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Sea Shepherd dévoile les photos d'un gigantesque banc de poissons morts au large de La Rochelle

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La bande de poissons ferait environ 3 000 m2 selon l'ONG Sea Shepherd
La bande de poissons ferait environ 3 000 m2 selon l'ONG Sea Shepherd
- Capture d'écran Twitter - @SeaShepherdFran

Les images, publiées ce jeudi, montrent plusieurs dizaines de milliers de poissons morts. Selon l'ONG, ce sont des merlans bleus, utilisés pour fabriquer du surimi. La ministre de la Mer Annick Girardin a demandé l'ouverture d'une enquête administrative et précise qu'il s'agirait d'un "filet qui a lâché".

L'ONG Sea Shepherd, qui milite pour l'interdiction de la pêche en hiver dans le Golfe de Gascogne, a découvert une immense nappe de poissons morts flottant à 300 kilomètres des côtes de La Rochelle. 

Selon l’Association des Chalutiers Congélateurs Pélagiques (PFA), le chalut (filet) du "Margiris", le deuxième chalutier le plus grand au monde, s’est brisé, ce qui a entraîné le rejet des merlans bleus dans l'eau. La ministre de la Mer annonce l'ouverture d'une enquête administrative. 

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Photo aérienne de la nappe de merlus morts au large de La Rochelle
Photo aérienne de la nappe de merlus morts au large de La Rochelle
- Capture d'écran Twitter - SeaShepherdFran

3 000 m2 de poissons

Selon l'ONG, il y aurait "plus de cent mille merlus morts", sur une surface d'environ "3 000 mètres carrés". Les images, relayées sur les réseaux sociaux, ont choqué internautes et militants défenseurs de l'environnement. 

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Sea Shepherd sur la trace de 4 bateaux de pêche

L'ONG soupçonne quatre navires-usines de pêche d'être responsables de cette hécatombe, dont le Margiris, le deuxième plus grand chalutier au monde, long de 143 mètres. Ce bateau, géré par une société néerlandaise, est "banni en Australie", depuis la mobilisation de pêcheurs et d'habitants contre sa venue dans les eaux nationales. 

Le  Margiris, immatriculé en Lituanie, possède un filet de 600 mètres de long et peut contenir jusqu'à 6 000 tonnes de poissons.
Le Margiris, immatriculé en Lituanie, possède un filet de 600 mètres de long et peut contenir jusqu'à 6 000 tonnes de poissons.
© Maxppp - OLAF KRAAK/EFE/Newscom/

Dans un live Facebook réalisé hier, un militant de Sea Shepherd montre la technique employée par le chalutier pour pêcher environ 200 tonnes de poissons par jour, qui sont ensuite pompées directement dans les cales du bateau, la marchandise étant trop lourde pour être portée à bord. 

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Les autres bateaux identifiés au large, gérés par la même société, sont le "Afrika", le "Jospeh Roty" et le "Zeeland". 

Selon Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France interrogée par France 3, il s'agit de "captures accessoires", c'est-à-dire de poissons qui n'avaient pas vocation à être péchés et qui prennent de la place au fond des cales. Théoriquement, il leur est interdit de les rejeter, mais "ça les encombre et si ces poissons (...) ne sont pas ciblés par le navire, alors ils les rejettent" explique Lamya Essemlali_. _

Elle ajoute que les contacts passés avec les capitaines des bateaux n'ont rien donné "ils ont tous nié, tous les quatre. Mais nous on est sûr que c'est l'un des quatre".

La ministre de la Mer et la Commission européenne demandent des enquêtes

"J'ai demandé une enquête administrative", a dit devant la presse Annick Girardin, la ministre de la Mer, en marge d'une rencontre avec des professionnels de la pêche à Saint-Jean-de-Luz ce vendredi. "Le navire s'est identifié de lui-même en bout de course. L'armateur a reconnu un accident à bord, c'est un filet qui a lâché", a-t-elle précisé après la publication d'un communiqué par l'Association des Chalutiers Congélateurs Pélagiques (PFA), faisant référence à un accident. Selon la ministre, "l'accident a été déclaré dans le journal de bord". 

Les poissons morts seront retirés des quotas du bateau

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La Commission Européenne s'est également saisie du sujet. Le commissaire chargé de l'Environnement (le Littuanien Virginijus Sinkevičius) a annoncé sur Twitter qu'une "enquête" était lancée "auprès des autorités nationales de la zone de pêche (la France) et de l’État présumé du pavillon du navire (non connu à ce stade, puisqu'il n'y a pas de certitude sur le bateau), afin d'obtenir des informations et des preuves exhaustives sur l'affaire." Ces propos ont été repris par l’eurodéputé LREM Pierre Karleskind, spécialiste de la pêche au Parlement européen.

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Si la pêche des merlus est autorisée (avec des quotas), la règlementation européenne prévoit qu'il est interdit de rejeter en mer des poissons morts, pêchés par erreur. Ils doivent être ramenés au port pour être déclarés.

Un "incident de pêche" ?

Selon l'Association des Chalutiers Congélateurs Pélagiques (PFA), il s'agirait d'un accident. La PFA a publié un communiqué qui semble confirmer l'implication du Margiris : "Aujourd’hui, à 5h50GMT, un navire membre de la PFA, le Margiris, a signalé aux autorités compétentes un incident de pêche au large de La Rochelle." 

Toutefois, dans son explication, l'Association dément tout acte volontaire de rejet en mer. "Fait rarissime, le chalut contenant des merlans bleus – une espèce soumise à quotas – s’est brisé accidentellement, relâchant ainsi de manière involontaire des poissons en mer. Conformément à la législation européenne, l’événement ainsi que les quantités pêchées ont été consignées dans le journal de bord du navire et signalés aux autorités lituaniennes, pays d’immatriculation du navire."

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