Sécurité, école, "wokisme" : minute par minute, de quoi ont parlé les candidats LR lors du troisième débat

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Sécurité, école, "wokisme" : minute par minute, de quoi ont parlé les candidats LR lors du troisième débat

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Michel Barnier, Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Xavier Bertrand et Philippe Juvin lors du débat sur CNews et Europe 1.
Michel Barnier, Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Xavier Bertrand et Philippe Juvin lors du débat sur CNews et Europe 1.
© AFP - JULIEN DE ROSA

Infographies. Les cinq candidats de la droite en lice pour la présidentielle participaient à un troisième débat ce dimanche soir. Les questions de sécurité et d'immigration ont occupé une large partie des débats. Une place a été faite à la culture et à l'école mais avec le prisme de la civilisation française à protéger

Sécurité, immigration, wokisme, "trois petits cochons" et cancel culture... Pendant près de trois heures, les cinq candidats à l'investiture Les Républicains pour la présidentielle ont débattu sur CNews et Europe 1. Ce troisième et avant-dernier débat télévisé a été dominé par les thèmes de la sécurité, de l'immigration et de la défense de la "civilisation française". Des thèmes qui ont occupé 80 minutes du temps de parole, soit près de la moitié de l'émission. Le débat s'est aussi ouvert à d'autres thèmes comme le handicap, la culture et l'école, mais avec toujours, ou presque, le prisme de l'identité française.

14 secondes sur les changements climatiques

Et si en début d'émission Philippe Juvin a souligné qu'"on voit bien que la question du réchauffement climatique ne fait pas l'objet aujourd'hui de suffisamment de débats dans l'espace public", les questions liées à l'environnement et au climat n'ont occupé que... 14 secondes des discussions. La deuxième évocation étant dans la conclusion de Valérie Pécresse : "Il faut donner un avenir meilleur à nos enfants et relever le défi climatique sans punir les Français."

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Les mots les plus utilisés lors du débat.
Les mots les plus utilisés lors du débat.
© Radio France - Noémie Lair

Ce nuage de mots compile le vocabulaire le plus utilisé lors du débat. Seuls les mots de plus de quatre lettres et porteurs de sens apparaissent. Les pronoms, prénoms ou encore auxiliaires ont ainsi été supprimés. Résultat : le mot "Français" a été le plus prononcé, avec 119 occurrences, suivi de "France", répété à 117 reprises. 

Près d'une heure de débat sur la sécurité

Si c'est bien sous le thème de "la France face à la cinquième vague" de Covid-19 que ce troisième débat a été ouvert, les discussions ont tout de suite étaient tournées vers le sujet de la sécurité, en abordant les émeutes en Guadeloupe. Tous s'accordent alors à dire qu'il faut "remettre de l'ordre dans la rue", "restaurer l'autorité de l'État". Éric Ciotti avance même l'idée d'une intervention de l'armée. Une partie du débat a donc ensuite porté sur le déploiement de militaires dans les quartiers en métropole pour "rétablir l'ordre", Xavier Bertrand soulignant que les habitants étaient "pris en otage" des "caïds" et des "dealers". 

Le débat a ensuite porté sur l'action de la justice et a été marqué notamment par la proposition de Valérie Pécresse sur la différenciation des peines selon les quartiers où les faits sont commis et par celle de Philippe Juvin sur l'exécution des peines "dans le pays d'origine" des étrangers condamnés en France.

Les questions sanitaires n'ont finalement été abordées que quatre minutes, en premier lieu par Philippe Juvin, médecin de profession, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris.

L'identité française au cœur des débats

Comme pour la santé, le sujet de l'école était l'un des thèmes de l'émission, mais il a rapidement glissé sur la question de l'identité française avec cette question : "Est-ce à l’école d’éduquer aux valeurs françaises ?" Premier interrogé, Philippe Juvin a voulu rappeler "que l’identité française n’est pas un gros mot" et a estimé que "nous avons un modèle de civilisation supérieur aux autres". "Nous avons inventé beaucoup de choses. Nous avons inventé l'histoire, la philosophie, la politique, la liberté", a-t-il poursuivi. Une théorie validée par Xavier Bertrand pour qui la France "n'est pas un pays de seconde division". Le désaccord principal a porté sur le rôle de l'école. Pour Xavier Bertrand, il s'agit d'instruire, l'éducation revenant à la famille. Mais "sans l’école, on n’y arrivera pas, certaines familles n’ont pas les codes", a relevé Valérie Pécresse, qui a fait de l'éducation l'un des piliers de sa campagne et dont la "carte blanche" en début d'émission était consacrée à ce sujet. La candidate s'est par ailleurs insurgée contre ces parents "qui refusent qu'on lise "Les trois petits cochons" à leurs enfants en maternelle" sans qu'on sache vraiment à quoi elle faisait référence.

