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RN, LR, PS très endettés, Macron et Mélenchon à l'abri : nous avons épluché les comptes des partis

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La Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis a publié les comptes 2020 des partis politiques
La Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis a publié les comptes 2020 des partis politiques
© Radio France - JB

En toute discrétion, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques vient de publier les comptes des partis pour l’année 2020. C’est la loi, tout est en ligne. Nous sommes les premiers à les avoir épluchés.

Comme chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis a publié les comptes 2020 des formations politiques françaises. Ils révèlent l'endettement massif du Rassemblement national, la situation financière très confortable du parti présidentiel, des dettes importantes au PCF et au PS et une profusion de micro partis.  

Marine Le Pen encore plus endettée

Les finances du Rassemblement national ne vont pas mieux. Malgré le grand emprunt qui a fonctionné auprès de ses adhérents (7,8 millions récoltés), Marine Le Pen a terminé l’année 2020 avec une dette de 23.782.530€, soit près d’un million de plus que fin 2019. Entre temps, la patronne du parti a remboursé son père : elle devait 4,3 millions au micro-parti Cotelec. Elle a également commencé à rembourser son prêt russe (9 millions), dont l’échéancier court jusqu’en 2028. Pour assainir un peu ses finances, elle a supprimé sept postes, soit 600.000€ de salaires en moins. Le RN compte 42 temps plein, et récolte autant d’adhésions que Les Républicains (1,3 millions). 

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Le parti présidentiel sur un nuage

Avec un excédent de plus de 7 millions d’euros, La République en marche affiche le plus beau bilan comptable, sans la moindre cotisation d’adhérent. Conséquence directe du raz-de-marée du premier tour des législatives de 2017. Le nombre de voix, ce jour-là, détermine le financement public pour les cinq années à venir. LREM touche, ainsi, 22 millions par an de l’Etat. Ils n’ont pas eu de mal à acquérir fin 2019 deux immeubles de bureaux dans le huitième arrondissement de Paris pour 35 millions, où travaillent à temps plein 90 personnes. 

Les communistes plus sereins que les socialistes

Dans cette campagne présidentielle, le candidat du PCF, Fabien Roussel, a l’air d’avoir doubler la candidate PS, Anne Hidalgo. D’un point de vue comptable, il n’y a aucun doute. Les communistes vont mieux que les socialistes. Le Parti communiste a reçu en 2020 près de 11 millions grâce aux dons et cotisations de leurs fidèles. Seule l’annulation de la Fête de l’Huma vient ternir leur bilan. Ils ont 6 millions de dettes, contre 8 au PS. La vente de Solférino était indispensable, mais pas suffisante pour passer au vert. Avec ses 162 salariés, le PS termine l’année 2020 sur un déficit de plus de 3 millions d’euros. Les législatives seront cruciales. Dans ces conditions, rare seront les accords avec les écolos. Chacun voudra sa part du gâteau. 

Les Républicains, de moins en moins de fans

Le parti a beau avoir, lui aussi, vendu son siège de la rue de Vaugirard, qu’il loue désormais, les comptes restent préoccupants. Vingt millions d’euros de dette. Des dons en chute libre : 600.000€ de moins après la claque des Européennes et le départ de Laurent Wauquiez. Les adhésions vont dans le même sens. Heureusement pour eux, François Fillon a bien remboursé les 5 millions qu’il devait au parti à l’issue de la présidentielle. Fin 2020, LR embauchait encore 84 personnes, l’équivalent du parti présidentiel avec une aide publique deux fois plus petite.

La France Insoumise : merci le bénévolat 

9 salariés pour faire tourner son parti. Jean-Luc Mélenchon fait donc appel à des dizaines de bénévoles au service de La France Insoumise. A titre de comparaison, en 2020, Europe Ecologie Les Verts embauchaient 25 personnes. LFI n’est pas dépensière, elle termine encore l’année avec un excédent de plus de 2 millions, et une dette d’à peine 300.000€. La crise sanitaire n’a pas empêché le mouvement de récolter deux fois plus de dons qu’en 2019, soit 883.000€. 

Sarkozy, Hollande, Le Maire : toujours autant de micro-partis

La Commission nationale des comptes de campagne a publié, fin février, les comptes de 572 partis. Parmi eux : "l’association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy" et "Répondre à gauche avec François Hollande". Les deux sont dans le rouge : 5.000€ à rembourser côté sarkozyste, 1.650€ de déficit chez Hollande. Alors que dans le même temps, le Parti pirate affiche un peu plus de 10.000€ d’excédents. Et "avec BLM", comprenez Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, aujourd’hui ministre de l’Economie, a récolté 19.500€ en 2020. Il fait mieux que le satellite de la majorité, censé faire vivre l'aile gauche, "Territoire de progrès" qui, en 2020, d’un point de vue comptable fut une coquille vide : 72€ de frais de déplacement, un confinement permanent.