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Six choses à savoir pour prévenir le mieux possible le diabète

Quels sont les causes et les signes cliniques du diabète ?
Quels sont les causes et les signes cliniques du diabète ?
© Getty - Jurgita Vaicikeviciene / EyeEm

Un peu plus de 4,5 millions de personnes en France sont diabétiques et 1 million d'entre elles l'ignorent. Une maladie encore sous-estimée parce qu'elle est aussi sournoise, que silencieuse et indolore. Il est nécessaire d'en connaître les principaux enjeux avant que les complications vous poussent à agir.

Le diabétologue de l'INSERM, rédacteur en chef du journal scientifique Diabetes & Metabolism, François Bonnet, la directrice de la rédaction de Santé Magazine, Aline Perraudin, l'endocrinologue, diabétologue Emmanuelle Lecornet Sokol et la diététicienne, experte d’IG* bas Marie-Laure André vous disent tout ce qu'il y a d'essentiel à savoir pour bien traiter, le plus en amont possible, le diabète.

IG = indice ou index glycémique

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1 - Comprendre le diabète 

Pour bien comprendre les enjeux de cette maladie, en voici la définition médicale par le diabétologue François Bonnet : "Le diabète est le résultat de la résistance à l'insuline, le résultat d'un dysfonctionnement de cette hormone qui permet de réguler la glycémie (sucre) à des valeurs normales dans le corps. Ce dysfonctionnement maintient trop de sucre dans le sang. C'est à partir de ce moment-là que le diabète peut apparaître". 

Le diabète se caractérise par l'élévation du taux de sucre dans le sang, quand la glycémie est trop élevée par rapport à la moyenne requise.

Ainsi, plus notre corps est submergé par les glucides, plus notre pancréas va sécréter de l'insuline et s'user sur le temps long. Tout le monde produit de l'insuline, car il faut que notre corps puisse assimiler les éventuelles graisses qui s'infiltrent dans les muscles et dans le foie. L'insuline chargée de cette régulation perd ainsi de son efficacité, et pour compenser, le pancréas se met à en produire davantage, une surproduction anormale. La personne devient alors résistante à l'insuline, qui ne fonctionne plus normalement et le pancréas finit par se fatiguer. La personne se retrouve en hyperglycémie. 

François Bonnet rappelle quels sont les deux types de diabètes connus : 

  • Pour les diabètes de type 1 (plus rare) le patient ne sécrète plus d'insuline. On dit que la personne est insulino-dépendante. Ce diabète touche souvent les personnes dès leur plus jeune âge.
  • Pour les diabètes de type 2 (majoritaire) cela concerne 9 cas sur 10 des patients, à un âge plus avancé cette fois. Les personnes sécrètent toujours de l'insuline, mais celle-ci est beaucoup moins efficace.

2 - Ne pas attendre les complications pour s'en soucier

Le diabétologue pose un principe de base dès lors qu'il s'agit d'aborder la question de la prévention du diabète : se préoccuper d'une éventuelle prédisposition à cette maladie avant même que les complications n'interviennent, même si au bout du compte, vous vous rendez compte que vous n'êtes pas diabétique. Au moins, vous saurez dans quel état est votre insuline. Vaut mieux prévenir que guérir : 

FB : "Le diabète est silencieux, indolore, on s'en rend très peu compte, à tel point qu'il y a 20 % environ de diabètes mésestimés ou méconnus en France. Mais pendant ce temps-là les vaisseaux sanguins s'abîment jusqu'à ce que les complications apparaissent vraiment… À l'occasion d'un infarctus, d'une complication cardiovasculaire, d'une atteinte rétinienne des yeux, de troubles ophtalmologiques, d'une altération grave de la vue, voire une malveillance ou une neuropathie, une atteinte des pieds, une insuffisance rénale…" 

3 - Effectuer une analyse de votre taux de glycémie 

Les diabétologues préconisent, avant tout, les analyses, sans lesquelles on nage à l'aveugle : 

  • Analyse à jeun 

FB : "Etudier la concentration de sucre dans le sang est la première étape essentielle dans la prévention des risques de diabète. Au-dessus de 1,26 g à jeun, on considère que c'est pathologique et qu'il y a un diabète. 

