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Tout savoir sur les régionales 2021 en Hauts-de-France : candidats, sondages et brèves de campagne

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Les quatre principaux candidats : Laurent Pietraszewski, Karima Delli, Sébastien Chenu et Xavier Bertrand.
Les quatre principaux candidats : Laurent Pietraszewski, Karima Delli, Sébastien Chenu et Xavier Bertrand.
© AFP - *

ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 - Chaque jour, France Inter examine les enjeux du scrutin dans une région. Pour ce huitième épisode, zoom sur les Hauts-de France.

Chaque jour, France Inter vous propose de faire le point dans l'un des 13 territoires métropolitains concernés par les élections régionales des 20 et 27 juin. Huitième volet dans les Hauts-de-France.

Carte d'identité :

  • Population : 6 004 108 habitants
  • Budget : 3,68 milliards d'euros
  • Capitale : Lille
  • Départements : Aisne (02), Nord (59), Oise (60), Pas-de-Calais (62) et la Somme (80)

Le sortant : Xavier Bertrand 

"C’est un Picard, un enfant du pays, un besogneux qui cultive la proximité et surjoue la modestie" dit de lui le journal Le Monde, le soir de sa victoire en 2015. Six ans après, Xavier Bertrand a quitté Les Républicains et ambitionne de devenir le champion de la droite pour la présidentielle de 2022

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Ce qu'il s'était passé en 2015 : Xavier Bertrand s'en sort avec les voix de gauche

C’était très mal embarqué pour Xavier Bertrand : l’ancien ministre, maire de Saint-Quentin, député de l’Aisne et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, était loin derrière au soir du premier tour. La candidate du FN Marine Le Pen avait obtenu lors du premier tour 40% des voix, et Xavier Bertrand 24,97%. Finalement, le candidat de droite peut dire merci aux électeurs de gauche, et au "front républicain". Il s’empare de la nouvelle région avec 57,77% des suffrages exprimés

Les forces en présence : la gauche unie, la droite caracole en tête

Xavier Bertrand a envie de croire les sondages, et en tire déjà une conclusion : "On a su faire reculer les raisons de la colère ou les raisons de la misère. Quant à Calais, il n'y a plus la jungle avec ses 9000 personnes qui étaient exploitées par ces criminels que sont les passeurs." Le candidat de la droite poursuit : "Il y a moins de raisons d'être en colère quand il y a des entreprises qui ont pu être sauvées, quand il y a une nouvelle entreprise qui arrive. Il y a moins de raisons de connaître les difficultés sociales et le chômage."  

Sur le papier, le Rassemblement national ne bouge pas. L’arrivée du Garde des Sceaux dans la campagne n’a rien changé affirme le candidat Sébastien Chenu : "Eric Dupond-Moretti est venu un week-end et on l'a vu sur un terril. On ne peut pas dire que l'on a beaucoup revu ou que l'on a entendu une seule proposition dans sa bouche. Pas une seule. C'est uniquement de la communication. Cela se jouera entre Xavier Bertrand et moi." 

Dans les Hauts-de-France, la macronie n’y arrive pas. Le secrétaire d’État, Laurent Pietraszewski, cherche donc une explication : "La campagne débute. Vous en donnez un écho ici mais l'intensité, y compris médiatique, de cette campagne est relativement faible et elle arrive d'ailleurs relativement tard, cette intensité médiatique, au regard de ce qui avait pu exister 2015." Est-ce aussi pour cette raison que l’alliance des gauches ne décolle pas ? Karima Delli, EELV, veut croire en sa campagne sous les radars : "On n'a pas besoin de cinq ministres sur nos listes. Nous avons des élus, des prolos, des bobos, des ruraux, des citadins." Si cette inédite union de la gauche réunit à peine 20% des voix, ce sera la dernière.

Ce que disent les sondages : Le RN pas aussi fort qu'en 2015, LREM limite la casse

Le grand favori des sondages est le candidat sortant Xavier Bertrand. Le candidat de droite est en tête des sondages devant la liste du Rassemblement national menée par Sébastien Chenu. Au second tour, il obtiendrait 38 % dans le cas d'une quadrangulaire, et 43% en cas de triangulaire. Loin derrière, en troisième position, Karima Delli obtient 17% des intentions de vote. Le candidat soutenu par LREM Laurent Pietraszewski dépasse tout juste les 10% et peut se qualifier pour le second tour. 

Le thème de campagne : les éoliennes de la discorde

En Picardie et dans le Nord Pas-de-Calais, la campagne se cristallise autour du sujet des éoliennes. Les trois quarts des projets sont contestés en justice. C’est la première région française en nombre de mâts, un quart de l’électricité éolienne y est produite en France. Le ras-le-bol interpelle tous les partis. Même les écologistes se montrent prudents comme Karima Delli. La candidate demande plus de concertations : "Tous les projets d'éoliennes demandent une enquête publique, pour associer les citoyens. Il faut être proche des maires et faire un véritable travail de terrain. Aujourd'hui, on nous dit que c'est l'anarchie. Mais qu'est-ce que l’équipe à la tête de la région a fait par rapport aux éoliennes durant six ans ?" Le bras droit de Xavier Bertrand à la région, Christophe Coulon réplique : "Il y a eu 166 projets annulés." Il reconnaît une certaine impuissance : 

Vous pouvez demander l'avis à la terre entière, avec un commissaire enquêteur défavorable, un conseil municipal défavorable, une région défavorable, un département défavorable. C'est le préfet qui tient le stylo.

À droite, Xavier Bertrand est le seul à y être opposé aussi farouchement. Il compte financer les associations d’opposants. Au RN, c’est un refrain de campagne, estime Sébastien Chenu : "Ce sont des nuisances majeures. C'est une escroquerie écologique et c'est de la destruction d'emplois. Quand on fait de l'éolien marin, on fait fuir les poissons et on empêche les pêcheurs professionnels de pouvoir faire leur travail." 

"Vous savez, la vie n'est pas binaire, il n'y a pas les bons, il n'y a pas les méchants" déclare Laurent Pietraszewski. On reconnaît ici le "en même temps" du ministre candidat. Il poursuit : "Il ne faut pas d'éolien sans concertation. Avec l'éolien terrestre, je crois d'ailleurs que nous avons déjà bien donné sur l'engagement de notre région. Il y a des projets d'éolien en mer plus efficaces, performants." Au large de Dunkerque, notamment, Xavier Bertrand n’y est pas opposé si les éoliennes flottent loin du littoral en dehors des zones de pêche. Pourtant, il préférerait la construction d’une centrale EPR à côté de Dunkerque.

Toutes les listes présentes :

"Faire entendre le camp des travailleurs", conduite par Eric Pecqueur (Lutte ouvrière) 

"Une région qui vous protège ", conduite par Sébastien Chenu (RN)

"Pour le climat, pour l’emploi", conduite par Karima Delli (EELV, PS et alliés, LFI)

"Une région fière forte et rassemblée", conduite par José Évrard (Debout la France)

"Face à l’inefficacité de l’État, une seule solution : une France fédérale !", conduite par Alexandre Audric (Parti des citoyens européens) 

"Hauts-de-France unis", conduite par Laurent Pietraszewski (LREM, MoDem et Alliés) 

"Se battre pour vous !", conduite par Xavier Bertrand (DVD, LR, UDI et Alliés)