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SUTOM sauvé : le phénomène des jeux en ligne inspiré de Motus ne va finalement pas s'arrêter

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SUTOM fermera vendredi suite à l'annonce de son créateur sur les réseaux sociaux
SUTOM fermera vendredi suite à l'annonce de son créateur sur les réseaux sociaux
© Radio France

Après l'annonce de l'arrêt de SUTOM (inspiré de directement de "Motus") jeudi matin par son créateur, la mobilisation des internautes a été si grande que France Télévisions, qui possède les droits de la marque, lui a finalement demandé de le laisser en ligne, le temps de négocier son avenir.

Le nouveau petit rituel matinal du réveil-café-SUTOM va pouvoir perdurer pour des milliers d'internautes. Le site est l'une des plateformes apparues après l'arrivée, à l'automne dernier aux États-Unis, de Wordle, avec un concept simple : deviner un mot de cinq, six, ou sept lettres, avec un nombre d'essai limité. Véritable phénomène, sa version française SUTOM (dont le nom reprend, dans l'ordre inversé, les lettres du célèbre jeu télévisé Motus) créée en janvier, a failli s'arrêter après deux mois d'existence. 

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Son développeur a annoncé sur Twitter sa fermeture, à contrecœur, vendredi. La raison : France Télévisions, qui possède les droits du jeu diffusé entre 1992 et 2019, ne souhaitait pas qu'il garde ce nom. Une décision qui a provoqué un torrent de messages de déception et d'indignation sur les réseaux sociaux. Mais la mobilisation a été si grande que le groupe audiovisuel public lui a finalement fait savoir qu'il l'autorisait à garder le nom.

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Éviter la bataille juridique

C'est dans un thread publié sur Twitter que son concepteur, Jonathan, explique les raisons de l'arrêt du site : "Vendredi 11, j'ai reçu un courrier d'avocat de la part de France Télévisions, qui m'a demandé de ne plus utiliser le nom SUTOM." Et il ajoute immédiatement : "Évitons les polémiques tout de suite : ils sont dans leur bon droit !". À France Inter, Jonathan précise les raisons de cette demande : "En fait ils sont propriétaires de la marque Motus et ils continuent de l'exploiter, notamment en VOD." Dans un premier temps, le développeur leur répond qu'il souhaite trouver un terrain d'entente avec le groupe. 

Je voulais discuter avec eux pour pouvoir garder le nom, parce que c'est quand même un élément important du jeu. Je voulais au passage clarifier le fait que je réutilise la charte graphique et les sons de Motus."

Les joueurs français de SUTOM ont tout de suite vu la référence, et c'est peut-être d'ailleurs ce qui explique le succès du jeu, avec près de 240 000 parties lancées chaque jour. Le mot "motus" en verlan, la grille bleue, les lettres blanches, et les étiquettes rouges et jaunes : c'est toute l'identité visuelle et sonore du jeu présenté par Thierry Beccaro que l'on retrouve. Réponse de France Télévisions : changez le nom. Face à ce qu'il considère comme un manque de dialogue (via lettres recommandées d'avocats), Jonathan a préféré abandonner. "C'est un projet personnel, je n'ai pas envie de me lancer dans une bataille juridique pour ça, ça n'en vaut pas la peine, je préfère tout couper", raconte t-il. 

"Mon compte Twitter a été saturé de notifications et de messages privés"

Les réactions à la publication du thread de Jonathan sur Twitter ont poussé à réagir France Télévisions. Des milliers de retweets et de messages de soutien sont apparus, à la surprise de Jonathan : "Je n'imaginais pas que SUTOM touche autant de gens". Beaucoup font part de leur déception, jusqu'à interpeller le compte @FranceTV ou encore celui de sa présidente, Delphine Ernotte.

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Rapidement, il a eu "une centaine de messages privés, beaucoup plus de notifications parce que je crois que le tweet le premier tweet du raid a fait plus de 8 000 like et plus de 5 000 tweets, dont 2 000 ou 3 000 tweets cités. Et il y a eu quelques milliers de réponses aussi, donc, sans compter tous les gens qui m'ont mentionné à droite, à gauche. Mon téléphone sonne toutes les 3 secondes environ pour dire qu'il y a un nouveau message."

Mon compte Twitter a été saturé de notifications et de messages privés. Ça a été très très loin. J'ai même vu certaines personnalités politiques tweeter à ce sujet"

Voir un tel engouement général autour de SUTOM lui fait "très plaisir, surtout quand j'ai des retours me disant que des enseignants jouent ça en classe avec leurs élèves, que certains dans leur entreprise font des petites compétitions entre eux pour savoir qui fera le moins de coups, que dans certaines familles échangent leurs grilles et à travers gardent le contact avec des membres de leur famille. C'est totalement incroyable."

Revirement de France Télévisions

Après quelques heures, Jonathan reçoit un coup de téléphone inattendu de France Télévisions : "Ils m'ont dit que j'avais rien à craindre, qu'ils n'allaient pas me faire un procès parce que j'utilise le mot SUTOM. Il fallait désamorcer l'affaire. Mais ça ne va pas nous empêcher de discuter de l'avenir sereinement." Quel avenir imaginer maintenant ? Dans quelle mesure le groupe pourrait-il s'impliquer ? Le succès fulgurant de ces jeux en ligne a poussé le New York Times à racheter Wordle en janvier, pour plusieurs millions de dollars. "Moi je n'ai pas fait ça pour l'argent", assure Jonathan, "le site m'a couté 7 euros, le prix de l'hébergement. Et je n'ai rien gagné, hormis des gens supplémentaires sur Twitter."

"Pour moi, l'idéal, c'est que les gens puissent continuer à jouer dans les mêmes conditions et que et que ça plaise toujours autant. C'est ça l'objectif du jeu. Après moi, je ne suis pas là pour gagner spécialement de l'argent. C'est un projet que j'ai fait bénévolement parce ça me faisait plaisir. Mon objectif, ce n'est pas d'en tirer spécialement profit", conclut Jonathan. Il imagine même, avec un tel engouement, un retour de Motus à la télévision.