Quand la glycémie franchit le seuil de 1,26 g de glucose par litre de sang, le patient est diabétique.

  • Taux d'hémoglobine glyquée circulant dans le sang

Emmanuelle Lecornet Sokol : "Quand on n'a pas de diabète, ce taux est à moins de 5,7 % ; quand on est entre 5,7 % et 6,5 %, on est pré-diabètique". 

Et puis, il y a ce que professeur Bonnet appelle "le diabète bien équilibré" dont le taux affiche moins de 7%. Quand on est diabétique, pour éviter au mieux les complications, le bon équilibre glycémique doit être en dessous cette valeur-là".

4 - Les signes cliniques les plus fréquents 

François Bonnet : "Quand le diabète est vraiment déséquilibré, et que l'on ignore que nous sommes sujet au diabète, on peut avoir : 

  • Un sentiment de soif important
  • Une envie d'uriner plus fréquente jusqu'à se lever la nuit pour uriner (pollakiurie)"

5 - Les facteurs prédisposant au diabète

  • Le surpoids, l'obésité
  • Les antécédents génétiques familiaux, même si elle n'a pas à 100 % transmissible
  • La trop grande sédentarité : trop souvent immobile
  • La dépression
  • Le travail de nuit, les horaires de travail trop souvent décalés
  • Le manque chronique de sommeil
  • Les troubles anxieux, le stress influe sur la glycémie. Une des dimensions les plus sous-estimées car il y a une double peine. Quand les gens diabétiques rencontrent un trouble du comportement, ils voient leur glycémie s'élever. Les hormones du stress (adrénaline, cortisol, noradrénaline) font augmenter la glycémie en sécrétant du sucre en plus par le foie, pour compenser une sensation de danger. 

6 - Traiter son diabète : alimentation et activité physique

Pour compenser et dépasser son diabète, il faut suivre un traitement médical qui vienne rééquilibrer sa propre hygiène de vie. Il faut avant tout maintenir une activité physique et rééquilibrer, sans paranoïa, sans pression anxiogène, son régime alimentaire : 

On peut équilibrer un diabète et son taux d'hyperglycémie. Ce n'est pas une fatalité. La rémission est possible, même si chaque cas est différent.

- Marie-Laure André

  • Entretenir une activité physique. Cela doit permettre de rompre avec une trop grande sédentarité

Le professeur Bonnet explique que "l'activité physique marche très bien surtout chez les pré-diabétiques, quand votre médecin vous dit que votre taux est un peu clignotant à l'orange, et surtout s'il y a des antécédents génétiques. On ne vous demande pas non plus de faire un marathon. 

Ça marche même sans perdre forcément de poids, et indépendamment de la considération alimentaire : marcher 30 minutes tous les jours ; 2h à 2h30 de marche par semaine ; 120-150 minutes d'activité physique sur la semaine.

C'est une bonne méthode de prévention. Ce qui est important, c'est que ce soit une activité régulière d'endurance de type vélo, de marche rapide, de natation… Envisagez aussi le renforcement musculaire.

Marcher rapidement après un repas a un impact très significatif sur la glycémie.

  • Rééquilibrer son assiette, son régime alimentaire sans céder à l'injonction 0% de glucides

Il faut être prudent mais il ne faut pas non plus devenir maniaque de la glycémie, vouloir contrôler sa glycémie à longueur de temps. En voulant trop bien faire, on crée une autre forme d'anxiété contreproductive.

Aller plus loin

🎧  RÉÉCOUTER - Grand bien vous fasse : Comment prévenir le diabète et le pré-diabète ?

🎧  RÉÉCOUTER - Grand bien vous fasse : Les effets du sucre sur notre santé

🎧  RÉÉCOUTER - Grand bien vous fasse : Comment débusquer les sucres cachés 

📖  LIRE - François Bonnet : Mieux vivre avec un diabète : 100 réponses pour comprendre sa maladie et mieux se soigner au quotidien (éditions Marabout)

📖  LIRE - Emmanuelle Lecornet Sokol :  Et si c’était hormonal ? (éditions Hachette)

📖  LIRE - Marie-Laure André : IG bas : recettes testées à la maison (éditions Hachette

📖  LIRE - Santé Magazine : Dossier (juillet) - Diabète : Toutes les nouveautés pour bien vivre avec et le contrôler