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Retraites : quelles sont les propositions des principaux candidats à la présidentielle ?

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Les candidats à l'élection présidentielle ont des positions bien différentes concernant les retraites.
Les candidats à l'élection présidentielle ont des positions bien différentes concernant les retraites.
© AFP - *

Faut-il avancer ou reculer l’âge de départ à la retraite ? Les candidats à l’élection présidentielle ont pour la plupart présenté leurs propositions. L’âge légal est aujourd’hui de 62 ans pour les salariés nés après 1955.

C’est un marqueur politique fort, et cette question devrait animer les débats avant le premier tour de l’élection présidentielle. Quel avenir pour les retraites ? L’âge légal du départ à la retraite doit-il être avancé, ou reculé ? Le régime actuel prévoit un départ à 62 ans, avec une durée de cotisation comprise en 41,5 et 43 ans. Il est fixé à 60 ans, pour les personnes nées avant 1955. Durant le quinquennat, la réforme souhaitée par le Président Macron a été suspendue. 

Le chef de l'État compte revenir à la charge, et augmenter l’âge de départ, comme Valérie Pécresse (LR) et Éric Zemmour (Reconquête). Marine Le Pen (RN) doit elle donner une position claire jeudi. À gauche, enfin, la retraite à 60 ans est aussi proposée par Jean-Luc Mélenchon (LFI), Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA). Tour d’horizon des propositions des candidats.

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Emmanuel Macron prévoit un report progressif à 65 ans

Ce jeudi 10 mars, le porte parole du gouvernement a donné un aperçu du programme du candidat Macron sur les retraites. L'actuel président proposera un allongement progressif de l'âge de départ à la retraite à 65 ans, "un minimum de retraite à 1 100 euros" pour les carrières complètes, et la "suppression des principaux régimes spéciaux", "par exemple de la RATP ou d'EDF, comme on l'a fait pour la SNCF pour les nouveaux entrants". Ce sera donc "une réforme de responsabilité", a défendu Gabriel Attal, sur RTL. "Il y aura une discussion avec les syndicats", a-t-il aussi souligné, ajoutant que le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, "pour le compte du candidat Emmanuel Macron, présente (ce) projet de réforme à la CFDT aujourd'hui à l'occasion d'une audition". 

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Concernant la retraite minimum pour les carrières complètes, il a rappelé que le gouvernement l'avait "fait déjà pour les agriculteurs", avec une retraite minimum portée pour eux à 85% du Smic puis "étendue ensuite aux conjoints et aux aidants".  Défendant le principe de cette réforme qui "fait partie des réformes prioritaires", le porte-parole du gouvernement a estimé qu'"on va avoir dans cette élection présidentielle un choix de société : est-ce qu'on veut encore pouvoir financer une protection pour les Français et investir pour les Français ? Nous on dit oui. Est-ce qu'on pense qu'il faut le faire en augmentant les impôts ? Nous on dit non. Et donc il faut travailler plus". "Il s'agit aussi de s'aligner sur la plupart de nos voisins et des pays comparables", a encore plaidé Gabriel Attal.

Marine Le Pen : "Refuser tout allongement de l’âge de départ à la retraite"

Est-ce un rétropédalage ? Car le départ à la retraite à 60 ans était l’une des mesures phares dans son programme de 2012 et 2017. La candidate du Rassemblement national s’engage à présent à "refuser tout allongement de l’âge de départ à la retraite". Marine Le Pen émet une exception, le départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations sera possible pour tous les Français qui ont "commencé à travailler avant 20 ans". "Ce nouveau système entrera en vigueur dès mon élection" précise la candidate lors de la présentation de son projet détaillé jeudi. 

La candidate propose que les personnes entrées dans la vie active "après 20 ans et cela jusqu'à 24 ans et demi" bénéficient d'un "système progressif de 160 à 168 trimestres de cotisation". "Plus l'âge d'entrée dans l'emploi sera bas, plus le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein sera lui aussi faible". 

