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Salaires des profs, attractivité, retour des maths : les urgences du nouveau ministre de l'Éducation nationale

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Pap Ndiaye, nouveau ministre de l'Éducation nationale
Pap Ndiaye, nouveau ministre de l'Éducation nationale
© AFP - Xose Bouzas / Hans Lucas

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale reçoit depuis hier et encore aujourd'hui les syndicats des personnels, qui ont beaucoup de messages à lui faire passer. Et le ministre a des urgences à traiter. La situation très tendue exige qu'il prenne certaines décisions en priorité.

La rentrée de septembre se prépare maintenant, c'est même déjà presque trop tard ! Alors l'urgence des urgences est de s'assurer d'avoir un nombre suffisant de professeurs devant les élèves au 1er septembre. Les concours n'ont pas fait le plein cette année, de nombreux postes ne seront pas pourvus.

L'inquiétude monte dans les établissements et le ministre n'a pas beaucoup de solutions, si ce n'est recruter davantage de contractuels. "La marge de manœuvre est limitée", explique Jean-Rémi Girard, président du Snalc, Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur. "Le budget est lui aussi limité. On attend éventuellement qu'il demande une rallonge budgétaire pour essayer de recruter des contractuels pour gérer la pénurie. Mais c'est quelque chose qui est compliqué et qui n'est pas satisfaisant. Pour nous, le problème est à gérer à plus long terme, c'est à dire redonner de l'attractivité à nos métiers". Les syndicats demandent notamment une revalorisation des salaires, des conditions de travail et des carrières. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis d'augmenter les salaires, tout en parlant de rémunération au mérite. Mais ce vaste chantier sera pour plus tard.

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Ce que Pap Ndiaye va devoir trancher tout de suite c'est le retour des mathématiques dans le tronc commun en classe de Première au lycée. Le programme de cet enseignement est en préparation au Conseil supérieur des programmes. Il sera présenté mi-juin et validé fin juin. Certains syndicats, en particulier celui des chefs d'établissements du SNPDEN, réclament un report à 2023, de même que l'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP). Son président Sébastien Planchenault, lui-même enseignant en mathématiques dans l'académie de Versailles, estime qu'"avoir un programme publié fin juin, pour le mettre en pratique en septembre, c'est un peu précipité et que cela ne laisse pas de temps suffisant, à la fois aux professeurs pour se l'approprier et à la fois aux familles et aux élèves pour comprendre quels sont véritablement les enjeux de ce programme".

Le retour des maths en Première en question

Pour lui, "il est nécessaire de prendre un peu plus de recul et d'attendre 2023 effectivement". D'autant que ces programmes seront destinés dans un premier temps, si la mesure s'applique à la rentrée 2022, à des élèves de Première qui ne suivent pas la spécialité mathématiques. Mais l'année suivante les cours feront partie du tronc commun pour tous les élèves, qu'ils suivent ou non la spécialité. Il faut donc veiller à ce que les programmes de mathématiques du tronc commun et de l'enseignement de spécialité soient complémentaires. Sinon "il va y avoir une lassitude et un ennui des élèves", juge Sébastien Planchenault. "Il est préférable de prendre un peu plus de temps pour avoir une véritable cohérence", ajoute-t-il.

Aux syndicats qu'il recevait hier, le ministre de l'Education nationale a confirmé que le principe d'1h30 de mathématiques en plus en Première était acté, sans préciser l'année qui est encore en discussion. Son prédécesseur Jean-Michel Blanquer avait pourtant affirmé il y a deux semaines que la décision serait effective en septembre prochain. Le rétablissement des mathématiques dans le tronc commun implique des changements en termes de choix de combinaisons de spécialité et donc en termes d'emplois du temps. Les lycées attendent maintenant l'annonce officielle du ministre pour pouvoir s'organiser.