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Relocaliser l'industrie oui, mais comment ?

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À Onnaing (Nord), les chaines de production de la Yaris de l'usine Toyota à l'arrêt plusieurs jours face à la pénurie de semi-conducteurs
À Onnaing (Nord), les chaines de production de la Yaris de l'usine Toyota à l'arrêt plusieurs jours face à la pénurie de semi-conducteurs
© Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Dans un rapport que France Inter a pu consulter, le Conseil d'Analyse économique propose au gouvernement une "stratégie de résilience dans la mondialisation".

La pandémie a-t-elle donné un coup d'arrêt à la mondialisation ? Les ruptures d’approvisionnement en provenance de Chine, les pénuries de matériel médical et de masques pour lesquels la France et l’Europe dépendent des importations, ont mis en lumière certaines fragilités liées au partage international de la production (chaînes de valeur mondiales). Pour autant, faut-il s’attendre à un tournant dans le processus de mondialisation ? 

Qu'un bateau bouche le canal de Suez, qu'une pandémie empêche les usines de tourner, et voilà qu'à l'autre bout de la Terre les pièces détachées manquent et d'autres usines sont mises à l'arrêt. C'est pour éviter ce type de tension, que les deux auteurs du rapport proposent une analyse des "intrants", des composants de l'industrie les plus vulnérables à la mondialisation. 

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La mondialisation se transforme en goulot d'étranglement

À partir des données des douanes, les économistes identifient 614 composants vulnérables, concentrés entre les main d'un ou deux fournisseurs situés hors de l'UE. Cela représente 4% de la valeur totale des importations en France. Mais ce qui fragilise la chaine de production c'est qu'"une seule entreprise peut avoir la charge de l'ensemble de la production à un point donné de la chaine" relève le rapport. Exemple dans le secteur de la chimie, qui représente plus d'un tiers des produits concernés : l'iode, certains antibiotiques, ou encore les principes actifs de médicaments. Environ un tiers viennent des États Unis, 15% de Chine. Sont cités aussi des appareils médicaux comme les IRM, mais également certains biens de consommation comme les consoles de jeux ou les parasols, même "s'ils apparaissent moins stratégiques".

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Relocaliser ou diversifier ?

En l'absence de critères objectifs, "le risque de détournement des fonds publics par les lobbies est important", alertent les auteurs, d'où la nécessité d'établir des critères pour juger de l'efficacité des subventions publiques. Il n'est pas toujours utile de relocaliser la production : dans certains cas, on peut diversifier les approvisionnements ; dans d'autres, comme les masques de protection anti Covid, on peut subventionner des stocks. Finalement, la subvention publique ne devrait être consacrée qu'à favoriser l'innovation pour relocaliser la production en France, dans les secteurs technologiques qui ont de l'avenir, ainsi les semi-conducteurs pour l'automobile, secteur où l'UE a un avantage comparatif fort. 

Cette liste devrait être utilisée dans le cadre de l'appel à projet "Plan de relance pour l'industrie, secteurs stratégiques".