné rendez-vous à Paris contre la réforme de l'assurance-chômage.
© Radio France - Kathleen Comte

Alors que la réforme de l'assurance-chômage doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain, elle est loin de faire l'unanimité. Les personnes concernées par les changements qu'elle va engendrer se mobilisent pour son annulation. Ce jeudi, une trentaine de manifestants étaient rassemblés place de la Concorde à Paris.

Ce jeudi, une trentaine de manifestants du monde du spectacle, du tourisme ou encore de l'événementiel étaient rassemblés place de la Concorde à Paris pour une action coup de poing contre la réforme de l'assurance-chômage à l’appel de la CGT spectacle. Maîtres d'hôtels, extras, guides conférenciers, intermittents, gens du spectacle ou encore de l'événementiel... Tous sont opposés à cette réforme gouvernementale qui doit entrer en vigueur à partir du 1er juillet. Parmi les points épineux : le système de bonus-malus sur les contrats courts pour les employeurs, le durcissement des conditions d'accès pour ouvrir de nouveaux droits au chômage mais aussi le nouveau mode de calcul des allocations qui prendra désormais en compte les jours non travaillés. 

À travers cette loi - remise sur le tapis en pleine crise économique - le gouvernement affirme pourtant vouloir lutter contre la précarité liée à la hausse des contrats courts et supprimer des injustices dans le mode d'indemnisation.

Publicité
Une action coup de poing contre la réforme de l'assurance-chômage était organisée ce jeudi à Paris.
Une action coup de poing contre la réforme de l'assurance-chômage était organisée ce jeudi à Paris.
© Radio France - Kathleen Comte

Sur place, les manifestants ont installé des tables et des banderoles tandis que des maîtres-hôtels, serviette sur le bras et plateau en argent à la main, faisaient semblant de servir du faux champagne. Certains protestataires déambulaient avec faux menus autour du cou...  Un faux restaurant a été mis en place pour se moquer - comme l'ont déclaré les manifestants - des diners clandestins dans des palaces parisiens. Une mise en scène suivie d'un discours : "Au menu : pour le plat, le retrait de la réforme de l'assurance chômage et en dessert, une année blanche pour toutes et tous."

Une trentaine de personnes étaient rassemblées place de la Concorde. Une mise en scène de faux restaurant était organisée avant l'arrivée des policiers.
Une trentaine de personnes étaient rassemblées place de la Concorde. Une mise en scène de faux restaurant était organisée avant l'arrivée des policiers.
© Radio France - Kathleen Comte

Mais à peine le discours terminé, des policiers sont arrivés place de la Concorde. Le rassemblement n'étant pas autorisé, ils ont voulu effectuer un contrôle d'identité des personnes présentes sur place et les disperser. Une demande refusée par les manifestants. Le ton est donc monté, du gaz lacrymogène utilisé par les forces de l'ordre. 

Le ton est monté entre les manifestants et la police qui a voulu effectuer un contrôle d'identité.
Le ton est monté entre les manifestants et la police qui a voulu effectuer un contrôle d'identité.
© Radio France - Kathleen Comte

Finalement, après quelques minutes, la situation s'est calmé. Mais Jane, une manifestante - clown dans le milieu du spectacle - a tenu à exprimer sa colère : "On faisait une action pacifique et ils veulent nous donner envie d'arrêter mais on n'arrêtera pas, on ne lâchera rien__."

Les manifestants ont été raccompagnés jusqu'au métro par les policiers présents.
Les manifestants ont été raccompagnés jusqu'au métro par les policiers présents.
© Radio France - Kathleen Comte

Car les manifestants sont avant tout là pour faire passer un message. C'est le cas de Lyazid Ibn Salah, maître d'hôtel : "Nous enchaînons des contrats à durée déterminée qui peuvent aller d'une seule journée à 15 jours ou trois semaines et puis après plus rien pendant un temps. Le mode de calcul d'avant était un mode de calcul juste parce que le nombre de jours travaillés était comptabilisé à la réalité."

"La ministre du Travail ne comprend rien de nos métiers, elle pense qu'on est des profiteurs alors que nous on veut travailler" (une manifestante)

Plus loin, Emmanuelle Collet, membre de la FMITEC, la Fédération des métiers intermittents du tourisme, de l'événementiel et de la culture. En tant qu'accompagnatrice de voyage, elle est intermittente hors spectacle. Son activité est à l'arrêt total "et c'est à ce moment-là qu'Elisabeth Borne décide de faire passer la réforme de l'assurance chômage", s'étonne Emmanuelle. "Le moment est totalement inopportun." Emmanuelle Collet fonctionne sur des contrats à durée déterminée, des contrats courts et ne peut "pas être en CDI". Et Emmanuelle de poursuivre, "avant le Covid, on travaillait et c'était notre fonctionnement, on cotisait. Nous n'avons même pas d'année blanche, on n'a le droit à rien [...] ll n'y a rien à garder dans ce projet de loi. On voudrait également le retour à l'annexe IV, l'annexe modifié en 2014 qui nous a différenciés des intermittents du spectacle." 

Un message que le monde du spectacle et de l'événementiel compte bien continuer à porter dans les prochaines semaines puisqu'une manifestation contre la réforme de l'assurance chômage est prévue ce vendredi à 14h place d'Italie à Paris.