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Soutien de Mélenchon, infirmière, anti-pass : le profil de la femme qui a agressé un pompier le 1er-Mai

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Un sapeur-pompier aux prises avec une manifestante en marge d'un défilé, à Paris, le 1er mai 2022.
Un sapeur-pompier aux prises avec une manifestante en marge d'un défilé, à Paris, le 1er mai 2022.
- Alain Joccard

La femme de 38 ans qui est soupçonnée d'avoir agressé un pompier de Paris dimanche apparaît sur plusieurs photos dans des manifestations de gilets jaunes. Sur les réseaux sociaux, elle a diffusé des publications contre le pass vaccinal.

C'est l'une des images les plus commentées du 1er-Mai à Paris : une manifestante, street-medic, casque orange et sac à dos rouge, qui frappe tout d'un coup un pompier parce qu'il tente d'éteindre un feu. Cette femme qui apparait non masquée sur plusieurs clichés de la manifestation a rapidement été authentifiée. Elle a été interpellée dimanche après-midi et placée en garde à vue dans la foulée. Le pompier agressé a porté plainte contre elle. L'identité de la manifestante a été confirmée par une source proche du dossier. Ses publications sur les réseaux sociaux dessinent le portrait d'une militante proche de la France insoumise et des gilets jaunes, opposée au pass vaccinal.

Une plainte dans un conflit de voisinage

Cette mère de famille est âgée de 38 ans. Elle était "street medic" lors de la manifestation de dimanche, du nom de ces bénévoles qui réalisent les gestes de premiers secours pour les personnes blessées lors des manifestations.

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Dans le cadre d'un conflit de voisinage, une plainte avait été déposée contre elle pour "violence volontaire", selon nos informations. En revanche, cette femme n’a pas d’antécédents judiciaire en lien avec les manifestations de gilets jaunes auxquelles elle a participé.

Le 31 juillet 2021, elle est interviewée par l’agence de presse américaine Associated Press lors d’une manifestation à Paris contre la pass vaccinal. Elle est décrite dans la dépêche comme une infirmière de 37 ans. Dans cette courte interview, elle indique avoir démissionné de son poste, "accusant le gouvernement d'utiliser une forme de 'chantage'". "Je pense qu'il ne faut pas nous dire quoi faire", lâche-t-elle à Associated Press, estimant que que "le personnel médical français lors de la première vague de COVID-19 a été assez maltraité". "Et maintenant, tout à coup, on nous dit que si nous ne nous faisons pas vacciner, c'est de notre faute si les gens sont contaminés. Je pense que c'est écœurant" affirme la gilet jaune.

Un selfie dans l'isoloir avec un bulletin Mélenchon

Ses différentes publications sur les réseaux sociaux dessinent un soutien assez clair au candidat Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise. Sur son compte Instagram, le 10 avril, le jour du premier tour, elle publie un selfie dans l’isoloir, avec un bulletin de Jean-Luc Mélenchon. Quelques jours plus tôt, le 20 mars, elle diffuse une photo prise depuis le grand meeting du candidat à Paris. Sur Facebook, en février, elle écrit : "Si Mélenchon n’a pas ses 500 signatures, on votera Jean Lasalle."

Le candidat LFI à l'élection présidentielle a condamné l'agression du pompier : "un acte absurde", écrit-il sur Twitter ce mardi. Dimanche, il avait déjà dénoncé sur Twitter les heurts en marge de la manifestation : "Les violences parasites du 1er mai invisibilisent la marche des syndicats et servent la propagande à nos pires adversaires." Il estime que la préfecture de police n'a pas anticipé ces débordements. "Le préfet de police savait. Incapable de garantir le droit de manifester en paix."

Des publications anti-vaccins

Sur les comptes Faceboook et Instagram qu'elle alimente fréquemment, l'infirmière relaie également des contenus anti-vaccins et les parcours de plusieurs manifestations contre le pass vaccinal. Elle dit soutenir "le convoi de la liberté", ce mouvement composé d'opposants aux restrictions sanitaires et de gilets jaunes, qui s'est conclut à Paris mi-février.

Sur Instagram, elle publie la photo d’un courrier envoyé à l'Élysée, destiné à Brigitte Macron, pour s'opposer au port du masque pour les enfants. "Je veux respirer sans muselière", est-il écrit sur un premier masque, "Stop j’en ai marre" sur le second, accompagnés du prénom et de l'âge d’un enfant.