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Rugby / Champions Cup : La Rochelle, l'éloge de la patience

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Vincent Merling, à la tête du Stade Rochelais, depuis 30 ans
Vincent Merling, à la tête du Stade Rochelais, depuis 30 ans
© Radio France - Fanny Lechevestrier

En rugby, pour la 6e fois de l'histoire, la finale de la Coupe d'Europe opposera ce samedi deux clubs français. D'un côté, Toulouse en quête d'une 5e étoile ; de l'autre, La Rochelle, qui vise un tout premier titre dans son histoire, portée par Vincent Merling, son président bâtisseur.

Stade Toulousain/Stade Rochelais, c'est l'affiche inédite ce samedi de la finale de Champions Cup de rugby. Face-à-face, les deux premiers du championnat. Deux clubs que France Inter vous fait découvrir tout au long de la semaine.  Et sur la route de la finale, on fait bien sûr une escale à La Rochelle, un club qui s'est hissé patiemment mais sûrement tout en haut de l'élite du rugby. Un club à l'image de son président Vincent Merling, sans esbroufe mais solidement campé sur ses deux jambes.

"Quelque chose dont on n'avait jamais rêvé" 

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Un président qui se fait discret dans les médias, il n’aime guère l’exercice et préfère le nous ou je, explique-t-il : "j'aime faire la preuve sur le terrain. Parler avant, parler après...c'est le terrain qui compte". Mais l’événement historique pour le club vaut bien une exception :  "c'est vraiment un moment extraordinaire, extrêmement fort, quelque chose dont on n'avait jamais rêvé, on n'osait pas. Je pense que l'on peut être fier du club, on doit être fier du Stade Rochelais", lâche Vincent Merling. Et tel un gamin, il ne cache pas son impatience : "on est excités avec l'envie d'y être. C'est aussi une forme de récompense. Jamais je n'aurais pensé que le Stade Rochelais puisse un jour disputer contre le Stade Toulousain une finale de Coupe d'Europe. Ce sont des grands moments d'émotion que l'on a envie de vivre très très vite maintenant. Et maintenant qu'on y est, c'est vrai qu'on a envie de la gagner__!"

Le modèle rochelais : une planification sur le long terme

Le Stade Rochelais, 8e budget seulement du championnat est l'un des plus vieux clubs de France encore en ProD2 il y a 7 ans, mais sa force, c’est justement sa construction progressive, un peu finalement comme Vincent Merling, ancien joueur, puis éducateur et aujourd’hui président depuis 30 ans. "On n'est pas des gens pressés, on a construit petit à petit, sans faire de bruit, avec une humilité qui nous a peut-être longtemps ralentis dans notre croissance parce qu'on n'a jamais pensé pouvoir faire partie des clubs qui pouvaient prétendre à des titres, à gagner une coupe. Mon Dieu que ce serait merveilleux pour tout le monde et peut-être, je vais le dire, mérité pour cette équipe et ce club qu'on gagne enfin ce premier trophée." 

À La Rochelle, souligne-t-il, à plusieurs reprises, c'est l'institution qui prime avec des joueurs qui doivent se fondre dans ce collectif : "l'important, ce sont les structures et l'équipe est venue ensuite. Ce n'est pas l'équipe d'abord et les structures après". Des structures qui se renforcent patiemment là encore, année après année, pour avoir aujourd'hui l'un des meilleurs centres de formation de France, un centre de performance aussi pour le joueurs de haute volée.  Mais tout cela en suivant donc une construction lente, où tout est réfléchi, planifié : "o_n est dans un monde professionnel, le budget bien sûr est important mais sincèrement, je pense qu'il faut être fidèle à l'institution, au message culturel qu'on a reçu. La culture d'un club, son identité, c'est primordial. On n'a pas changé, on est resté fidèle à nos valeurs, et quand on parle de grandir encore demain dans nos structures, ce sera plutôt après-demain. Demain, il va falloir combler les déficits occasionnés par la Covid, parce que je rappelle que 70% de notre budget est réalisé les jours de match mais on est serein par rapport à l'avenir, les présidents passent mais l'institution demeure, c'est elle qui est importante et l'institution est solide_".

Quant à sa succession à la tête du club, là encore, tout a déjà été prévu : "l'avenir est préparé" déclare Vincent Merling, "il n'y a pas d'inquiétude là-dessus, parce qu'encore une fois, le mot pérennité est quelque chose d'important pour l'institution et il ne faut pas faire, comme on dit pour certains joueurs, le match de trop. Je ne ferai pas l'année de trop". Le tout sans regret. Le seul qu'il a aujourd'hui, c'est que cette finale, ce moment historique, ait lieu loin de la France et des supporters rochelais : "malheureusement, un peu polémiste, mais c'est vrai que 3 clubs français en finale (avec Montpellier qui joue ce vendredi la Challlenge Cup), c'est quand même dommage de ne pas jouer en France, même si c'est dans le temple du rugby, un stade de Twickenham extraordinaire. Mais on aurait tellement voulu que ce soit chez nous", conclue-t-il.