La deuxième partie du débat a aussi été l'occasion à chacun des candidats de revenir sur ses propositions en matière de politique migratoire. Michel Barnier a explicité son "moratoire sur l'immigration", Philippe Juvin a défendu la notion "d'assimilation", Éric Ciotti a expliqué vouloir allonger à dix ans le délai pour devenir Français, Valérie Pécresse a rappelé sa proposition d'attendre cinq ans de présence sur le sol français avant de recevoir des allocations et enfin Xavier Bertrand a évoqué sa volonté de mettre en place des quotas migratoires.

Une dizaine de minutes du débat ont ensuite été consacrées aux relations internationales, avec la question du différend sur la pêche entre Français et Britanniques.

La (cancel) culture gagne quelques minutes du débat

Une grande place a également été donnée à la culture. Mais il n'a pas été question des difficultés post-Covid que peuvent rencontrer les cinémas, les théâtres ou encore les intermittents du spectacle. Les débats se sont en fait concentrés sur cette question de Sonia Mabrouk et de Laurence Ferrari : "Rama Yade, ancienne ministre à vos côtés, estime que c'est une micro-agression lorsqu'elle passe devant la statue de Colbert. Est-ce qu'il faut faire attention à cela, déconstruire ?"

Tous se sont dits "très surpris" par les propos de l'ancienne ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy. "Cette cancel culture est insupportable", s'est scandalisé Xavier Bertrand, pour qui "l’histoire de la France est une et indivisible". Éric Ciotti a pour sa part dénoncé la "tyrannie des minorités", Valérie Pécresse la "dictature du politiquement correct". Michel Barnier a lui étiré le débat à la question du "wokisme" et de l'écriture inclusive, qu'il faut selon lui "interdire définitivement dans tous les documents publics".

Seules quelques secondes ont été accordées à la "restauration du patrimoine des villes et des villages" pour Valérie Pécresse, au développement de la culture "sur l'ensemble des territoires" pour Xavier Bertrand ou encore à "développer une politique de la culture pour tous" de Michel Barnier.

Une large place à l'économie et aux finances de l'État

Il a ensuite été question d'économie et de finances. Durant neuf minutes, les candidats ont abordé la problématique de la dette publique. Philippe Juvin s'est distingué en proposant de ne pas réduire le nombre de fonctionnaires. Il propose à la place de "rendre la fonction publique efficace" en remplaçant les postes de fonctionnaires administratifs par des fonctions davantage au contact des Français.

Le quart d'heure suivant a été consacré au pouvoir d'achat. Valérie Pécresse a rappelé sa volonté de mettre en place un "droit au logement prioritaire pour tous les travailleurs de première ligne". La candidate, ainsi qu'Éric Ciotti, veut aussi "augmenter les salaires". Michel Barnier entend lui "encourager le travail et le mérite plutôt que l'assistanat, notamment en créant une allocation sociale unique".

Le handicap trouve sa place

Enfin, la question du handicap a été abordée pendant quelques minutes lors de ce débat, en premier lieu dans la bouche de Xavier Bertrand qui en avait fait sa "carte blanche" en début d'émission. Le candidat a annoncé que s'il était élu, il ferait "voter dès 2022 une nouvelle grande loi sur le handicap".

Une thématique qui a fait mouche auprès des autres candidats puisqu'à la question de savoir quelle proposition de leurs adversaires du soir ils reprendraient à leur compte s'ils étaient désignés candidat de la droite, Philippe Juvin et Valérie Pécresse ont indiqué qu'elle en ferait partie.

Plus de 32.000 tweets

Sur les réseaux sociaux, c’est Éric Ciotti qui tire son épingle du jeu avec sa vive colère au sujet des propos de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, sur Éric Zemmour. Sur franceinfo, ce dernier avait déclaré : "Monsieur Zemmour, si Monsieur Pasqua (l'un des fondateurs du RPR, ndlr) était là, il te filerait une balle dans la tête".

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Sur ce réseau social, le #DebatLR a suscité plus de 32.000 tweets dans la soirée, selon l'application Visibrain.