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Rentrée scolaire : il manque au moins un enseignant dans près de deux tiers des collèges et lycées

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Une salle vide dans un collège parisien
Une salle vide dans un collège parisien
© AFP - MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS

Deux semaines après la rentrée, le manque de professeurs se fait toujours sentir dans les collèges et lycées. Dans 62 % des établissements, il manque au moins un professeur.

"La rentrée n'est pas techniquement aussi réussie qu'on l'aurait souhaité", estime Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du syndicat SNPDEN et proviseur en région parisienne. Le principal syndicat des chefs d'établissements a mené sa traditionnelle enquête de rentrée. Son questionnaire a reçu 2600 réponses, soit un tiers de l'ensemble des collèges et lycées. Résultat : "On peut dire a priori que les chiffres sont meilleurs que l'année dernière. Sauf que pour une année normale, c'est-à-dire par rapport à 2019, la dernière année sans Covid, on a un certain nombre d'établissements pour lesquels les difficultés de recrutement et d'affectation d'enseignants restent importantes." D'après cette enquête, "dans près de deux établissements sur trois, il manque encore au moins un enseignant après la rentrée".

Dans le détail, l'enquête montre qu'actuellement, au niveau national, près de 37 % seulement des établissements ont leur équipe au complet. Près de 28 % ont un seul professeur manquant, et 35 % ont plus d'un enseignant qui manque à l'appel.

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Déséquilibres géographiques

Les disparités académiques sont flagrantes. "Il y a des déséquilibres géographiques importants", poursuit Bruno Bobkiewicz. "Certaines académies sont plus en tension que d'autres. On prend souvent l'exemple de l'académie de Créteil, qui rencontre plus de difficultés de ce point de vue. Et il y a des académies où le taux d'affectation est très élevé, à Limoges par exemple où la problématique est très différente." Ainsi, 88 % des collèges et lycées de l'académie de Limoges ont tous leurs enseignants, tandis que 23 % de ceux de l'académie de Créteil sont dans le même cas.

Parmi les académies les moins en tension, on compte également celles d'Amiens, de Clermont-Ferrand, de Dijon et de Reims, où plus de 50 % des établissements déclarent avoir tout leur personnel. À l'inverse, outre la région parisienne et des départements et territoires d'outre-mer, les académies de Bordeaux, Grenoble, Orléans-Tours et Metz-Nancy font face à une grave crise du recrutement, avec tout au plus 20 % de collèges et lycées qui bénéficient d'une équipe complète.

Des disparités selon les matières

Les disciplines ne sont également pas toutes logées à la même enseigne. "Au collège, la technologie pose particulièrement problème", précise le représentant des chefs d'établissements. "L'enseignement professionnel connaît des déficits importants dans certaines matières, avec là aussi des écarts géographiques importants. Dans certaines disciplines, on note des surplus, c'est-à-dire des enseignants qui sont en attente d'affectation, alors que dans d'autres académies, les enseignants manquent. Il y a là un problème d'équilibre d'une académie à l'autre."

Or, les enseignants sont affectés dans une académie en particulier pour au moins une année scolaire. Le SNPDEN dénonce un manque d'équité sur le territoire.