Pour "toutes les personnes entrées dans la vie active à partir de 25 ans, les conditions de cotisation et d'âge sont inchangées par rapport à aujourd'hui. Après 42 annuités de cotisation, ils auront une retraite à taux plein". "Ce n’est pas un revirement", martèle le président du RN Jordan Bardella, mais une adaptation à la "situation économique"

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Marine Le Pen compte également revaloriser le minimum vieillesse à 1.000 euros net par mois, et indexer le montant des pensions de retraite sur l’inflation. 

Pour voir son programme, cliquez ici.

Éric Zemmour : "Il faut augmenter l’âge de la retraite et le porter à 64 ans"

Ses propositions sont encore floues, il n’y a aucune référence dans son programme. Le candidat d’extrême-droite milite pour un report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, ce qui fera "20 milliards d’économie" assure Éric Zemmour à BFM TV. Lors d’une interview à Nice-Matin, il affirme que "pour les gens qui ont commencé tôt, qui ont des métiers difficiles, ce sera modulé, ce sera la règle générale". Selon lui, cela permettra "de pérenniser le système de répartition, qui est en grand danger, car il y a de moins en moins de cotisants et de plus en plus de retraités"

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Valérie Pécresse : "Je propose d'aller jusqu'à 65 ans très progressivement"

La candidate Les Républicains souhaite allonger la durée du temps de travail, et fixer l’âge légal du départ à la retraite à 65 ans d’ici 2030. "Les Français qui sont usés par leur travail" ne seront pas concernés explique Valérie Pécresse sur RTL. Sa réforme des retraites sera lancée juste après son élection, dès le printemps 2022.

L'actuelle présidente de la région Ile-de-France compte également revaloriser "le minimum contributif à hauteur du smic net, c'est-à-dire 1.230 euros aujourd'hui. C'est un smic que je veux par ailleurs augmenter". Cette revalorisation doit également profiter, selon Valérie Pécresse, aux pensions de "tous ces conjoints collaborateurs d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs qui ont tant contribué à l’activité familiale."

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Anne Hidalgo : "Présidente, je sanctuariserai à 62 ans l’âge de départ à la retraite"

La candidate du Parti socialiste Anne Hidalgo promet que l’âge légal de départ à la retraite sera plafonné à 62 ans. Dans son programme, il est écrit : "Je m’attellerai à revaloriser les petites retraites, en portant les montants nets du minimum vieillesse à 1.000 euros et du minimum contributif à 1.200 euros, et en permettant que chaque heure travaillée ouvre à cotisation pour la retraite." Invitée de France Inter, ce jeudi 10 mars, la maire de Paris a d'ailleurs évoqué ses propositions sur ce sujet. Pointant "un problème de niveau des pensions" et "un problème de pensions pour les personnes qui ont des métiers pénibles", elle l'a assuré "Moi je réintroduis les critères de pénibilité et je garantis la retraite à 62 ans."

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La socialiste souhaite rétablir les quatre critères de pénibilité supprimés par le président sortant, ce qui permettra à certains travailleurs de prendre leur retraite plus tôt : la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et l’exposition aux agents chimiques. Pour financer ces mesures, Anne Hidalgo compte sur "l’augmentation généralisée des salaires, le maintien dans l’emploi des 55-62 ans, la lutte implacable contre la fraude et l’optimisation fiscale, qui privent les régimes sociaux de ressources précieuses."

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Christiane Taubira : "La retraite n’est pas une question comptable, c’est une question de justice"

Trois semaines après sa victoire à la Primaire populaire, le programme de Christiane Taubira est encore en cours d’élaboration. En remportant ce scrutin, la candidate doit s’engager sur certaines mesures, dont la retraite à 60 ans, comme on peut le lire dans le "socle commun"

Sur les réseaux, le 18 janvier dernier, l’ancienne ministre de la Justice affirmait : "La retraite n’est pas une question comptable. C’est une question de justice. Nous devrons réformer pour les carrières longues, pour les métiers pénibles, pour les plus vulnérables de notre pays". Il y a 20 ans, lors de sa dernière campagne présidentielle, Christiane Taubira s’était montrée en faveur d’une retraite par capitalisation au-delà d'un certain niveau de pension.

