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Tout savoir sur les régionales 2021 en PACA : candidats, sondages et brèves de campagne

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Les candidats Thierry Mariani (RN), Renaud Muselier (LR)  et Jean-Laurent Felizia (EELV).
Les candidats Thierry Mariani (RN), Renaud Muselier (LR) et Jean-Laurent Felizia (EELV).
© Maxppp - *

ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 - Chaque jour, France Inter examine les enjeux du scrutin dans une région. Pour ce dixième épisode, zoom sur la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où le Rassemblement national est en passe de l'emporter. Pourtant, La République en marche s'est allié au président sortant LR.

Chaque jour, France Inter vous propose de faire le point dans l'un des 13 territoires métropolitains concernés par les élections régionales des 20 et 27 juin. Dixième volet en Provence-Alpes-Côte-D’azur.

Carte d'identité

  • Population : 5 052 832 habitants
  • Budget : 2,316 milliards d'euros
  • Capitale : Marseille
  • Départements : Alpes-de-Haute-Provence (04) Hautes-Alpes (05) Alpes-Maritimes (06) Bouches-du-Rhône (13) Var (83) Vaucluse (84).

Le sortant : Renaud Muselier

Il est le candidat sortant, mais il n’a pas remporté le scrutin en 2015. Renaud Muselier, ancien médecin et ancien député, a succédé en mai 2017 à Christian Estrosi à la tête de la région. Après deux ans de mandat, il a démissionné pour redevenir maire de Nice.

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Ce qu’il s’était passé en 2015 : Estrosi vainqueur face au FN

Christian Estrosi peut dire merci aux électeurs de gauche. Lors du premier tour, le maire de Nice, candidat LR, avait récolté 26% des voix. Sa concurrente, Marion Maréchal Le Pen, alors députée du Vaucluse, recueille 40% des suffrages. Loin derrière, le candidat socialiste Christophe Castaner s’efface, malgré ses 16%. Dans l’entre-deux tours, Christian Estrosi se présente comme "un résistant" face au FN. Finalement, il emporte la région avec 55% des voix.

Les forces en présence : deux candidats sur le ring

Cette région est la plus grande chance pour le Rassemblement national de gagner une région. Dans la dernière ligne droite, tous les coups sont permis. Renaud Muselier et Thierry Mariani se sont croisés récemment, sur le quai de la gare à Marseille**. Les deux hommes, amis d’hier, sont aujourd’hui adversaires. Ils se rendent désormais coup pour coup**. Du côté de Renaud Muselier, on attaque le candidat RN sur sa domiciliation, à Avignon : "Il habite à Paris, c’est un parisien, et il a une adresse fictive à laquelle il n’habite pas, qui lui permet d’être candidat. C’est ça la réalité, ce n’est pas une boule puante de dire qu’il habite Paris !" Thierry Mariani réplique : "J’ai reçu il y a quelques semaine un chèque de la ministre de l’environnement, Barbara Pompili, à cette adresse, pour faire des travaux d’isolation !" Puis il contre-attaque : 

En réalité, le bilan de ces six ans est l’un des pires de France ! Mais vous comprenez, quand on allume des contre-feux, ça permet de ne pas en parler.

Thierry Mariani et Renaud Muselier s’affrontent sur le ring. Pendant ce temps, les autres candidats, sont un peu dépités et comptent les points. Installé dans les anciens locaux du Printemps marseillais, Jean-Laurent Felizia est à la tête du rassemblement de la gauche et des écologistes. Il espère encore créer la surprise et il est bien conscient du dilemme qui l’attend s’il termine à la troisième place : "Moi ce que je ne veux pas, c’est que nous désertions le paysage politique parce que ça fait mal à la démocratie, et ça fait mal aux valeurs fondamentales que nous voulons porter."

Un accord pourrait-il être conclu avec Renaud Muselier ? "Non" répond le président LR sortant, qui ne ferme en revanche pas la porte à l’autre écologiste de la compétition, Jean-Marc Governatori.

