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Sarkozy, le Medef : ces soutiens que le camp Macron espère les plus discrets possible

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Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, le 25 février 2022 à l'Elysée.
Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, le 25 février 2022 à l'Elysée.
© AFP - Ludovic MARIN

Le possible soutien de l'ancien président Nicolas Sarkozy au candidat à sa réélection, Emmanuel Macron, n'est pas vu d'un bon œil pour nombre de députés macronistes et proches du gouvernement.

Dans cet entre-deux-tours, la liste des soutiens à Emmanuel Macron ne cesse de s’allonger. En plus de plusieurs candidats au second tour (Pécresse, Hidalgo, Jadot), la CFDT et le président du Sénat, Gérard Larcher, appellent à voter pour le président sortant. Mais cela n’arrange pas forcément la Macronie. Il y a des soutiens encombrants que les fidèles du président espèrent les plus discrets possible.

Ne pas renforcer l'aile droite de Macron

Sans surprise, le Medef a appelé lundi soir à voter pour Emmanuel Macron. Le syndicat patronal considère, à l’unanimité "que son programme est le plus favorable pour assurer la croissance de l’économie et de l’emploi". Mais un député LREM ne voit pas d’un bon œil ce soutien : "J’espère que ce communiqué passera inaperçu. Macron, le candidat du Medef, c’est un slogan facile pour Marine Le Pen."

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Mais les regards se tournent surtout vers un ancien président, discret depuis le début de la campagne. "Ce qui me fait peur, c’est le soutien de Sarkozy", lâche un de ses collègues de l'Assemblée. "Faut faire gaffe à l’effet répulsif qu’il peut susciter à gauche", ajoute une ministre. "Il a intérêt à s’exprimer discrètement", admet un membre du gouvernement. "Car en 2017, on venait de la gauche, on avait besoin d’assurance de droite. Aujourd’hui, c’est tout le contraire".

Le soutien de Sarkozy, à double tranchant

La Macronie préférerait donc un tweet de Nicolas Sarkozy au dernier moment qu’une interview dans un 20 heures dans les prochains jours, où la question d’un soutien à Emmanuel Macron lui sera forcément posée. Alors, ça s’agite en coulisse, reconnaît un député macroniste : "Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand est sensible à cette question, je pense qu’il fait en sorte que Nicolas Sarkozy ne prenne pas la parole trop tôt, trop fort".

"Le front républicain est à double tranchant", estime un pilier du parti. "C’est un peu le baiser de Judas : le système qui adoube son candidat. En face, c’est un boulevard pour le RN." Une ministre du gouvernement ajoute : "Notre défi est de faire sortir au maximum le vote contre Le Pen. En cela, Nicolas Sarkozy ne va pas nous aider. Son soutien est déjà acquis. La droite l’a compris."

Dans le Nord-Pas-de-Calais lundi, comme en Alsace mardi, Emmanuel Macron veut apparaître seul face aux Français, sans ministre, ni soutien à ses côtés. Le plus loin possible des affaires partisanes.