Séisme : "Je ne ressens plus rien, c'est un cauchemar sans fin", témoigne un rescapé en Turquie

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Séisme : "Je ne ressens plus rien, c'est un cauchemar sans fin", témoigne un rescapé en Turquie

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Secours et civils recherchent des survivants sous les décombres à Nurdagi, en Turquie
Secours et civils recherchent des survivants sous les décombres à Nurdagi, en Turquie
© AFP - ZEIN AL RIFAI

Située à l'épicentre du séisme qui a fait plus de 21 000 morts, la ville de Nurdagi est complètement détruite. Si les opérations de sauvetage continuent, l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Les corps sont évacués par centaines vers la morgue.

Sur les trottoirs, des centaines de sacs mortuaires, enveloppant les corps des victimes. À côté des camionnettes chargées de les transporter vers la morgue flotte une odeur de mort. Située à l'épicentre du tremblement de terre qui a fait plus de 21 000 morts en Turquie et en Syrie, la ville de Nurdagi, dans la région turque de Gaziantep, est devenue un chantier de fouilles à ciel ouvert. Quatre jours après le séisme, les secours continuent d'extraire des corps des immeubles en ruine.

Les derniers survivants ont été retrouvés il y a 24 heures. Walid ne croit plus au miracle. "Je ne ressens plus rien, c'est un cauchemar sans fin", souffle-t-il. Son frère, Hassan, et ses trois neveux âgés de huit ans, cinq ans, et deux ans et demi sont toujours sous les décombres. "Ils sont entre les mains de Dieu maintenant, je ne peux que suivre sa volonté", poursuit-il.

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"Elle était coincée sous un bloc de béton, son bébé dans une main"

Quelques heures après le séisme, Walid s'est frayé un chemin à mains nues, dans les gravats du même immeuble*. "La famille de ma sœur était là, en contrebas. J'ai dû descendre 1,50 mètre pour les atteindre"*. Il a ainsi pu extraire sa sœur, Basma, et ses quatre enfants. "Je me suis glissé sous l'immeuble, j'ai commencé à dégager les débris. J'ai trouvé un petit espace où passer. J'ai enlevé les pierres à la main, j'ai attrapé le premier enfant, puis le second, et le troisième. Ma sœur était coincée sous un bloc de béton, elle ne pouvait pas bouger, elle tenait son bébé dans une main. J'ai pris le nourrisson et elle a pu ensuite ramper jusqu'à la sortie."

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Les yeux rougis et la peau recouverte de poussière, Walid n’a pas dormi depuis quatre jours. Quand il s’assoupit, il imagine son frère et ses enfants, morts sous les décombres. D'heure en heure, l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Même si rien n'est encore officiel, les autorités commencent à envisager l'arrêt des opérations de recherches pour se concentrer sur le déblayage des centaines de tonnes de gravats qui encombrent la ville.

Selon les derniers bilans, le séisme, d'une magnitude de 7,8 lundi, suivi de plus d'une centaine de secousses, a fait au moins 21.719 morts, dont 18.342 en Turquie et 3.377 en Syrie. L'OMS estime que 23 millions de personnes sont "potentiellement exposées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables", et redoute une crise sanitaire majeure qui causerait encore plus de dommages que le séisme. Les organisations humanitaires s'inquiètent particulièrement de la propagation du choléra, qui est réapparu en Syrie.

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