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Toussaint : de plus en plus de Français optent pour la crémation

Des fleurs sont déposées sur les urnes funéraires du cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 7 juin 2020
Des fleurs sont déposées sur les urnes funéraires du cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 7 juin 2020
© AFP - FRANCOIS GUILLOT

Au fil des années, de plus en plus de Français se tournent vers la crémation. La tendance s’est inversée. Quatre français sur dix optent aujourd’hui pour cette option.

La crémation est de plus en plus plébiscitée. En 1980, seulement 1% des obsèques étaient une crémation en métropole, soit 6.760 personnes. La part est passée à 10% en 1993, 36% en 2016, pour dépasser la barre des 40% aujourd’hui. Ces chiffres confortent un sondage Ifop pour le site Plaque décès paru mardi : 50% des Français préfèreraient êtres crématisés en 2023 contre 20% en 1979, et 29% enterrés.

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214 crématoriums en France

La crémation n’est plus une pratique funéraire anecdotique comme cela l’était dans les années 80. Selon le site Meilleures Pompes Funèbres, 214 crématoriums sont en activité en 2023, et une trentaine de projets sont en discussion. Aujourd'hui, la loi impose un délai de six jours maximum entre le décès et l'inhumation ou la crémation. Mais de plus en plus de crématoriums font face à une augmentation des demandes, et il est difficile dans certains départements d'en trouver un. Le secteur du funéraire est en tension, et il peine à recruter. Alors, les crématoriums doivent débloquer des créneaux en plus quand la situation l’oblige.

La crémation moins chère, une idée fausse ?

Pour ses promoteurs, la crémation serait moins chère qu’une inhumation classique. Ce qui n’est pas forcément le cas, selon les données compilées par le site spécialisé Obsèques infos. En 2023, le prix moyen des obsèques avec une crémation est de 3.116 euros, contre 2.957 euros pour une inhumation. En moyenne, le coût de la crémation proprement dite s’élève en moyenne à 757 euros en 2023, mais les prix varient entre départements. D’autant que l’inflation a augmenté les coûts ces derniers mois. "Avec l'impact du prix du gaz, on anticipe sur les deux prochaines années une augmentation de la crémation de 35%", estimait Charles Simpson le créateur du site comparateur "Meilleures Pompes funèbres", interrogé par France Bleu, fin 2022.

La crémation, plus écologique selon une étude

Autre argument au profit de la crémation, elle serait plus respectueuse de l’environnement. En 2017, une étude commandée par les Services funéraires de la Ville de Paris affirmait que l’inhumation était bien plus polluante que la crémation. Elle équivaut en moyenne à 3,6 crémations. En cause, les matériaux utilisés pour les sépultures, très émetteurs de gaz à effet de serre, comme le granit importé de Chine. Une inhumation en pleine-terre sans monument (182 kg de CO2) a un impact écologique un peu inférieur à celui de la crémation (233 kg de CO2), quand une inhumation avec la mise en place d’un caveau et d’un monument génère 1.252 kg de CO2.

Ne pas "peser" sur les proches

Une concession funéraire peut avoir plusieurs contraintes pour les proches du défunt, comme l’entretien, mais aussi le coût. Choisir une crémation permet de ne pas "peser" sur ses proches. C’est en tout cas le choix de Loïc Bertrand, le président de l’association des crématistes d’Ille-et-Vilaine, interrogé par France Inter. Ce bénévole milite pour la crémation. "J’habite à Rennes. J’ai deux filles, une vit à Toulouse et une autre en Espagne à Grenade. Je ne vois pas l’intérêt pour elle d'avoir ici à Rennes une espèce d’exutoire où elles viendront tous les trois, quatre ans, pour venir voir la tombe du papi. Cela n'a pas grand intérêt pour elle." Il cite la maxime du philosophe Tacite : "Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur du vivant."

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