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Stress, anxiétés, phobies, peurs, TOC… Quelle(s) thérapie(s) choisir ?

Traitement des troubles psychologiques : de quelle(s) thérapie(s) avez-vous besoin ?
Traitement des troubles psychologiques : de quelle(s) thérapie(s) avez-vous besoin ?
© Getty - SDI Productions

Stress, anxiétés, phobies, peurs, troubles obsessionnels compulsifs (TOC)… Les souffrances mentales sont aussi multiples et variées que le sont les différents traitements thérapeutiques appropriés d'une personne à une autre : des thérapies comportementales, cognitives, brèves à la psychanalyse, en passant par l'EMDR.

La psychiatre Aurélia Schneider, la psychanalyste Sophie Cadalen, le psychiatre Antoine Pelissolo et la réalisatrice Céline Bittner étaient les invités de l'émission Grand bien vous Fasse. Au micro d'Ali Rebeihi, ils nous aident à y voir plus clair sur les différentes pratiques et disciplines de la psychologie, quelles sont les différentes thérapies pour s'affranchir de ses troubles, tout en donnant une définition médicale du stress, de l'anxiété et de la phobie. 

Alors que les troubles mentaux liés au stress, aux phobies, à l'anxiété ont augmenté de façon importante dans la population générale depuis le début de la crise sanitaire, il est souvent difficile de comprendre quelles peuvent être les raisons de ses souffrances et troubles mentaux, de savoir quel serai(en)t le(s) meilleur(s) traitement(s) pour se sentir mieux. 

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C'est 10 % de la population qui est sujette aux troubles anxieux.

- Pr Antoine Pelissolo, psychiatre 

Les thérapies brèves 

La réalisatrice Céline Bittner, auteure d'un documentaire sur le sujet, disponible dans Enquête de santé sur France 5 explique que, de plus en plus, de nos jours, les patients aiment se tourner vers ces thérapies car elles sont courtes et apportent souvent des réponses, des effets, des résultats très rapides, voire en quelques semaines. Que cela soit par une thérapie qui implique une intégration neuro‑émotionnelle par les mouvements ou encore par l'hypnose. 

Les patients privilégient souvent ces thérapies plutôt que des longs travaux d'introspection qui reposent sur le très long terme. Là, en quelques semaines, vous pouvez être guéri.

Mais la documentariste n'oublie pas de spécifier que les thérapies brèves, contrairement à la psychanalyse, ne s'intéressent uniquement qu'aux symptômes : "on ne va pas chercher le pourquoi, la cause plus profonde d'une maladie ou d'un trouble mental. C'est ce qui fait que c'est souvent des solutions assez concrètes, avec des exercices pratiques pour les patients, notamment dans le cadre de thérapies comportementales et cognitives brèves". 

Antoine Pelissolo relativise : "Par bref, il ne faut pas comprendre une thérapie en une séance miracle. Souvent, il vaut mieux partir avec un modèle voué tout de même sur plusieurs mois, à mesurer selon la gravité, selon l'ancienneté du trouble, voir plusieurs mois, voire jusqu'à un an". 

Les thérapies brèves sont plutôt très recommandées et très utiles quand on a besoin de consolider des choses.

Concernant les thérapies brèves avec l'usage de l'hypnose ou thérapie d'activation de la conscience, il ne faut pas non plus tomber dans l'illusion. Il y a des cas où ça fonctionne très bien et dans d'autres non. L'hypnose est un outil qu'il faut pouvoir agrémenter à d'autres approches".

EMDR ou "désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires"

Avec l'hypnose, ce sont les deux thérapies en vogue qui donnent l'impression de pouvoir fonctionner vite, bien et de manière assez facile pour le patient.  

Le psychiatre valide complètement ce traitement avec, encore une fois, des thérapeutes bien formés qui sachent prendre en charge un patient : "il y a une indication très spécifique et qui marche très bien quand on recommande cette thérapie, notamment quand on a des traumatismes, des psycho-trauma. Il ne faut pas faire de l'EMDR pour tout et n'importe quoi. Il y a toujours un risque. 

Les résultats sont très bons quand une pathologie est diagnostiquée. C'est une des premières thérapies qui a été explorée comme un médicament. C'est ce qui fait sa force.

Ça marche d'autant mieux quand on a vécu un seul traumatisme. Quand on en a vécu plusieurs, ça peut être utile, mais ça peut prendre plus de temps. 

C'est assez proche des thérapies cognitives. C'est de l'exposition mentale avec, en plus, les mouvements oculaires.

Céline Bittner souligne que l'EMDR a eu un effet important pour les personnes victimes d'un stress post-traumatique : "sur les victimes des attentats de Nice et du Bataclan, elle a eu un effet très important. Mais il est important qu'il y ait absolument un traumatisme au départ pour pouvoir recevoir une action conséquente".

