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Surprise, depuis lundi les cours d'EPS sont de nouveau autorisés en intérieur

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Les cours d'EPS à  l'intérieur sont de nouveau autorisée sur l’ensemble du territoire
Les cours d'EPS à l'intérieur sont de nouveau autorisée sur l’ensemble du territoire
© Maxppp - Darek SZUSTER

Les cours ont repris dans les collèges et lycées depuis ce lundi. Et les professeurs d'EPS ont découvert que le protocole sanitaire avait encore changé pour leur discipline au cours du week-end dernier : la pratique en intérieur est de nouveau autorisée sur l’ensemble du territoire.

La décision de permettre, sur tout le territoire, la pratique des cours d'éducation physique et sportive (EPS) à l'intérieur, a surpris alors que le virus circule encore activement.

Samedi 1er mai, le ministère publiait sur son site de nouvelles dispositions pour les cours d'EPS : "À compter du lundi 3 mai, la pratique en intérieur est de nouveau autorisée sur l’ensemble du territoire. Toutefois les activités physiques en extérieur ainsi que les activités 'de basse intensité' en intérieur, permettant le port du masque dans les gymnases, sont à privilégier notamment dans les départements faisant l’objet de mesures de freinage renforcées. Les activités de motricité sont elles aussi autorisées en intérieur en école maternelle."

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En découvrant ces nouvelles mesures, les professeurs d'EPS ont été à la fois surpris et agacés. "On a  effectivement été surpris par ce changement assez rapide de protocole étant donné qu'__on venait tout juste d'en recevoir un nouveau pour le mois d'avril et que toutes les équipes d'EPS, dans tous les établissements, avaient reconstruit des programmations en fonction de ce nouveau protocole", explique Jérémie Gibon, professeur en collège au Mans et à la tête de l'association pour l'enseignement de l'EPS, l'AEEPS.  

Amateurisme

"On est très agacé", renchérit Hugo Pontais, professeur à Pantin, et secrétaire académique du syndicat Snep-FSU dans l'académie de Créteil, le syndicat national de l'éducation physique. "On se sent un peu méprisé parce qu'on demande depuis le début, depuis un an, au niveau syndical, à être associés à ce type de décision et on voit que, comme au mois de janvier quand il y a eu la décision de fermer les gymnases, on fait face encore à de l'amateurisme et à une ignorance de ce qui se passe sur le terrain"

Conséquence de ce changement, les enseignants doivent encore modifier l'organisation de leurs cours et s'adapter, comme le confirme Jérémie Gibon, avec le sourire malgré tout : "Je crois que la capacité d'adaptation des profs d'EPS a été pleinement exploitée cette année ! On en est rendu à 6 ou 7 modifications. Donc au niveau des équipes, d'après les échos que l'on a des collègues, soit ils ne vont pas tenir compte de cette nouvelle mise à jour et vont faire ce qui a été programmé, soit certains vont s'emparer de ces nouvelles possibilités pour reconstruire une nouvelle programmation et essayer de mettre en place les activités qui n'auraient pas pu être mises en place cette année", explique le professeur. "Ça donne aussi une possibilité aux équipes de pouvoir au moins se rabattre avec les élèves dans une installation couverte en cas d'intempéries même si c'est un peu moins le cas en ce moment"

"Des élèves qui en ont grandement besoin"

Cette décision reste tout de même une bonne nouvelle, selon Hugo Pontais, dont les trois quarts des élèves, qu'il a retrouvés ce lundi, n'ont pas fait de sport pendant le confinement. "De nombreux élèves ne sont pas sortis de chez eux pendant un mois. On est dans une académie très urbanisée, notamment pour le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis mais aussi pour certains secteurs de la Seine-et-Marne, donc c'est difficile d'aller pratiquer dehors, il faut se déplacer, c'est beaucoup plus compliqué que si on habite au bord de la mer, à la montagne ou à la campagne". 

"C'est important de proposer une pratique physique à des élèves qui en ont grandement besoin et dans un cadre où c'est obligatoire"

Un avis que partage Jérémie Gibon, même si cela demande une charge de travail supplémentaire de tout réorganiser "étant donné que certaines activités avaient été un peu mises de côté parce qu'on ne pouvait plus les enseigner. C'est le cas de la natation qui est une activité essentielle et qui ne pouvait plus se faire compte tenu du précédent protocole. Donc là, avec cette possibilité de faire cours de nouveau dans les gymnases et dans les piscines, certaines équipes vont modifier leur programmation pour pouvoir à nouveau bénéficier de ces installations comme ça aurait dû être le cas normalement lors d'une année classique"

"Proposer un gymnase, c'est une manière d'avoir une pratique qui peut être physique mais qui peut aussi être artistique", ajoute Hugo Pontais, "comme la danse ou le cirque". Le ministère recommande en effet des activités douces en intérieur, où les élèves peuvent garder le masque.