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Six ans de guerre au Yémen : un long hurlement de douleur

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Un enfant de 4 ans atteint de malnutrition dans les bras de sa mère, dans un camp de déplacés au Yémen
Un enfant de 4 ans atteint de malnutrition dans les bras de sa mère, dans un camp de déplacés au Yémen
© AFP - ESSA AHMED / AFP

En six ans, le conflit a déjà fait plus de 233 000 morts et plus d'un million de déplacés. Un regain de violence qui fait craindre le pire aux humanitaires.

Des bâtiments détruits. Des routes, des infrastructures, des hôpitaux dévastés. 233 000 morts, plus d'un million de déplacés, une population exsangue, une école sur trois fermée, la moitié des structures de santé ne fonctionne plus alors qu'il faut continuer à assurer l'aide aux victimes, faire face à la malnutrition, aux épidémies de malaria, de choléra et maintenant le Covid.  

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Multiplicité des urgences

Pour les humanitaires qui travaillent au Yémen, comme Caroline Dauber, chef de mission d'Handicap International, la situation est jugée catastrophique. Un "mille-feuille" de crises, constate-t-elle : à la crise structurelle, qui sévit dans ce pays en proie régulière aux violences depuis des décennies, s'ajoutent la multiplicité des urgences : l'assistance aux victimes, la crise sanitaire et la sécurité alimentaire. 

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Le pays dépend massivement des importations, mais elles sont aujourd'hui lourdement impactées par le conflit, la destruction des routes, des ports et la crise du fioul qui conduit à la pénurie des denrées essentielles sur les marchés. 

16 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire. À cause des violences et des combats répétés, les services de santé et d’eau potable sont fortement endommagés. 

Bombes, mines, explosifs

Le Yémen, rappelle Caroline Dauber, est surtout un pays des plus contaminés au monde par les restes des explosifs de guerre, obus non explosés ou explosifs artisanaux laissés par les belligérants. 

"Le conflit cible des zones densément peuplées, et 80% des victimes de cette guerre sont des civils"

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Parmi eux, de nombreux enfants, qui "tombent sur des objets curieux avec lesquels ils veulent jouer et explosent". Les conséquences sont dramatiques : aux milliers de morts s'ajoutent des cohortes de mutilés, dont l'avenir est lourdement compromis par le handicap.  

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Regain de violence

La guerre actuelle au Yémen était au départ un conflit tribal et confessionnel, interne à ce jeune pays créé en 1990. Mais désormais, l'enjeu est régional et implique deux puissances voisines : l'Arabie saoudite et l'Iran. Au milieu, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique sert de champ de bataille par procuration.  

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Le conflit s’est intensifié en 2020, entraînant de nouvelles souffrances des civils. 

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À la fin du mois d'octobre 2020, on comptait 47 lignes de front, contre 33 en janvier 2020. "Les influences ont bougé, et les acteurs du conflit se sont engagés dans un regain de violence notable et c'est particulièrement alarmant sur les lignes de front" note Caroline Dauber. 

Ces dernières semaines, de violents combats ont eu lieu à Marib, forçant des milliers de personnes à fuir. Bloquées dans des camps surpeuplés, elles ont besoin d'un abri, de protection, de nourriture, d'eau, d'hygiène et de santé plaident les humanitaires.