Thérapies psychiatriques et thérapies psychanalytiques

  • En thérapie psychiatrique 

Le psychiatre Antoine Peilossolo explique comment se passe une séance : "on pose d'abord un diagnostic. Il s'agit de vérifier si les troubles dont le patient se plaint et qu'il pense être ceux dont il souffre, correspondent bien au type de peur évalué. 

Il faut évaluer le besoin et la demande individuelle du patient.

En général, ce qu'on préconise, ce sont les thérapies comportementales qui visent à déconstruire la peur, à analyser dans quelles circonstances elle survient et dans quel engrenage on est entré

Quel que soit le point de départ, parfois ça peut être lié à un trauma, parfois à des histoires personnelles. Cet engrenage, on ne peut en sortir que si on apprend au patient à se confronter avec ses peurs. C'est le principe de la thérapie comportementale, qui consiste en cette confrontation progressive, accompagnée pour désapprendre sa ou ses peurs".

Il s'agit de mettre en place un traitement graduel, progressif et personnalisé en fonction du patient.

- Aurélia Schneider

  • En thérapie psychanalytique 

La psychanalyste Sophie Cadalen explique que, en psychanalyse, "le symptôme est considéré comme quelque chose qui a profondément structuré le ou la patient.e à un moment donné de sa vie. Ce n'est pas le symptôme que l'on va travailler en priorité. La psychanalyse, c'est une association qui consiste à s'intéresser tout en même temps à ce que le symptôme raconte d'autre, il faut voir cela comme une espèce de pérégrination dans laquelle on doit consentir à se perdre pour mieux se retrouver. 

Se débarrasser de sa peur, la traiter, c'est avant tout changer de système de pensée, changer quelque chose qui au départ vous semble extrêmement effrayant. Il s'agit de travailler sur de multiples paradoxes mêlés ensemble.

Cela peut rapidement devenir une "prison psychologique" et il faut pouvoir parvenir à se confronter graduellement à sa propre peur pour rediscipliner son cerveau. La psychanalyse, c'est une association qui consiste à s'intéresser tout en même temps à ce que le symptôme raconte d'autre, il faut voir cela comme une espèce de pérégrination dans laquelle on doit consentir à se perdre pour mieux se retrouver. 

D'un patient à l'autre, la psychanalyse n'est pas la même aventure. Il y a vraiment, au départ un choix très subjectif. Il y a ceux qui réclament le silence du praticien le plus vite possible, et d'autres qui va falloir accompagner d'une parole qui va se libérer. Mais ça obéit à une seule règle : 

Il faut pouvoir dire tout ce qui vous passe par la tête, se défaire de vos codes, de vos conversations habituelles, des politesses, et la répétition est souvent importante.

Ça ressemble à une espèce de lieu foutraque où on va dégager une autre logique, celle d'un inconscient, une discussion qui va vous amener dans d'autres directions, souvent dans des endroits insoupçonnés de votre réflexion".

Pas de bonnes ou de mauvaises thérapies : l'important est que vous vous sentiez bien avec votre thérapeute

Les thérapeutes sont d'accord pour rappeler que l'élément principal de réussite  thérapeutique réside dans la qualité de la relation patient/praticien. Le sentiment de compréhension et de sincérité avec son ou sa praticienne est essentiel pour qu'une thérapie s'opère dans de bonnes conditions.

Sophie Cadalen rappelle que l'important, c'est que "les gens s'en sortent au mieux. C'est une histoire très personnelle. Il faut y aller parce que c'est ce dont vous avez besoin d'après votre propre sentiment, parce que vous avez envie et que ça vous intéresse. On peut avoir résolu un symptôme, une phobie par des thérapies et, finalement, s'adresser à une autre parce que le traitement psychologique vous intéresse. 

Les thérapies sont tout à fait complémentaires les unes des autres.

Des thérapies brèves, comportementales et cognitives peuvent vous soulager d'un symptôme mais il arrive aussi souvent que des gens, une fois soulagés de ces symptômes, aient envie d'aller plus loin, de les questionner, d'en faire quelque chose. Si on peut s'en passer, c'est aussi très bien. Certains se suffisent après avoir compris leurs névroses et arrivent à très bien vivre avec.

C'est vraiment une histoire d'économie libidinale, dans tous les sens du terme. Et si ça ne marche pas on va ailleurs.

Ce à quoi Aurélia Schneider ajoute que "le thérapeute n'est qu'un guide pédagogique qui émet une liste de souhaits, d'objectifs graduels, ceux-là seront oui ou non en mesure de correspondre au sentiment de besoin des patients".

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