Pour le Niçois de Cap Ecologie, "Pour que Mariani perde, il faut que Muselier gagne, et pour que Muselier gagne, il lui faut un apport de voix écologistes, ça ne peut-être que des voix écologistes centristes." Jean-Marc Governatori espère voir ainsi des élus écologistes entrer au Conseil régional et influer sur le prochain mandat. Un plan qui nécessite d’atteindre au minimum les 5%. 

Ce qui disent les sondages : le RN bien en tête

"La dynamique du Rassemblement national est incontestable" analysait Brice Teinturier, d'Ipsos, lors de la publication cette semaine de sondages région par région. **La tête de liste du Rassemblement national Thierry Mariani est en tête dès le premier tour (**41%), avec sept points d'avance sur la liste de Renaud Muselier, soutenue par Les Républicains et La République en marche. Que ce soit un duel ou une triangulaire, les deux scénarios sont favorables au RN. "Au second tour, c'est bien Thierry Mariani qui pourrait l'emporter" conclut Brice Teinturier.

Le thème de campagne : la jeunesse

À la cité universitaire Luminy à Marseille, les fédérations étudiantes ont tenu à rappeler les difficultés de l'année écoulé à Renaud Muselier, avec des cours en distanciel et des jobs perdus. Cette détresse, le président sortant assure l'entendre et la comprendre. Pour y répondre il propose un plan à six ans avec des investissements dans le logement, l'emploi et un plan sur le plus court terme, un plan sur six mois. De son côté, le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani souhaite faciliter la vie des étudiants en prenant en charge une partie du ticket-restaurants. Sur un plus long terme, il souhaite redistribuer les subventions aux formations les plus pourvoyeuses d'emploi pour la jeunesse. "Il faut des formations pour trouver du boulot à tout ce qui en cherche" explique le candidat RN.

Pour le candidat Debout la France, Noël Chuisano veut lui aussi privilégier certaines filières, comme le tourisme, le bâtiment et l’agriculture, car "il nous manque de la main d’œuvre" dit-il. Jean-Laurent Felizia, à la tête du rassemblement de la gauche et des écologistes, vise plutôt les filières dites d'avenir, comme les énergies renouvelables, le solaire, la géothermie. À l'heure actuelle, un tiers du budget régional est consacré à la jeunesse selon son président sortant Renaud Muselier. 

L'anecdote de campagne : le mélodrame de l’alliance

C’est une alliance qui a semé la zizanie dans les haute-sphère des Républicains. Début mai, le premier ministre Jean Castex annonce le retrait de la liste LREM, menée par la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel au profit du candidat. Objectif : faire barrage au RN. C’est un "coup de poignard dans le dos", "un terrible aveu d'échec de Macron" réagissent des poids-lourds de la droite. Après une journée de règlement de compte, finalement, Renaud Muselier n’est pas exclu de son parti.

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Toutes les listes présentes : 

  • "Faire entendre le camp des travailleurs", conduite par Isabelle Bonnet (Lutte ouvrière)
  • "La rassemblement écologique et social", conduite par Jean-Laurent Felizia (EELV, PS, PCF et alliés)
  • "Un Nôtre Monde", conduite par Mikael Vincenzi (Liste divers)
  • "Zou! La liste qui vous débarrasse du système", conduite par Valérie Laupies (Ligue du Sud)
  • "Construisons la région de demain", conduite par Thierry Mariani (Rassemblement national et alliés)
  • "Rassemblement de la droite républicaine, Debout la France", conduite par Noël Chuisano (Debout la France)
  • "Oui la Provence", conduite par Hervé Guerrera (Parti occitan et alliés)
  • "Notre région d'abord", conduite par Renaud Muselier (LR, LaREM, UDI, MoDem, LC et alliés)
  • "L'écologie au centre", conduite par Jean-Marc Governatori (Cap écologie et alliés)