Publicité

Sexo - Huit conseils simples avant de se lancer dans la vie sexuelle

Sexualité : Quand passer à l'acte ?
Sexualité : Quand passer à l'acte ?
© Getty - Jamie Grill

À quel âge peut-on se lancer ? Comment bien démarrer sa sexualité ? De quoi faut-il se défaire pour s’épanouir ? À qui adresser ses questions dans le domaine ? Des spécialistes vous aident à vous y retrouver.

Les psychologues et sexologues Olivia Benhamou et Joelle Mignot, le rédacteur en chef de Phosphore David Groison, étaient les invités de l’émission Grand Bien Vous Fasse. Au micro d’Ali Rebeihi, ils ont prodigué quelques conseils pour passer ce cap.

Se sentir prêt

À quel âge se lancer dans l’aventure ? Joëlle Mignot constate que « si les jeunes débutent leur vie sexuelle plus tard qu’à 17 ans, la moyenne du premier rapport, ils sont complexés. Un ressenti accentué par l’idée répandue dans l’imaginaire collectif que la sexualité démarre à l’adolescence ».

Publicité

Olivia Benhamou insiste : « L’âge est vraiment un critère secondaire, il faut en avoir envie ».

Mais dans sa pratique, elle constate que beaucoup de garçons ont peur « de mourir puceaux ».

David Groison précise que « 17 ans, est le même âge moyen depuis 20 ou 30 ans. La différence est que les filles ont maintenant le même âge que les garçons. On parle là de la première fois qu'il y a une pénétration, mais il ne faut pas réduire la sexualité à ce seul acte. »

Se poser les bonnes questions

Plus qu’une question d’âge, l’entrée dans la vie sexuelle nécessite plutôt une déconstruction et un questionnement pour bien se connaître. Pour Olivia Benhamou, cela passe par s’interroger : « De quoi j'ai envie ? Qu’est-ce qui me plaît ? Qui ne me plaît pas ? Qu'est-ce qui m'excite ?... Il faut considérer son partenaire : « Est-ce vraiment avec cette personne-là que j'ai envie de vivre une expérience amoureuse et intime ? »

Se défaire de la performance et du porno

« Rester coincé dans la performance, c’est risqué d’être déçu » explique David Groison : « On ne va pas se mentir, la première fois d'un point de vue performatif n’est pas toujours terrible ! Une relation sexuelle se construit petit à petit, s’apprend et se construit à deux. »

Olivia Benhamou ajoute : « en sexualité, il faut remplacer le « il faut » par « je veux ». Quand on commence sa vie sexuelle en ayant dans la tête un script qui comporte la pénétration, la fellation, le cunnilingus, la sodomie, un script inspiré de ce qu'on voit dans la pornographie, on passe à côté de ce qu'on a envie de faire.

Le porno n’est pas la réalité : dans un film porno, on ne voit jamais une capote qu'on a du mal à enfiler, ni de maladresse, ni de chute du lit… Des choses qui existent dans la réalité. Ce qui est montré dans la pornographie est extrêmement stéréotypé et sans émotion.

Souvent, les garçons se comparent aux critères de ces films et imaginent que leurs partenaires ont des attentes extraordinaires. Cela vient de leur méconnaissance de ce qui se joue lors de rapports sexuels. Tout cela est douloureux et angoissant. ».

S’informer

Il existe des numéros de téléphone comme le fil santé jeune, le planning familial, des adultes proches de référence, le médecin, le pharmacien… « Mais souvent, la famille n’est pas forcément le bon lieu » explique Olivia Benhamou : « Tous les parents ne sont pas à l'aise. Il existe des familles où la sexualité est interdite et considérée comme quelque chose de sale, ou d’interdit avant le mariage. Avec aussi des interdits sur certaines pratiques. Et ça laisse beaucoup de traces. »

David Groison déplore le peu de chose faites à l’école qui « laisse la place à la pornographie et au bouche à oreille des copains. »

À tout moment, on peut arrêter

« Il y a une zone grise du consentement » explique Olivia Benhamou. « Il existe une part émotionnelle lié au manque de confiance en soi, à l'envie de s'attacher à un partenaire, le désir que la relation dure, la peur de l'abandon… Penser que si on refuse de faire quelque chose l’autre risque de nous quitter est très destructrice. »

Et David Croison : « l'important, c'est d'en avoir envie. C'est vrai. Mais dire « oui », n’est pas dire « oui » à tout, et n’est pas « oui » jusqu'au bout. À tout moment, si ça ne plaît pas, on peut dire stop. Ne pas s’écouter et le dire peut entacher la suite. »

En sexualité, la norme n’existe pas

Emily Nagosky : « Nous sommes tous pareils, différents, tous normaux. »

Dans son cabinet, Olivia Benhamou entend souvent : « j'ai tel fantasme, j'ai telle angoisse, j’ai telle taille de petites lèvres… Est-ce que je suis normal(e) ? C'est une question qui revient tout le temps et pas seulement chez les jeunes adultes. »

Soigner sa première expérience

Le premier organe érogène de notre corps, c'est notre cerveau.

Olivia Benhamou explique que la première fois est fondatrice : « je reçois des patients de tous âges qui viennent pour des plaintes sexuelles, troubles de l'érection, vaginisme, douleurs diverses, éjaculation prématurée…. Quand on cherche les causes : quasiment à 99,9%, on retrouve un vécu de leur première expérience reliée à des souvenirs plus ou moins traumatiques. Ce sont des moments qui les ont amenés à se remettre en question, à être en difficulté. Ce peut être à cause du regard de leur partenaire, le regard sur eux-mêmes, le déroulement, le contexte, l’inconfort, la peur d’être surpris… d’où l’importance de choisir un lieu et un moment où on est bien.

On évite d'être complètement saoul, par exemple, ou l'arrière d'une voiture. Ce genre de situations qui peuvent faire regretter de ne pas avoir été en pleine possession de ses moyens. »

Se rassurer, ce n’est qu’un début

Joelle Mignot rappelle « Rencontrer l'autre est aussi être dans un état émotionnel fort qui va faire bouger aussi les lignes à l'intérieur de soi. Et la sexualité est un processus initiatique. Tout au long de la vie, on va apprendre de soi, de l’autre… »

ECOUTER | Grand bien vous fasse sur l'entrée dans la vie sexuelle