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Tirs de la BAC à Stains : une plainte déposée pour "diffusion de nouvelles fausses"

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Vidéo tournée dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis)
Vidéo tournée dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis)
- capture d'écran

INFORMATION FRANCE INTER - Deux mois après les tirs de policiers de la BAC contre un automobiliste et sa passagère à Stains (Seine-Saint-Denis), une plainte avec constitution de partie civile a été déposée ce jeudi 28 octobre, contre la préfecture de police de Paris et sa porte-parole.

L'avocat de l'automobiliste, touché par des tirs de policiers dans la nuit du 15 au 16 août, à Stains (Seine-Saint-Denis) annonce ce jeudi avoir déposé plainte contre la préfecture de police de Paris et sa porte-parole pour "diffusion de nouvelles fausses", après que des images, dont l'existence a été révélée par Le Monde, et diffusées par France Inter, remettent en cause la version donnée par la préfecture quelques heures après les faits.

Nouvelles images

Le matin du 16 août, des images circulant sur les réseaux sociaux, et mises en ligne par "L'Echo des banlieues", qui se présente comme un "média indépendant de quartier", montraient des policiers de la brigade anticriminalité de Stains en train de tirer à huit reprises sur une voiture. Le contexte et la raison de cette intervention de police sont difficilement compréhensibles sur ces images. Les fonctionnaires sont habillés en civil, ne portent aucun signe distinctif, et n'ont pas activé leur gyrophare sur leur voiture banalisée. 

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À la mi-journée, toujours le 16 août, la préfecture de police de Paris diffuse à son tour, via son compte Twitter, une vidéo de sa porte-parole, présentée comme donnant "des éléments de décryptage". Durant une minute, Laetitia Vallar y explique ce que la préfecture dit savoir "à ce stade" de cette intervention : "Suite à un refus d'obtempérer, les policiers sont venus contrôler le conducteur d'un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et a brusquement fait marche arrière percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection".

Or, la vidéo, qui montre ce qui s'est passé juste avant les images relayées de nombreuses fois le 16 août, contredit cette version : sur ces-dernières, aucun des deux policiers n'est percuté par la voiture prise pour cible. 

Les fonctionnaires ont-ils été percutés par la voiture ?

Dans sa plainte, que France Inter a pu consulter, l'avocat de l'automobiliste, Me Yassine Bouzrou, souligne le fait qu'aucun des deux fonctionnaires, lorsque ceux-ci ont déposé plainte, n'a affirmé avoir été percuté par le véhicule de son client. Dans cette même plainte, l'avocat ajoute qu'un troisième policier, présent sur la scène, et qui n'a pas fait usage de son arme, n'a pas non plus indiqué avoir été touché par la voiture. Or, estime Me Bouzrou, la vidéo de la préfecture de police ayant été mise en ligne à 12h19, l'institution aurait eu tout le temps de mener les vérifications nécessaires avant de diffuser son explication sur les réseaux sociaux.

Toujours dans cette vidéo "de décryptage", la porte-parole de la préfecture de police poursuit : "Le deuxième policier qui était au contact du conducteur de véhicule a tenté d'immobiliser le véhicule et a été entraîné sur plusieurs mètres par le conducteur du véhicule qui a fait une marche avant". Or, la vidéo de l'intervention montre ce même fonctionnaire au T-shirt blanc s'introduire volontairement dans un premier temps dans l'habitacle de la voiture visée, en s'asseyant sur le rebord de la fenêtre, côté conducteur, puis en descendre au moment où le conducteur enclenche la marche avant. Sollicitée, la préfecture de police n'a pas souhaité réagir à notre demande.

Information judiciaire ouverte, l'IGPN saisie

Le conducteur et sa passagère avaient été gravement blessés lors de ces tirs, les policiers légèrement blessés. Une information judiciaire a été ouverte dans cette affaire pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'ordre public", tandis que l'automobiliste et sa compagne sont visés, eux, par une enquête pour "refus d'obtempérer" et "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique". L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est également saisie.