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Suppression du corps des préfets : Jean Castex leur écrit, Marine Le Pen aussi

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La suppression du corps des préfets (mais pas la fonction) créé la polémique.
La suppression du corps des préfets (mais pas la fonction) créé la polémique.
© AFP - Hans Lucas / Nicolas Guyonnet

La suppression du corps des préfets, tout en maintenant la fonction, souhaitée par Emmanuel Macron, crée la polémique. Marine Le Pen y voit un nouveau sujet de débat, à un an de la présidentielle. Ces derniers jours, s'est jouée une bataille épistolaire entre le Premier ministre et la présidente du RN.

Finie l'ENA, finis les "grands corps" et, bientôt les préfets ? Le Premier ministre a annoncé le 8 avril le projet de suppression du corps préfectoral, qui serait remplacé par un corps unique des "Administrateurs de l'État". Une réforme destinée, notamment, à instiller plus de diversité dans le recrutement, ainsi que des parcours professionnels liés à la performance des préfets et non plus à leur statut. 

Mais face aux inquiétudes de la haute administration, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, déjà en campagne pour la présidentielle de 2022, a adressé, ce mardi, une lettre aux préfets pour les assurer de son soutien. Ce week-end c'était à Jean Castex de leur faire part de sa confiance, par courrier également. 

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À réécouter : Les préfets
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"Déconstruction d’un édifice administratif autour duquel s’est forgée la Nation"

C'est comme députée, et écrit-elle, "responsable de la principale force d'opposition", que Marine Le Pen s'adresse aux préfets. "Je partage l’inquiétude, souvent muette, mais douloureuse, de tous ceux qui sont habités par le 'sens de l’État' et qui constatent l’affaissement des moyens, de la considération et, partant, de l’autorité de l’État." écrit la Présidente du RN qui insiste sur le paradoxe entre un Président qui célèbre Napoléon, père des préfets, et le même qui "délite l'ensemble de la fonction publique". Et de faire l'éloge de ces serviteurs de l'État, avec la promesse – si elle est élue – de combattre la réforme. 

Mon projet politique se donne comme priorité la restauration de l’autorité de l’État.

Lettre datée du 10 mai et qui s'inscrit dans une offensive de charme plus large, qui vise à rassurer les militaires, les policiers, en relayant leurs revendications. Sur le mode "n'ayez pas peur" si nous arrivons au pouvoir. D'ailleurs, pour les élections régionales, elle peut s'appuyer sur un ex-préfet, Yves Bonnet, candidat en Normandie. Et pour sa campagne présidentielle, sur Christophe Bay, ex-préfet lui aussi, passé le cabinet de Brice Hortefeux.

"Au rendez-vous de cette épreuve historique"

Mais, au même moment, une autre lettre circule. Celle de Jean Castex, datée du 15 mai, adressée plus largement à toute la haute fonction publique. Six pages pour tenter de lever les malentendus. "Je veux vous dire", écrit le Premier ministre, "combien la France a eu de la chance de pouvoir compter sur une administration à la fois robuste et agile, qui a été au rendez-vous de cette épreuve historique"

La haute fonction publique (...) a apporté une indispensable contribution à cette exceptionnelle mobilisation et je veux à nouveau vous en remercier très vivement.

En résumé, il n'est pas question de faire table rase : les fonctions demeurent, c'est le statut qui change. Pour plus de représentativité, de mobilité, d'efficacité et mieux motiver aussi les cadres supérieurs de l'État. 

Pour répondre à Marine Le Pen, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques s'est fendue d'un tweet lundi soir. Amélie de Montchalin y dénonce la "tentative dangereuse, coupable et grossière de manipulation politique" par la présidente du RN ; "classique essai de déstabilisation de la République par l'extrême-droite, qui rappelle de sombres années"

Selon nos informations, l'association du corps préfectoral devrait réagir, elle aussi, et rappeler qu'elle n'entend pas être récupérée politiquement.