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Tests salivaires dans les écoles : l'objectif annoncé n'est pas atteint

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La semaine dernière, 200 000 tests salivaires ont été réalisés, avec 0,18 % de résultats positifs.
La semaine dernière, 200 000 tests salivaires ont été réalisés, avec 0,18 % de résultats positifs.
© AFP - Sebastien Bozon

La semaine dernière, 200 000 tests salivaires ont été réalisés dans les écoles et quelques collèges, bien loin des 400 000 annoncés par le ministère de l'Éducation nationale, qui peine à recruter du personnel et se retrouve confronté au manque d'adhésion des parents.

Les tests salivaires proposés depuis le mois de mars étaient présentés comme un moyen de dépistage efficace, plus facile et moins intrusif que les tests antigéniques. Mais leur déploiement n'a pas atteint son objectif. La semaine dernière, 200 000 tests salivaires ont été réalisés, avec 0,18 % de résultats positifs, auprès des élèves des écoles primaires et de quelques collèges. Nous sommes bien loin des 400 000 par semaine annoncés par le ministère de l'Éducation nationale. Et des 600 000 promis pour la mi-mai.

Ce bilan très mitigé s'explique d'abord par le manque de personnels pour réaliser le recueillement de salive : manque de personnels de santé, manque de médiateurs de lutte anti-Covid que les rectorats peinent à recruter. La logistique est lourde et l'organisation nécessite des bras. Résultat, les tests n'ont lieu que dans des écoles ciblées et quelques collèges mais on est bien loin d'une campagne de dépistage massive. 

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Expliquer la nécessité de se tester

L'autre raison est un manque d'adhésion des parents. "On a 30 % de parents qui ne soumettent pas leurs enfants aux tests, d'après les chiffres communiqués par le ministère", explique Saphia Guereschi, secrétaire générale du SNICS-FSU, syndicat des infirmières de l'Education nationale. 

Elle analyse le phénomène de la façon suivante : "Il y a une minorité de parents qui sont opposés aux tests d'une façon générale et qui souhaitent un relâchement des restrictions dans la société en général. Il y a les parents qui ont eux-mêmes fait tester leur enfant ou qui préfèrent le faire avec un professionnel de santé à l'extérieur de l'école quand c'est nécessaire. Mais surtout, sur le premier degré, on a beaucoup de parents qui sont inquiets et qui ne souhaitent pas soumettre leur enfant à des tests de façon trop régulière. Il s'agit de jeunes enfants. Ils ne souhaitent pas les soumettre à des situations anxiogènes"

Et l'infirmière comprend ce sentiment : "C'est vrai que c'est anxiogène. Et nous, on demande du temps pour expliquer la nécessité de se tester pour pouvoir garder l'école ouverte. C'est quelque chose qui manque aujourd'hui à l'Education nationale. Les infirmières sont trop peu nombreuses."

1 700 médiateurs pour 50 000 écoles, "louable mais ridicule"

Si les parents n'adhèrent pas suffisamment à ces campagnes de dépistage, ce serait plutôt en raison de la lourdeur administrative du dispositif, selon la fédération de parents d'élèves de la Peep. Laurent Zamzkowski, administrateur national, estime que "globalement, les parents ne sont pas réticents à ce que leur enfant crache dans un tube". En revanche, poursuit-il, "il y a un aspect administratif qui est un peu lourd, il faut recueillir le consentement des parents, ils doivent fournir l'attestation de carte vitale ; parfois le mot explicatif est resté dans le cartable ou l'élève l'a perdu"

Mais pour lui, la raison principale reste que ces tests ne sont pas proposés dans la plupart des écoles aujourd'hui. "Ces tests salivaires sont très épisodiques", précise le parent d'élève, "qui est aussi président de la Peep des Hauts-de-Seine, on manque de personnels. 1 700 médiateurs de lutte anti-Covid pour 50 000 écoles, c'est louable mais c'est ridicule !"

Dans ce contexte, les infirmières et les parents mais aussi les chefs d'établissements réclament que les futurs auto-tests qui sont annoncés dans les lycées soient plutôt réalisés à la maison, pour éviter toutes ces difficultés de logistique et de consentement.