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Royaume-Uni : un "bonjour mesdames et messieurs" dans un train provoque un débat sur l'inclusivité

LNER, compagnie de transports London North Eastern Railway
LNER, compagnie de transports London North Eastern Railway
© AFP - Tolga Akmen

Au Royaume-Uni, la compagnie ferroviaire LNER s'est excusée platement auprès d'un usager, heurté d'avoir entendu une annonce à bord d'un train commençant par "good afternoon, ladies and gentlemen". LNER promet d'être plus inclusif dans ses annonces.

Une annonce qui fait débat. Le message au haut-parleur d'un conducteur de train a engendré un débat au Royaume-Uni, qui a même amené un parlementaire à réagir. Il y a quelques jours, la compagnie de train London North Eastern Railway s'est excusée sur Twitter, après qu'un de ses conducteurs a souhaité la bienvenue aux "ladies and gentlemen" qui s'installaient à bord. Certains ont estimé que ce message n'était pas assez inclusif pour les personnes qui ne se retrouvent dans aucun de ces deux genres. La compagnie s'est engagée à veiller à être plus inclusive à l'avenir.

"Good afternoon ladies and gentlemen..."

Tout a commencé par le message d'un utilisateur qui se présente comme "non-binaire", @laurencec123, qui s'est plaint sur Twitter d'avoir entendu le conducteur d'un train utiliser l'expression "Good afternoon ladies and gentlemen, boys and girls..." ("Bon après-midi mesdames et messieurs, les garçons et les filles") à l'adresse des passagers. "En tant que personne non binaire, cette annonce ne s'adresse pas à moi", a réagi cette personne dans un tweet qu'a pu consulter la presse anglaise (le compte a depuis basculé en privé).

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La compagnie London North Eastern Railway a répondu le 11 mai sur son fil Twitter : "Je suis vraiment désolé de voir cela, Laurence, notre personnel à bord ne devrait pas utiliser un langage comme celui-ci, et je vous remercie de l'avoir porté à mon attention, veuillez me faire savoir sur quelle liaison vous voyagez et je veillerai à ce que [les agents] restent aussi inclusifs que nous nous efforçons de l'être chez LNER."

Le journal The Independent  a contacté un porte-parole de LNER qui a confirmé l'intention de la compagnie, précisant que sa société est engagée en faveur de la diversité et de l'inclusion dans tout ce qu'elle fait pour ses clients, collègues et communautés.

La réponse de la compagnie a suscité un large débat outre-Manche, le parlementaire conservateur Mark Jenkinson allant jusqu'à estimer que ça n'avait "aucun sens" de s'excuser pour un tel message.

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D'autres commentaires ont bien sûr suivi, dont celui-ci : "Pourquoi ne pas dire bonjour tout le monde ?"

Le métro londonien a abandonné les annonces genrées

Ce souci d'inclusivité est réel depuis plusieurs années en Angleterre. Avec une langue où "the" ne veut dire ni "le" ni "la", mais où "ladies" diffère bien de "gentlemen", et sous la pression des associations LGBT auprès de la mairie de Londres, le métro londonien a abandonné les annonces genrées depuis 2017. De son coté, la compagnie Transports for London (TfL), a annoncé la fin du "Ladies and gentlemen" au profit du "Hi everyone", pour inclure toutes les sensibilités.

Si l'Angleterre semble sensible à ces questions, qu'en est-il ailleurs ? En 2019, Air Canada a également abandonné le "mesdames et messieurs" en français, et le "ladies and gentlemen" en anglais, pour adopter le "bonjour tout le monde" et le "hello everyone".

En France, on en est loin

En France, on n'en est pas tout à fait là. Le 11 janvier  2021, une plainte a été déposée contre la La SNCF par Le collectif Stop Homophobie, Mousse et 64 autres personnes devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). La plainte concerne, non pas les annonces à bord des trains, mais les questionnaires à remplir lors des achats de billets, sur lesquels il faut préciser si l'on est "M." ou "Mme", c’est-à-choisir de dire si l'on est homme ou femme. Elle se base en l'occurrence sur le respect des données personnelles, et les plaignants estiment que le genre n'est pas une information déterminante pour l'achat de billets.

Bien au-delà de la désignation des usagers des transports, les Pays-Bas et l'Allemagne, vont encore plus loin que les Britanniques dans leur réflexion sur l'affichage du genre des citoyens. Les mentions de genre, féminin ou masculin, ne figureront plus sur les cartes d'identité à partir de 2024.

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