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Tout savoir sur les régionales 2021 en Normandie : candidats, sondages et brèves de campagne

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De gauche à droite et de haut en bas : Hervé Morin (LC, LR), Sébastien Jumel (LFI, PCF, PRG), Mélanie Boulanger (PS, EELV) et Nicolas Bay (RN).
De gauche à droite et de haut en bas : Hervé Morin (LC, LR), Sébastien Jumel (LFI, PCF, PRG), Mélanie Boulanger (PS, EELV) et Nicolas Bay (RN).
© Maxppp - PhotoPQR

ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 - Chaque jour, France Inter examine les enjeux du scrutin dans une région. Pour ce quatrième épisode, zoom sur la Normandie, où le Président sortant Hervé Morin brigue un second mandat. Le Rassemblement national est en embuscade. Parmi les thèmes de campagne : le ferroviaire.

Chaque jour, France Inter vous propose de faire le point dans l'un des 13 territoires métropolitains concernés par les élections régionales des 20 et 27 juin. Quatrième volet en Normandie.

Carte d'identité

  • Population : 3 305 218 habitants
  • Budget : 1,9 milliards d’euros
  • Capitale : Rouen
  • Départements : Calvados (14), Eure (27), Manche (50), Orne (61), Seine-Maritime (76).
Lors du premier débat des régionales en Normandie au Club de la presse et de la communication à Rouen.
Lors du premier débat des régionales en Normandie au Club de la presse et de la communication à Rouen.
© Radio France - Maxence Lambrecq

Le sortant : Hervé Morin

L’ancien ministre de la défense de Nicolas Sarkozy, Hervé Morin a pris la tête de la Normandie lors des élections de 2015. Il est le premier président de la nouvelle région Normandie, "issue du mariage entre la Basse-Normandie, traditionnellement plus rurale et conservatrice, et la Haute-Normandie, plus ouvrière et plus à gauche" rappelle Le Monde. Donné grand favori, le candidat UDI a bien failli s'incliner.

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Ce qu'il s'était passé en 2015 : Une victoire sur le fil 

C'était une victoire à l'arrachée. Le candidat UDI Hervé Morin s’est difficilement imposé avec moins de 5 000 voix d’écart. Et pourtant, le grand favori, c'était lui. Durant la campagne, il a enchaîné les bourdes, qualifié durant la campagne de "morinades". Il avait notamment qualifié le département de l'Orne de "trou du cul du monde" lors d'un débat et échoué à placer Caen sur carte de la France. Finalement, Hervé Morin a remporté la Normandie avec 36,43 % des voix contre 36,08 % au candidat sortant socialiste Nicolas Mayer-Rossignol.

Les forces en présence : LREM et la gauche divisée, le FN en embuscade

C’est une terre connue par sa modération : ni vraiment oui, ni vraiment non, presque le pays du "en même temps". La Macronie pourrait y régner. Pourtant, le président sortant paraît bien installé. L’ancien ministre, Hervé Morin, président du parti Les Centristes part favori, face à un RN qui stagne, une gauche divisée et des marcheurs éparpillés. Le Rassemblement national reste en embuscade : "Hervé Morin ne peut pas prétendre être un opposant au gouvernement tout en ayant une vingtaine d’élu Agir, LREM ou Modem, sur sa liste, alors que ces mouvements composent la majorité présidentielle."

La LREM est divisée, répartie sur deux autres listes. Laurent Bonnaterre, candidat soutenu par la majorité, ancien socialiste, s’affiche sans étiquette. "Je ne suis membre d’aucun parti depuis trois ans" dit-il. Une autre liste est portée par la dissidente Stéphanie Kerbarh, et cela ne plaît pas dans l'état-major du mouvement. La députée sera exclue du mouvement annonce le patron du parti Stanislas Guerini.

La gauche se divise également, coupée en deux. Les communistes et la France Insoumise soutiennent le député Sébastien Jumel. Le Parti Socialiste et EELV se rassemblent derrière Mélanie Boulanger. "Les écolos et le PS local sont plus préoccupés par la lutte des places, que la fonte de glaces" clame le premier. "Un sondage plaçait Sébastien Jumel à 14% au premier tour. Donc il a décidé d’annoncer tout seul sa candidature" rétorque la seconde. Ils fusionneront, malgré tout, au second tour. Hervé Morin, lui, promet la même liste les 20 et 27 juin. 

