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"Steak végétal", "bacon vegan"... : ces appellations vont être interdites en France

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Les burgers au "steak végétal" devront trouver un autre nom d'ici le 1er octobre 2022.
Les burgers au "steak végétal" devront trouver un autre nom d'ici le 1er octobre 2022.
© AFP - Fabrice COFFRINI / AFP

Un décret publié jeudi et qui entrera en vigueur le 1er octobre 2022 interdit la commercialisation des produits à base de protéines végétales sous les dénominations "steak végétal" ou encore "bacon vegan". Une décision unanimement saluée par la filière viande qui y voyait une tromperie.

Pour les défenseurs de la barbaque, c'était une aberration. Un décret publié jeudi au Journal Officiel vient les soulager : désormais, le "steak végétal" va disparaître des rayons des commerces, ou plutôt changer de nom. A partir du 1er octobre 2022, il sera interdit de commercialiser des denrées portant ces appellations. Les professionnels de la viande saluent l'entrée en vigueur à venir du texte tandis que la filière de l'alimentation végétale s'en indigne.

Besoin de transparence dit le secteur de la viande

Comment qualifier ce qui ressemble à une pièce de viande ou de charcuterie mais qui n'est en réalité pas fait à partir d'animaux ? Quand ces produits à destination d'un public végétarien ou vegan sont apparus dans les allées des supermarchés, la question a vite été tranchée : "steak végétal", "lardons végétaux", "bacon vegan" ou "saucisse végétarienne". Un lot d'appellations familières, qui reprennent les codes des produits à base de viande, mais utilisés pour caractériser des produits à base de protéines végétales. Dès le 1er octobre, ils devront trouver un autre nom. Toutefois, ceux fabriqués ou étiquetés avant cette date pourront trouver leur place en rayons jusqu'au 31 décembre 2023 au plus tard.

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Pour les industriels du secteur de la viande, c'était assimilé à de la tromperie. La publication du décret a d'ailleurs été salué comme "une étape essentielle en faveur de la transparence de l'information au consommateur ainsi que de la préservation de nos produits et savoir-faire" pour le président d'Interbev (association interprofessionnelle du bétail et des viandes), Jean-François Guihard. La mesure était même attendue "depuis plusieurs années".

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En revanche, l'ensemble des syndicats du secteur agricole, la FNSEA en tête, parle d'une "mesure essentielle", mais la juge "insuffisante" : "Si le décret s'applique aux produits fabriqués et commercialisés sur le territoire français, ce n'est pas le cas pour ceux importés depuis l'UE." Ils demandent que le gouvernement défende à Bruxelles un élargissement du "périmètre d'application, à tous les produits, quelle que soit leur origine."

Une position à contre-courant et conservatrice

La réaction n'est pas la même chez les promoteurs d'une alimentation moins carnée. L'Observatoire national de l'alimentation végétale, qui regroupe des professionnels de la santé, déplore un décret qui "s’inscrit dans une logique de protection étendue des intérêts économiques de la filière viande".

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Pour eux, cette interdiction constitue également une entrave au "développement de la filière végétale en France ainsi que la transition vers des alimentations plus saines et durables à plus forte composante végétale." Et de conclure : "Ce décret place la France dans une position conservatrice, à contre-courant des enjeux actuels et de la politique européenne sur ces questions."