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Sur les réseaux sociaux, Grégoire Duteretere met à nu des morceaux de rap en les récitant

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Grégoire Duteretere, au bar "l'âge d'or", dans le 13e arrondissement de Paris.
Grégoire Duteretere, au bar "l'âge d'or", dans le 13e arrondissement de Paris.
© Radio France - Victor Vasseur

Depuis un an, Grégoire Duteretere lit des morceaux de rap, "à plat", comme un poème. Ces pastilles vidéo font ressortir les paroles, que l’on entend moins avec la musique. Avec des milliers de vues, c'est un vrai succès sur les réseaux sociaux.

Tout est parti d’une blague, un message vocal envoyé dans une conversation avec des amis. Grégoire Duteretere lit alors avec sa voix grave un morceau d’Aya Nakamura : "Mes potes étaient morts de rire". L’idée de faire une vidéo avec le même principe fait son chemin. Il crée son personnage, s’habille d’une vieille chemise, d’un cardigan, trouve des lunettes carrées et une pipe. Grégoire Duteretere (un pseudonyme) poste sa première vidéo en novembre 2021 sur TikTok. Le bien nommé "Bonjour" de Vald. L’algorithme fait le reste. Le lendemain, son téléphone est débordé de notifications. Aujourd'hui, il compte près de 300.000 abonnés sur TikTok et Instagram.

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Une cinquantaine de vidéos

La recette est déjà là. La musique classique en fond, le ton posé et grave, le regard narquois, le sourire en coin. Le décor et ses vêtements contrastent avec les paroles récitées. Le décalage est profond, entre son personnage à l’ancienne et les textes. Booba, Kaaris, Koba La D, Fresh LaPeufra, Dosseh, Kalash Criminel : une cinquantaine de vidéos plus tard, le style est rôdé. Des rappeurs viennent même l’adouber en commentaire.

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Ses vidéos qui marchent le plus sont celles où les paroles sont les plus explicites. "Les lire à plat permet de ressortir des traits de génie, quand on écoute de la musique, on ne fait pas vraiment attention aux paroles. On devrait lire plus souvent les paroles de nos artistes", raconte Grégoire. "J’aime mettre en valeur le texte parfois mis de côté par rapport à la musicalité et l’ambiance", poursuit le quarantenaire.

Les propos sexistes, homophobes et insultants sont mis à nu.  "Il y a des grands acteurs du domaine : Alkpote, Kaaris, Kalash Criminel". Comme avec le morceau "Kalash", ce featuring entre Booba et Kaaris, ou encore Foufoune Palace de Luidji. "Il y a des punchlines qui me font mourir de rire", confesse Gregoire. Les internautes aussi. "Alkapote, c’est très vulgaire, mais un personnage incroyable, c’est le rap game, et vachement bien écrit", reconnaît Grégoire. "Ce n’est pas pro féministe, mais c’est un jeu. Et il faut reconnaître que c’est bien écrit dans le fond."

Grégoire Duteretere, au bar "l'âge d'or", dans le 13e arrondissement de Paris.
Grégoire Duteretere, au bar "l'âge d'or", dans le 13e arrondissement de Paris.
© Radio France - Victor Vasseur

"L'âge d'or" du rap comme référence

Des internautes lui réclament des morceaux. Grégoire sort son téléphone et ouvre son bloc-note. Une liste de plusieurs dizaines d’artistes et de morceaux apparaît : du Sofiane, Gazo, TTC, Iron Sy, Lorenzo, Green Montana, Menace Santana, Furax Barbarossa, etc. Avec ses pastilles vidéos, il a repris goût à réécouter du rap, aller dénicher des pépites pour enrichir son répertoire.

Grégoire était adolescent dans les années 90, pendant "l’âge d’or du rap" comme il dit. Né en banlieue en Essonne, il a grandi dans une cité, pas loin de la Grande Borne. Dans ses oreilles à l’époque, NTM et IAM. Son album référence, "L’école du micro d’argent", du groupe marseillais : "Les instrus, l’écriture, le flow, c’est parfait". Ces vidéos révèlent la variété du rap français, l'étendue des styles. Certains rappeurs sont pour l’instant passés sous ses radars "Lomepal, il écrit trop bien, mais ça va venir". Il compte aussi rendre hommage au rap français old school dans d’autres pastilles, comme dans sa dernière vidéo, où Grégoire "boxe avec les mots", sur un morceau d’Arsenik.