Réforme des retraites : à ce stade, le texte serait bloqué par les députés, selon notre pointage du groupe LR

Publicité

Réforme des retraites : à ce stade, le texte serait bloqué par les députés, selon notre pointage du groupe LR

Par
Olivier Marleix, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, s'exprime dans l'hémicycle.
Olivier Marleix, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, s'exprime dans l'hémicycle.
© AFP - Julien de Rosa

La réforme des retraites sera examinée à l'Assemblée nationale à partir du 30 janvier. Mais France Inter a sondé les députés Les Républicains, décisifs pour faire passer le texte et, si le vote devait avoir lieu aujourd'hui, il n'est pas dit que le texte trouverait une majorité absolue.  

Les 62 députés Les Républicains, ostensiblement ciblés par Élisabeth Borne depuis plusieurs semaines, voteront-ils d’un seul bloc "pour" la réforme des retraites ? Rien n'est moins sûr et, pour le savoir, France Inter a contacté les parlementaires un à un avec une seule et même question : “Si le scrutin avait lieu aujourd’hui, comment voteriez-vous ? Pour, contre ou abstention ?” Et un an après une présidentielle pendant laquelle la candidate de la droite, Valérie Pécresse, avait défendu la retraite à 65 ans, les résultats de notre sondage ont de quoi surprendre.

En effet, sur 62 députés LR, seuls 15 nous ont assuré qu’ils voteraient "pour" le texte proposé lundi en conseil des ministres par la Première ministre et qui arrivera à l'Assemblée nationale lundi 30 janvier. Pire, ils sont plus nombreux au sein du groupe à s’y opposer : 16 élus voteraient aujourd’hui "contre" ce Projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificative (PLFSSR). On dénombre également sept "abstentions" et quatre "indécis", les 20 députés restants ayant refusé de répondre à nos sollicitations.

Publicité

À ce stade, le texte ne passe pas

On connaissait la réticence vis-à-vis de cette réforme pour Aurélien Pradié, député LR du Lot et candidat malheureux à la présidence du parti, mais il est donc loin d’être isolé. Des projections de mauvais augure pour le gouvernement : car avec 249 députés, la majorité a, à condition qu'elle fasse le plein dans ses rangs et dans la configuration actuelle de l'Assemblée nationale qui compte cinq sièges non pourvus en raison de législatives partielles, besoin de 38 voix venues de l’opposition pour s’assurer la majorité absolue.

Manifestement gêné par notre démarche, Olivier Marleix, président du groupe LR, a expressément demandé à ses députés de ne pas répondre à nos questions. Lui-même n’y a pas donné suite. Mais le silence de 20 élus fausse-t-il le résultat ? D’après nos calculs, non. Même si tous votaient "pour", cela ne totaliserait que 35 voix favorables, soit moins que les 38 voix nécessaires. À ce stade, le texte ne passe donc pas, à moins que les indécis prennent tous parti en faveur du texte.

Nous avons également consulté le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT), un temps ciblé par Matignon. Sur 20 députés, le résultat est sans appel : 19 nous assurent qu’ils voteront "contre" le texte, un dit vouloir s'abstenir. Le groupe LIOT ne sera donc d’aucune aide pour le gouvernement.

Crise ouverte à LR

Eric Ciotti a-t-il alors été trop vite en topant avec Élisabeth Borne à Matignon ? Le 12 janvier dernier, le nouveau patron des LR s’était affiché, avec Olivier Marleix et Bruno Retailleau (chef de file des sénateurs LR) dans la cour de Matignon après un entretien avec la Première ministre. Il s’était alors félicité qu’un accord ait été trouvé sur la revalorisation des petites retraites à 85 % du SMIC.

Pourrait-il être démenti par ses propres troupes ? Le député des Alpes-Maritimes a manifestement compris le message envoyé par les frondeurs de son parti. Mercredi, il rencontrera l’un des opposants à la réforme, le patron de la CFDT, Laurent Berger.