Sept animaux sauvages sur dix ont disparu ces cinquante dernières années

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Sept animaux sauvages sur dix ont disparu ces cinquante dernières années

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Le corps d'une tortue luth de 300kg sur une plage du Morbihan en 2011 (photo d'illustration)
Le corps d'une tortue luth de 300kg sur une plage du Morbihan en 2011 (photo d'illustration)
© Maxppp - PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Dans son dernier rapport "Planète Vivante", le WWF révèle une gigantesque baisse des populations d'animaux sauvages entre 1970 et 2018 : 69 % d'entre eux ont disparu en moins de cinquante ans. Et le changement climatique ne va faire qu'aggraver les choses.

Au total, ce sont 32.000 populations de 5.230 espèces différences de vertébrés qui ont été analysées par la Société zoologique de Londres pour établir cet indice "Planète Vivante". Et le résultat est assez effrayant : de 1970 à 2018, les populations de ces vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles) ont chuté de 69 % en moyenne. Ce chiffre atteignait 68 % en 2020, et 60 % en 2018.

Pire, selon le WWF**,** le changement climatique en cours va largement amplifier ce phénomène ** :** "Si nous ne parvenons pas à limiter le réchauffement à 1,5°C [l'objectif le plus optimiste de l'Accord de Paris de 2015, NDLR], le changement climatique deviendra la principale cause de perte de biodiversité au cours des prochaines décennies." Il est déjà responsable aujourd'hui de "phénomènes de mortalité massive, ainsi que des extinctions d'espèces".

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Certains animaux sont particulièrement touchés par cette réduction massive de leurs populations. C'est le cas des tortues luth, des rainettes, des lynx, des requins, des coraux, ou des gorilles des plaines ( dont la disparition progressive inquiétait déjà l'UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature, dès 2016).

La tortue luth, elle, devient de plus en plus rare, et de manière particulièrement rapide : 60 % de sa population a disparu dans l'Atlantique nord, et dans l'ouest de la Guyane, ce chiffre monte même à 95 % de population éteinte. Une disparition due notamment à la pêche illégale et au changement climatique.

De leur côté, la moitié des coraux d'eau chaude ont déjà disparu, à cause de l'acidification des océans et, là encore, du réchauffement global. Si ce réchauffement devait dépasser les 1,5°C, 70 à 90 % des coraux d'eau chaude disparaîtraient ; 99 % s'il dépasse les 2°C.

Une situation "dramatique, mais pas désespérée"

Parmi les autres espèces touchées, on peut citer l'éléphant de forêt africain (86 % de la population disparue en seulement 31 ans), le dugong (50 % en moins en 10 ans dans l'une des dernières populations viables, en Nouvelle-Calédonie ; l'espèce est même considérée comme éteinte en Chine depuis cet été), ou la rainette (dont il est difficile d'évaluer le niveau de déclin, mais qui a fait face depuis 1960 à la disparition de la moitié des zones humides, son habitant naturel, sur la métropole française).

"La situation est dramatique, mais pas désespérée", assure Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France. "Les exemples qui fonctionnent sont nombreux : les aires protégées et gérées par les communautés locales montrent une biodiversité florissante, la restauration des écosystèmes par les solutions fondées sur la nature est bénéfique pour la biodiversité et aussi pour le climat, la transformation de nos modes de production et de consommation a débuté, même si elle n'est pas assez rapide. Cette dynamique doit maintenant être soutenue par les États."

Le WWF lance une pétition ce jeudi sur Internet, en amont de la COP15 (Convention sur la diversité biologique, qui doit réunir les dirigeants du monde entier en décembre prochain). Il réclame notamment la mise en place d'un moratoire sur l'exploitation minière des fonds marins, et la suspension des subventions dommageables à la biodiversité.