La rue du Gros Horloge, la plus célèbre de Rouen.
La rue du Gros Horloge, la plus célèbre de Rouen.
© Radio France - Maxence Lambrecq

Ce que disent les sondages : le RN fort, Morin favori

Le président sortant est le favori des sondages. Hervé Morin arriverait en tête au premier tour avec 31% des voix, devant le Rassemblement national et la liste portée par Nicolas Bay. Elle recueille 26% des intentions de vote. "Ce sondage montre un paysage politique assez éclaté dans le droit fil du big bang présidentielle de 2017. On a cinq listes qui dépassent 10%, donc qui seront en mesure de se maintenir au second tour" commente le directeur de l'Ifop, Frédéric Dabi, sur Europe 1. Ce sondage en partenariat avec La Tribune mi-avril est le seul. Depuis, la liste UDI de Nathalie Goulet s'est retirée.

Le thème de campagne : le ferroviaire 

L’un des grands débats de cette campagne, c’est le réseau ferroviaire, lié au le ras-le-bol des usagers. Pendant longtemps, la Normandie n’était qu’une lointaine banlieue aux yeux de la SNCF. Paris-Rouen-Le Havre est l’une des lignes les plus fréquentées et les plus perturbées de la SNCF. Critiqué notamment par le marcheur, Laurent Bonnaterre : "On peut arriver dans des gares, on attend le train, mais aucun n'arrive !" Le candidat RN, Nicolas Bay, renchérit : "Rien n'a été amélioré en terme de fiabilité. Il y a toujours autant d'incidents" 

À toutes ces critiques, le président de région Hervé Morin répond que 95% de trains étaient à l’heure ces derniers mois. Six aller-retours supplémentaires Paris-Rouen-Le Havre ont été ajoutés : "On a investi 2,5 milliards d'euros dans le ferroviaires. Oui, c'est long. Mais il faut changer les voies. Et les trains neufs sont arrivés." Hervé Morin promet six petites lignes sur le prochain mandat. Pour la socialiste, Mélanie Boulanger, le temps de trajet entre Rouen et Paris "a augmenté de 12 minutes lors des six dernières années." Il faudra encore attendre des années avant que les trains normands ne passent plus par les voies très encombrés du RER francilien.

L'anecdote de campagne : Nicolas Bay, un faux normand ?

La tête de liste du RN en Normandie est le vice-président du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen. Pour ses adversaires, Nicolas Bay reste un "parachuté" malgré le fait qu’il soit conseiller régional depuis 2010. Lors du débat organisé le 1er juin par le Club de la presse et de la communication de Normandie, en partenariat avec France Bleu, Hervé Morin l’a décrit comme "l’homme qui est à Bruxelles qui débarque de temps à autre en Normandie, une demie journée au Conseil régional et repart aussitôt". "Il gobe comme un saumon remontant la rivière des sujets de mécontentements" tacle le président de région, "et les assènent à travers des contre-vérités absolument totales". Le candidat communiste, Sébastien Jumel ajoute

C’est une machine bien huilée qui de temps en temps vient de Paris en Normandie nous expliquer comment on vit, qui vient croiser à Dieppe un touriste, et nous dit qu’il a rencontré les pécheurs

Face à ces attaques, Nicolas Bay réplique en s’adressant directement à Hervé Morin : "J’ai été à toutes les séances plénières du Conseil régional, sans aucune exception. Pas une seule fois, j’ai été absent en six ans. Je suis un des élus qui intervient le plus." Il poursuit, avec véhémence : "Quand vous étiez, vous, dans l’opposition entre 2010 et 2015, vous avez participé, tenez-vous bien, à cinq séances plénières sur 28, donc vous êtes lourdement disqualifié pour donner des leçons en la matière. Vous aviez même dit, à l’époque, que c’était au-dessus de vos forces de venir au conseil régional." Hervé Morin hoche la tête, sourit, laisse son micro de côté : il donne le point à son adversaire. 1-1.

Toutes les listes présentes

  • "Faire entendre le camp des travailleurs", conduite par Pascal Le Manach (Lutte ouvrière)
  • "Normandie terre d'avenir", conduite par Laurent Bonnaterre (Territoires de progrès, La République en marche, MoDem)
  • "Pour vous, avec vous", conduite par Stéphanie Kerbarh (Sans étiquette, dissidence LaRem)
  • "La région qui prend soin, la Normandie qui nous ressemble", conduite par Sébastien Jumel (La France insoumise, Parti communiste français, Parti radical de gauche et alliés)
  • "La Normandie nous rassemble", conduite par Mélanie Boulanger (Parti socialiste, Europe écologie-Les Verts et alliés)
  • "Vivre la Normandie avec Hervé Morin", conduite par Hervé Morin (Les Centristes, Les Républicains)
  • "Faire gagner la Normandie", conduite par Nicolas Bay (Rassemblement national)