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Jean-Luc Mélenchon : "Ça sera 60 ans et quarante annuités !"

La réforme des retraites est l’une des mesures phares du programme de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de La France insoumise promet d’abaisser l’âge de départ à la retraite. "Ça sera 60 ans et quarante annuités !" a clamé le député lors d’un grand meeting à Nantes. Il souhaite également augmenter le niveau du SMIC et revaloriser les minimum vieillesses.

Pour financer sa mesure, Jean-Luc Mélenchon a plusieurs pistes, "on n'a qu'à mettre le salaire des femmes au niveau de ceux des hommes et les cotisations sociales feront la différence" explique-t-il à BFM Business. Il propose également la création d’un million d’emplois et "une sur-cotisation de deux points sur tous les salaires au-delà de 3.400 euros".

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Yannick Jadot : "Nous ne souhaitons pas reporter l’âge légal de départ à la retraite"

Le candidat d’Europe-Ecologie les Verts est resté jusqu’à présent discret sur la question de l’âge de départ à la retraite. Ce que l’on sait, c’est qu’en "aucun cas" il ne prévoit de reporter l’âge légal de départ à la retraite, comme on peut le lire dans son programme. "Nous permettrons au contraire à toutes celles et ceux qui ont exercé des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite". Il est en faveur du modèle par répartition. Fin janvier, Yannick Jadot rappelait sur France Inter "une différence d’espérance de vie de treize ans entre les 5 % les plus riches et les 5 % les plus pauvres".

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Fabien Roussel : "Une loi rétablira la retraite à 60 ans, à taux plein"

Comme de nombreux candidat à gauche, le candidat communiste promet un départ à la retraite à 60 ans, taux plein, pour une carrière complète "allant de 18 à 60 ans". "L’allongement de la durée de vie doit améliorer l’existence au lieu d’allonger le temps de travail" explique Fabien Roussel dans son programme. 

Cette mesure sera financée "par la protection sociale, par les cotisations". "Le départ à 60 ans avec une pension à taux plein sera garanti pour une carrière complète, allant de 18 à 60 ans, avec prise en charge des cotisations pour les périodes de non-travail (chômage, formation, études, congé parental, maladie, invalidité)." 

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Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Anasse Kazib : une retraite à 60 ans

Lors de la campagne de 2017, la candidate Lutte ouvrière Nathalie Arthaud militait pour un départ à la retraite à taux pleins, à 60 ans, avec 37,5 annuités de cotisations. Le leader du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou est sur la même longueur d’onde. Il souhaite lui aussi baisser l’âge légal de départ à la retraite, à 60 ans, voire 55 ans pour les métiers les plus pénibles. Le cheminot syndicaliste Annasse Kazib les rejoint. "Nous exigeons également le remplacement du système par répartition, financé avec les cotisations sur les salaires, par un impôt sur le grand patronat" peut-on lire dans son programme.

Nicolas Dupont-Aignan : "Maintenir l'âge minimum de départ à la retraite"

Dans son programme, le candidat Debout la France propose le maintien de l’âge de départ à la retraite. C’est-à-dire 62 ans. Il ne compte pas non plus faire évoluer le nombre d’années de cotisations requises. Pour augmenter le pouvoir d’achat des retraités, Nicolas Dupont-Aignan souhaite "indexer les retraites à minima sur l’inflation pour augmenter les retraites chaque année de manière juste".

Le programme précise également la manière : "Le système sera financé par l’augmentation du nombre de cotisants : nous mènerons une politique volontaire destinée à créer un million d’emplois et nous renforcerons la politique familiale afin d’assurer notre dynamisme démographique. En outre, nous récupérerons les cotisations des travailleurs détachés dont nous ne bénéficions pas à l’heure actuelle." Le député de l’Essonne prévoit aussi de supprimer le minimum vieillesse aux retraités étrangers qui n’ont pas assez cotisé en France, peu importe s’ils sont en situation régulière.

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